Category Archives for Uncategorized

On visite: Cidrerie Michel Jodoin!

La municipalité de Rougemont, au Québec, est définitivement la capitale de la pomme ! Que vous regardiez à gauche ou que vous regardiez à droite, l'horizon est rempli de pommiers. Même sur les panneaux de rues, il y a des pommes ! Cette municipalité est aussi la terre de l'une des premières distilleries du Québec, la Cidrerie Michel Jodoin ! Il y avait longtemps que je voulais visiter cette équipe et bien sûr, de rencontrer Michel Jodoin lui-même ! C'est ce que j'ai fait au cours des derniers jours et d'ailleurs, je vous invite à faire cette petite visite avec moi ! 

Entrée/boutique de la cidrerie

Entrée/boutique de la cidrerie

L'aventure de la cidrerie débuta en 1901, alors que Jean Baptiste Jodoin acheta une terre sur le rang Fine Caroline, à Rougemont. À l'époque, ce dernier travailla dans la ville de Boston. Un ami lui raconta qu'un enchère aura lieu dans le comté de Rougemont et qu'on y mettrait quelques parcelles de terres à vendre. M. Jodoin rêvait d'une terre sur ce rang. Il n'en fallait pas plus pour que ce dernier se présente à l'enchère et remporta un lot pour la somme de quatre mille cinq cent (4,500) dollars ! Sur cette terre, il y avait quelques pommiers. Plus ou moins une centaine. Mais il y avait aussi plusieurs arbres. M. Jodoin la laissa ainsi. C'est son fils Ernest qui s'est mis à défricher le tout pour ainsi faire place à d'autres pommiers. La culture de la pomme naissait de façon définitive dans la famille Jodoin ! C'est avec Jean Jodoin, fils d'Ernest, que la culture du cidre est née. Bien sûr, rien de commerciale ! Jean produit quelques bouteilles, mais pour le Dimanche seulement ! Jean était avant tout un pomiculteur ! C'est Michel qui a commercialisé le cidre familiale vers la fin des années 80 alors que la conception se passa dans le garage du père !

La popularité des produits de la Cidredrie Michel Jodoin est énorme. On parle ici d'un emblème dans le domaine de la pomiculture au Québec et ce, grâce au travail phénoménal de Michel et son équipe. Ce dernier m'expliqua qu'au début des années 90, il voulait faire connaître son cidre, mais ne savait pas trop comment. Il prit donc quelques bouteilles et se rendit aux bureaux du Journal de Montréal. Il demanda à rencontrer un journaliste. Après quelques minutes d'explications, on lui accorda un moment en compagnie d'un journaliste afin que Michel puisse lui faire déguster quelques produits. Le journaliste, ayant grandement apprécié les produits, rédigea un article plus que complet sur l'histoire de la cidrerie et la beauté des produits. Un belle publicité et surtout un premier grand pas pour l'industrie du cidre au Québec. Par la suite, Michel eut envie de ce spécialisé dans les bulles. Il partit donc en Champagne afin d'apprendre la conception des plus belles bulles du globe. Il revint au Québec avec une connaissance incroyable et surtout un sacré savoir faire ! D'ailleurs, ses bulles ont été grandement récompensées et ce, à mainte reprise. Il n'en fallait pas plus pour que la cidrerie devienne un must dans la province. L'engouement pour la cidrerie grandit à la fin des années 90 alors que Michel devint l'un des premiers producteurs de spiritueux artisanaux au Canada ! Après tout, la cidrerie devait trouver le moyen de rendre les pommes le plus rentable possible !

Alambic CARL de 300 litres

Alambic CARL de 300 litres

Lorsque Michel eut envie de distiller ses cidres, il se mit à voyager le monde afin de comprendre davantage l'univers des spiritueux. Il visita différentes maisons de brandies, il visita différentes entreprises d'alambic et fit plusieurs recherches et lectures sur le domaine.

Pour produire son brandy, Michel détermina que le meilleur choix d'alambic était un CARL, un beau système allemand de plus ou moins trois cent (300) litres.

Un fait vraiment étonnant est que l’alambic fonctionne seulement deux (2) à trois (3) mois par année, généralement à l'hivers ! Sinon, le système dégage trop de chaleur et puisqu'il est aux côtés de la boutique, il fait chaud très vite !

Pour la production de ses différentes eaux de vie ainsi que de ses différents brandies, Michel utilise la même base, le même cidre ! Tout est dans l'assemblage !

La distillation de ce cidre peut prendre plus ou moins deux (2) heures et offre un distillat à plus de 72% d'alcool. D'ailleurs c'est à ce pourcentage que le distillat est mis en barrique pour son vieillissement.

Entrée du chai

Entrée du chai

Au niveau du chai, les fûts arrivent toujours neufs ! Avec le temps et avec divers embouteillages, ils sont réutilisés (sept (7) à huit (8) fois) pour faire vieillir de nouveaux distillats en leur offrant un peu moins de tanins boisés. Comment est-ce que l'équipe arrive à assembler un produit et à produire une signature ? En dégustant et en assemblant différentes barriques. Par exemple, le trois (3) ans d'âge est en fait un assemblage de plus de cinq (5) barriques à un stade de vie différent. D'ailleurs, Michel me mentionnait que l'une de ses plus belles journées est lorsque son équipe lui demande d'analyser le résultat de chaque barrique afin de faire un assemblage. Un dégustation faite par quelques membres de l'équipe de façon individuelle et... Devant témoin pour assurer que le tout soit bien fait et bien noté !

Actuellement, le chai de Michel Jodoin comporte plus ou moins cent cinquante (150) fûts ! Certains d'entre eux ont plus de quatorze (14) ans et... J'ai eu le privilège d'ouvrir l'une de ses vieilles barriques pour une dégustation ! Un spiritueux à plus ou moins 60% d'alcool qui dégageait beaucoup de bois à travers la vanille et la pomme ! 

Un point que j'ai adoré est au niveau de la dilution du ou des produits. Michel me mentionnait que les anges amènent avec eux (part des anges) plus de 5% annuellement ! Ceci étant dit, l'équipe de la cidrerie profite de cette évaporation afin de diluer tranquillement, mais surement le produit. Michel est l'un de ceux qui croit que l'alcool ne devrait jamais être dilué de façon radicale puisque l'impact de l'eau sur l'alcool amène des caractéristiques non désirées dans le produit final.

En parlant de produit final, regardons ensemble quelques-uns offerts par la Cidrerie Jodoin !

Les brandies !

Les brandies !

Débutons avec la gamme de brandies ! Quoi ? Vous êtes étonnés de savoir que cette maison offre une gamme de brandies et non simplement Calijo ? Il est vrai qu'actuellement, seulement Calijo est disponible à la SAQ et ce, à la grande surprise de Michel. La chose est que les acheteurs de la SAQ ne voient pas un réel marché pour les produits hauts de gammes de la cidrerie. Donc, Michel et son équipe produisent bel et bien quelques brandies, mais en distribuent plusieurs à l'étranger. C'est effectivement dommage puisque ces produits pourraient être de grands chouchous de certains consommateurs et ce, sans rien enlever au jeune brandy auquel nous avons accès.

Ce jeune brandy dont je parle est celui qui apparaît à la SAQ sous le nom de Calijo. À la cidrerie, la bouteille a changé d'étiquette et nous dit qu'il est l'heure de mettre la pomme à off ! Bien d'accord ! Ce jeune brandy est un assemblage de différentes barriques, toutes de trois (3) ans d'âge ! Le produit se pointe avec un petit arôme de rhum brun, de pommes et un peu de cannelle. Très jeunes, mais intéressant ! Dans les prochains mois ou même dans les prochaines années, cette version risque de devenir un peu plus vieille, vers les quatre (4) ans d'âge !

Le huit (8) ans d'âge est une édition vraiment spéciale ! Distillé en 2006 et embouteillé en 2016 à l'aide de quelques barriques, ce brandy est sur le caramel, sur la pomme et ce à travers une grande présence de bois. En finale, on a un bel arôme de fruits rouges. Très beau ! 

Le XO, une version de dix (10) ans d'âge, est complètement différent. Les amateurs de whisky pourraient définitivement apprécier ce dernier avec une présence dominante du chêne ainsi qu'une belle présence d'agrumes, même oranges confites. La pomme est présente aussi. En Old Fashioned avec un amer au gingembre, c'est un pur délice !

Les liqueurs !

Les liqueurs !

Passons maintenant aux différentes liqueurs produites avec un distillat de pommes.

C'est la pomme sur le sundea est ce qu'on appel une mistelle de pomme rosée. Cette mistelle est faite à l'aide d'une eau de vie de pommes assemblée à un moût fait entièrement avec la geneva. L'assemblage est reposé pendant une période de plus ou moins un (1) mois avant d'être filtré et mis en bouteille. À 18.5% d'alcool par volume, ce produit est un bonbon liquide ! D'abord sur des notes de cerises, canneberges et même un peu d'églantiers, la pomme fait son apparition en apportant un petit coté acidulé vraiment intéressant.

Mistelle et boule de pomme est faite de la même façon que la précédente, mais à l'aide d'un moût de mcintosh et est offerte à 20% ! Cette version est davantage un dessert avec des notes de cassonade. Le pomme est plus présente dans cette version.


L'ambre sort de l'ombre a vraiment été un coup de cœur ! Offert à 18%, cet assemblage d'eau de vie de pomme et d'un moût de mcintosh a été vieilli pendant plus de dix huit (18) mois à l'intérieur d'un fût ayant préalablement contenu du brandy et ce, pendant plusieurs années ! C'est un beau mélange entre le Pineau de Charente ou le Pommeau de la Normandie ! Vraiment un sacré beau produit dans lequel on goûte bien la pomme à travers une belle présence de vanille, caramel et même un peu d'épices ! Vraiment... Un coup de cœur !

Vermouth !

Vermouth !

Michel et son équipe ne s’arrêtent pas aux brandies ainsi qu'aux liqueurs ! Avec leur eau de vie de pommes, ils produisent aussi un sacré beau vermouth ! Un vermouth ayant comme base un cidre rosé. Le tout est fortifié avec une eau de vie de pommes. Qui dit vermouth dit aussi herbes ! En effet, avant l'embouteillage, une bonne vingtaine d'herbes ont été macérées à l'intérieur de ce beau liquide. Le résultat est délicieux ! On est sur l'orange confite et même sur le gingembre. C'est floral et épicé à la fois ! Bien sur, l'amertume y est !

En compagne de Michel Jodoin, une réelle source d'inspiration

En compagne de Michel Jodoin, une réelle source d'inspiration

Pour terminer, je vous invite fortement à faire le détour par Rougement afin de faire un petit arrêt à cette belle cidrerie ! Vous pourrez bien sûr faire l'achat de produits non disponibles à la SAQ ! Comme les brandies plus âgés ? Malheureusement non ! L'équipe de Michel Jodoin ne peut vendre les spiritueux à la propriété puisque son permis, industriel, ne le permet pas. Alors pourquoi maintient-il ce permis ? Puisque Michel et son équipe aident actuellement plusieurs entrepreneurs dans l'embouteillage ainsi que dans la réalisation de divers projets. Ceci étant dit, Michel adore ce rôle et ne veut pas le mettre de côté.

En vous rendant directement à la propriété, vous constaterez la beauté des lieux tout comme l'incroyable gentillesse des membres de l'équipe, mais vous constaterez aussi l'homme qu'est Michel Jodoin ! Tout au long de la visite, cet homme m'a raconté son histoire d'une si belle façon et m'a définitivement fourni les preuves que dans la vie, aucune épreuve est insurmontable !

L'adresse ? 1130 Petite Caroline à Rougemont ! Et... Dites lui que c'est moi qui vous envoie !

Santé !

On visite: La maison Patrón!

Il y a quelques jours, j'ai eu le privilège de me rendre au Mexique afin de visiter quelques maisons de téquila, dont Patrón, située à Atotonilco El Alto. Quelle magnifique expérience !

D'abord, comment l'entreprise Patrón a été créée ? En fait, le tout remonte au milieu des années 80 alors que le millionnaire John Paul DeJoria demanda à un ami, Martin Crowley, de lui ramener une sublime bouteille de téquila du Mexique. À son retour, Crowley offra une somptueuse bouteille faite à la main à son ami en lui mentionnant qu'ils pourraient définitivement se mettre à la mise en marché d'un magnifique téquila et ce, tout en respectant la culture, l'histoire, l'industrie, mais aussi le peuple. Il n'en fallait pas plus pour que les deux (2) amis achètent le design de la bouteille, pour qu'ils s'associent à quelques famille de jimador et pour qu'ils lancent officiellement, en 1989,  Patrón Spirits Co. avec plus ou moins douze mille (12,000) bouteilles et une vingtaine d'employés. Le tout est bien différent aujourd'hui. On parle d'une entreprise avec plus de mille deux cent (1,200) employés et on parle surtout d'une entreprise qui produit plus de quinze millions (15,000,000) de bouteilles par année.

«Donc la maison de téquila Patrón est maintenant très commerciale ?»

Il est vrai que cette maison est distribuée à l'échelle planétaire. Il est vrai qu'elle produit en quantité incroyable. Il est vrai qu'elle donne l'impression d'être très commerciale, ce qui amène à croire que le produit est de qualité moindre, mais ce n'est vraiment pas le cas et en voici toutes les raisons !

Mis queridos amigos, bienvenidos a Hacienda Patrón !

Un cultivateur d'agave de la maison Patron

Un maître d'agave de la maison Patrón

Débutons notre visite par la base, par l'agave.

Comme vous le savez, l'agave bleu (tequilana) est le seul que nous pouvons utiliser pour l’élaboration du téquila et ce, bien qu'il existe plus de cent cinquante (150) variétés au Mexique. Contrairement à ce que plusieurs pensent, Patrón n'a pas de jimador (fermiers ou cultivateurs d'agaves), mais a plutôt ce qu'on appel des maîtres d'agave. Ces maîtres d'agaves assistent les huit (8) familles de jimador avec lesquelles fait affaire Patrón. Au niveau de l'assistance apportée par la maison Patrón, il y a bien sûr tout ce qui attrait à la bonne croissance des plants, mais il y a aussi une assistance au niveau de la famille et au niveau de l'entreprise. On assure que tout est en ordre et que tout fonctionne bien et ce, pour assurer la meilleure des récoltes années après années.

Patrón aurait pu diversifier les familles avec lesquelles elle fait affaire, mais elle a décidé de choisir celles qui se trouvait dans la région que l'on dit hautes terres (Highlands). Bien que le sol des basses terres/vallées (Lowlands) amène une maturation plus rapide de l'agave avec un distillat plus terreux, poivré et herbacé, Patrón a tout de même choisi le sol volcanique des Hautes Terres qui génère habituellement un profil plus vif, fruité et floral ! La maturation de l'agave sur ces terres est un peu plus lente. Disons que les sept (7) années que l'on demande à un agave sont lentement, mais entièrement investies à l'intérieur. 

Comment récolter l'agave selon Patrón

Coupe de l'agave selon Patrón

Au niveau de la récolte, Patrón a aussi ses exigences. On a conclu que plus on laisse de feuillage sur la piña, plus l'alcool aura un brin d'amertume à l'intérieur. La problématique est que cette méthode de coupe est définitivement plus exigeante et prend davantage de temps pour le jimador. Mais est-ce que cela donne un agave de qualité supérieure, certains diront oui, d'autres non. Toute est dans la façon que vous apprécieriez le produit final. Certaines maisons apprécient cette amertume qu'amène le feuillage et garde la coupe traditionnelle.

Coupe traditionnelle de l'agave

Coupe traditionnelle de l'agave

On prépare l'agave pour la chauffe

On prépare l'agave pour la cuisson

Suite à la récolte, l'agave est immédiatement envoyé à l'Hacienda Patrón où il sera découpé avant d'être mis à l'intérieur d'un four. Pour Patrón, la cuisson de l'agave se fait par vapeur et ce, pendant plus de soixante douze (72) heures en alternance alors que dans certaines maisons, on parle plutôt de trente six (36) heures sans arrêt.

Le but de cette cuisson est de purifier l'agave et permettre la transformation des hydrates de carbone et  des amidons naturels en sucres afin de favoriser la fermentation.

Agaves complètement cuits

Agaves complètement cuits

Suite à la cuisson de l'agave, vient ensuite sa fermentation. Chez Patrón, il n'y a pas une (1), mais deux (2) méthodes de fermentation puisqu'il y a bel et bien deux (2) méthodes productions soit la méthode «Roller Mill» ou soit la très vieille méthode Tahona. Débutons avec cette dernière. Tel que mentionné ci-dessus, la méthode Tahona est sans contredit la toute première façon de faire le téquila. Pour cette méthode traditionnelle, on écrase nos agaves cuits à l'aide d'une roue volcanique de plus de deux (2) tonnes (Ne cherchez pas l'âne, chez Patrón on fonctionne avec un système pneumatique). Ce procédé fait que la fibre est moins déchirée et elle baigne dans son jus pendant tout le processus. Il peut prendre plusieurs heures avant d'écraser la totalité des agaves. À quelques reprises, un employé bouge la fibre pour maximiser l'impact entre celle-ci et le jus. L'odeur qui se dégage de cet endroit est... Incroyable ! On dirait une cuisine dans laquelle on fait une tire Sainte Catherine ou même une Crème Brûlé !

Méthode Tahona

Méthode Tahona

Fermentation des fibres à la méthode Tahona

Fermentation des fibres à la méthode Tahona

La fermentation se passe à l'intérieur d'une cuve en pins de seulement cinq mille (5,000) litres. À l'intérieur on y retrouve la fibre, de l'eau, du jus/miel d'agave ainsi qu'une levure secrète, spécialement fabriquée par la maison. Le tout fermente pendant plus de trois (3) jours jusqu'à l'obtention d'un alcool à 5%.

Ensuite, vient la distillation !

Les alambics pour la méthode Tahona

Les alambics pour la méthode Tahona

Pour ce qui est de la distillation des produits Patrón, elle est double comme le veut l'appellation, mais certains produits profitent d'une triple distillation. Pour la méthode Tahona, Patrón utilse de très petits alambics (600 à 825L) de type Pot Still. La première distillation se fait pendant plus de trois (3) heures à l'intérieur des plus grands alambics et offre un brouillis de plus ou moins 16% d'alcool. La seconde distillation, généralement fait dans les minutes suivants la première, se fait dans les plus petits alambics pendant seulement deux (2) heures et amène un cœur à plus de 55% d'alcool. Le distillat, le cœur, est magnifique. Très goûteux, iodé avec un petit coté brûlé .

Passons maintenant à la méthode «Roller Mill» !

Méthode «Roller Mill»

Méthode «Roller Mill»

Fermentation du jus à la méthode «Roller Mill»

Fermentation du jus à la méthode «Roller Mill»

Cette méthode est actuellement la plus utilisée. En fait, seulement six (6) ou sept (7) maisons produisent encore la méthode Tahona. Pourquoi ? Pour être plus rentable et être plus rapide sur la production.

À la sortie des fours, les agaves cuits sont placés sur ce rouleau qui déchiquette les agaves et envoie le jus sur un coté et les fibres de l'autre.


Ce jus, que l'on récupère, est par la suite mis à l'intérieur d'une cuve en pins de dix mille (10,000) dans laquelle on insère aussi de l'eau et cette bonne vieille levure secrète de la maison. Le tout dure aussi pour trois (3) jours pour ainsi avoir un alcool à plus ou moins 5% !

Et hop ! La distillation maintenant !

Alambics pour la méthodes méthode «Roller Mill»

Alambics pour la méthodes méthode «Roller Mill»

La distillation pour la méthode «Roller Mill» est similaire à celle de la méthode Tahona, mais elle se fait à l'intérieur de plus gros alambics. La première distillation se fait à l'intérieur d'un alambic de deux mille cinq cent (2,500) litres pendant quelques heures, jusqu'à l'obtention d'un alcool à plus ou moins 15%. La deuxième distillation se fait à l'intérieur d'un alambic de deux mille cinq cent (2,500) litres et ce, jusqu'à l'obtention d'un alcool à 55%. Le distillat ou le cœur du «Roller Mill» est plus frais. Il est davantage sur les notes d'agrumes, un peu mélisse citronné et il est plus poivré que le Tahona. 

Suite à la distillation de chacun des produits, vient certaines options. On dilue le distillat de Tahona pour offrir l'unique Patrón Roca Silver ou on assemble celui-ci à un distillat dilué du «Roller Mill» pour ainsi créer le superbe Patrón Silver ! Une autre option est de faire vieillir ses distillats pour ainsi aller chercher des produits supérieurs et... Sérieusement bien fait !

Allons faire un petit tour dans les chais !

L'un des chais de

L'un des chais de Patrón

Pour ce qui est du vieillissement Patrón est sans contredit l'une des maisons qui m'a le plus impressionné en matière d'expertise et ce, pour plusieurs raisons. Bien sûr, elle met le liquide à 55% d'alcool à l'intérieur de quelques variétés de fûts:

*Fûts de chênes américains au brûlage médium.
*Fûts de chênes américains ayant préalablement contenu du whisky.
*Fûts de chênes français (limousins) au brûlage médium.
*Fûts de chênes français (limousin) ayant préalablement contenu du vin de Bordeaux (Uniquement pour l'édition Bordeos).
*Fûts de chênes hongrois.
*Fûts hybride (Têtes en chêne français et corps en chêne américain).
*Fûts d'oloroso espagnols (Sherry casks)

Outre les fûts, la maison Patrón n'utilise aucun contrôle de température pour ses chais. Elle laisse la nature faire le travail. D'ailleurs, on parle d'une évaporation de plus ou moins 1% par mois ! De ce fait, le montage des barriques est rarement défait. On vide et remplie les fûts à même le montage initial, à même les chais. Pourquoi ? Puisque lorsque Patrón met en barrique l'un de ses produits, elle le place à différents endroits dans le montage. Puisque ses chais ne sont pas contrôlés, une barrique complètement en haut du montage et une barrique complètement en bas ne réagiront pas de la même façon et cela, Patrón nous l'a prouvé en nous offrant une dégustation de la même «batch», mais placée à différents endroits dans le montage. Vraiment impressionnant de voir les variantes !

Fûts de sherry

Fûts de sherry

Au niveau du temps, cela peut varier des produits. Les Reposado représentent une maturation de deux (2) à douze (12) mois. Les Añejo , tant qu'à eux, représentent une maturation de douze (12) à trente six (36) mois. Les Extra Añejo sont ceux qui sont âgés de plus de trente six (36) mois !

Suite à cette maturation, à ce vieillissement, on embouteille le produit désiré ! 

Pour ce qui est de la gamme régulière de Patrón, on parle d'un assemblage entre les méthodes Tahona et «Roller Mill». Le pourcentage ? Secreto ! Ensuite, il y a la gamme Roca, une gamme entièrement construite avec la méthode Tahona. Vient aussi les éditions comme Piedra (Extra Añejo), Bordeos (distillé trois (3) fois plutôt que deux (2) et terminé à l'intérieur de fûts de vin de Bordeaux) et plus encore.

Ce qui est fascinant de l'embouteillage chez Patrón est que tout se fait encore à la main ! On veut assurer le meilleur contrôle possible et ce, même sur le visuel ! De ce fait, les bouchons, les étiquettes et les numéros sont mis ou inscrit à la main !

En plein travail de dégustation

En plein travail de dégustation

Avec tout ce qui est écrit ci-dessus, l'entreprise qu'est Patrón a l'air incroyable, je l'admet ! Mais ce qui la rend réellement incroyable est son engagement ainsi que sa détermination à assurer une qualité magnifique et ce, non seulement pour ses produits, mais aussi pour tout l'éco-système. Je vous explique !

Suite à la réduction de l'agave ou même suite à la fermentation de celui-ci, il y a une très grande quantité de fibre. Est-ce que Patrón jette cette fibre ? Oh non ! Avec cette fibre, elle fait un composte afin de créer un fertilisant pour les sols de ses familles de jimadors. Patrón invite aussi les autres entreprises de téquila à venir porter leur fibre ! Dans une telle situation, Patrón redonne du fertilisant à cette entreprise.

Fibre en décomposition

Fibre en décomposition

Les tests de fertilisant sont fait sur un jardin maison

Les tests de fertilisant sont fait sur un jardin maison

Patrón, va plus loin dans le respect de l'éco-système ! La vinasse, ce qui reste dans l'alambic après la distillation, est amenée dans un centre de traitement afin d'en extraire l'alcool ainsi que toutes les autres particules à l'aide de systèmes à osmose inversée. Le résultat est de l'eau. Une eau qui ne peut être bue, mais qui peut être utilisée pour nettoyer et bien plus encore.

Le bar de La Casona de Patrón

Le bar de La Casona de Patrón

Ok... Je crois qu'il est tout de même le temps de vous jaser de certains produits de la maison ! Voici donc, de façon rapide, un descriptif de quelques produits.

La gamme la plus accessible de Patrón est bien sur la gamme régulière. Tel que mentionné ci-dessus, la beauté de cette gamme de Patrón est qu'elle n'est pas simplement assemblé à base d'un procédé «Roller Mill», mais aussi avec le procédé Tahona.

Le 
Patrón Silver n'a rien à voir avec le reste des téquilas. Ce Silver se pointe avec une note de fraîcheur et même une note un brin sucrée. L'agave est présent à l'intérieur du verre avec une touche de citron vert. À la finale, on reconnait bien ce Silver par un côté très poivré.

Le Patrón Reposado, une version âgée de plus ou moins six (6) mois à l'intérieur de fûts de chêne américain ayant préalablement eu du whisky à l'intérieur, a de belles notes herbacés et poivrés, mais à travers un petit coté qui rappel un certain miel.

Le Patrón Añejo, une version âgée de plus ou moins quatorze (14) mois à l'intérieur de fûts de chêne hybride, est davantage sur des notes de caramel fleur de sel, des notes un peu plus mentholées et des notes de bois. Définitivement, le fût neuf fait sont travail sur cette édition.

Le Patrón Extra Añejo, tant qu'à lui, est âgé de plus ou moins trois (3) ans. Sa maturation se fait à l'aide de quelques types de fûts. D'un coté il y a le fût de chêne américain ayant préalablement contenue du whisky, il y a aussi le fût hybride ainsi que le fût de chêne hongrois. À travers des notes de fruits tropicaux, on perçoit l'agave en toute subtilité. Un coté très boisé se fait présent et on peu même y percevoir des notes de gâteau aux bananes.

Vient ensuite les éditions Roca dans lesquelles on retrouve la méthode Tahona à 100% !

Le Patrón Roca Silver est définitivement un téquila bien à lui ! Impossible de lui trouver une similitude ! Malgré son 45% d'alcool par volume, ce téquila est d'une très belle douceur avec des notes plus herbacés, avec des notes de citrons verts, avec un léger coté salin ainsi qu'avec une belle présence d'agave cuit ! Vraiment impressionnante cette bouteille !

Le Patrón Roca Reposado est offert à 42% d'alcool par volume et a passé entre quatre (4) et six (6) mois à l'intérieur de fûts qui ont préalablement contenu du whisky américain ! On goûte non seulement l'agave cuit dans celui-ci, mais le fût amène aussi un beau lot de vanille, caramel et même un peu de gingembre. Vers la finale, on perçoit un coté boisé, très chêne !

Le Patrón Roca Añejo est âgé pour plus ou moins treize (13) mois à l'intérieur d'anciennes barriques de whisky américain ! Avec un 44% d'alcool par volume, l'agave cuit est toujours très présente et est accompagné d'une note saline. On y retrouve aussi un coté plus pâtissier, plus gras. On détecte le miel, la vanille à travers des notes d'abricots ! Vraiment un produit tout simplement délicieux !

Gran Patron Burdeos

Gran Patron Burdeos

​Vous croyez que c'est tout ? Oh non ! Il y a aussi quelques produits sous la gamme Gran Patrón ! Lors de mon passage à l'Hacienda Patrón, j'ai eu la chance de déguster deux (2) produits de cette gamme.

Le premier est le Patrón Piedra. Ce dernier, issu d'une méthode Tahona, a été âgé plus de quatre (4) ans à l'intérieur d'un fût hybride (corps en chêne américain et les têtes en chêne français). Le caramel est primaire à travers des notes de bergamotes, des notes de chêne et de douce épices comme la cannelle ! Un produit incroyable, mais attendons de voir le prochain !

Le Gran Patrón Burdeos ! Ouf ! Le mot Burdeos signifie Bordeaux en espagnole. Vous comprendrez donc qu'il y a l'utilisation de fûts qui ont préalablement contenu du vin de Bordeaux à l'intérieur ! La réalisation du Burdeos est complexe ! On fait vieillir le distillat de la méthode Tahona à l'intérieur d'un fût hybride et ce pour un peu plus de quatorze (14) mois. Par la suite, on prend ce liquide et on le distille une troisième fois avant de le mettre à l'intérieur d'un ancien fût de vin de Bordeaux. On laisse le tout reposer pour une période de plus ou moins douze (12) mois ! On parle d'un téquila se présente avec des notes très florales et avec des notes de raisins ! Il est tout simplement splendide ! Un Cognac du Mexique !

Avec un 5 litres de Piedra !

Avec un 1.5 litres de Piedra !

Voilà ce qui termine mon aventure chez Patrón qui fut tout simplement incroyable ! Oui ce fut incroyable d'en apprendre sur cette maison grandement reconnue, mais ce fut un réel privilège et une réelle chance d'être témoin de ce qu'est la réalisation du téquila !

Je vous quitte en vous offrant quelques images de ce beau voyage.

Salud !

Une édition faite avec la collaboration de Guillermo Del Toro

Une édition faite avec la collaboration de Guillermo Del Toro

L'arbre de la famille !

L'arbre de la famille !

À l'intérieur de La Casona

À l'intérieur de La Casona

Ma chambre.......

Ma chambre.......

On visite: Le Domaine Lafrance!

Lorsque Georges-Étienne Lafrance fonda son domaine en 1925, il ne pensa probablement pas que le tout serait aussi impressionnant 93 ans plus tard ! Pourtant, sa manière de penser ainsi que sa manière d’aménager le domaine laissaient place à plusieurs projets, à un avenir plus que prometteur.

À l’époque, Monsieur Lafrance concentra son énergie uniquement à la pomme et devint très vite un pomiculteur plus que respecté dans l’industrie non seulement pour la qualité du fruit, mais aussi pour l’efficacité de son domaine ainsi que de ses installations dont un entrepôt qu’il fit construire et ce, d’une brillante façon.

Vers la fin des années 60, Yvon, le fils de Georges-Étienne, arriva avec une nouvelle idée pour faire rayonner davantage le verger, celle de créer un cidre tout en gardant une production de pommes pour les consommateurs. Chose qu'il fit, mais pour son pur pur plaisir et non pour la vente.

Le vieil entrepôt transformé en cidrerie et distillerie !

Le vieil entrepôt transformé en cidrerie et distillerie !

Alors qu’Yvon Lafrance s'amusait à produire le cidre pour une consommation personnelle, un jeune homme du nom d’Éric était à ces cotés pour voir non seulement ce dur labeur, mais aussi l’ascension du domaine dans les industries pomicultrices et cidricoles. Ce dernier fut piqué par la passion de la pomme, du cidre et bien plus encore ! Pour Éric, c’était incroyable de cueillir le fruit du travail familial, de le transformer, de voir la nature fermenter le tout et ensuite d’aider à l’embouteillage. Il fut donc normal que ce dernier prenne le contrôle du domaine dès le début des années 90. Lorsqu’Éric arriva à la tête de l’entreprise avec son épouse Julie Hubert, il arriva aussi avec un très grand souci du détail, bien que les deux (2) générations avant lui en avaient déjà beaucoup. Alors que nous prenions les pommes de catégorie 3, pas assez bonnes pour la cueillette, mais excellentes pour la transformation dont le cidre, Éric décida de prendre des pommes de meilleure qualité. Alors que plusieurs cidreries amenèrent leurs pommes dans un centre de transformation, Éric acheta une presse pour faire le tout à la maison question d’assurer que les fruits soient lavés et traités de la meilleure des façons. L’entrepôt que Georges-Étienne fit bâtir était si bien pensé, que la presse fut installée sans la moindre modification au sol (pour les pentes d’écoulement).

Un vieux cidre fabriqué par Yvon Lafrance (années 70)

Un vieux cidre fabriqué par Yvon Lafrance (années 70)

Malgré le succès d’Éric au niveau des différents cidres, il était impossible pour lui de garder l’entreprise telle quelle. Tout comme son père l’avait fait, il voulait apporter un certain renouveau au domaine. Il voulait amener un autre type de rayonnement sur l’héritage de son père et de son grand-père. Il s’est mis à s’intéresser au monde des spiritueux. Après tout, la fermentation était un point qu’il adorait lors de la conception du cidre. Et que dire du vieillissement de ce même cidre ? Il se mit à lire. Faire mille et une recherches. Déguster divers produits. Bref ! Il ne chômait pas même si le tout était tout de même très agréable !

En 2013, il fit l’acquisition d’un alambic unique, un Stupfler. C’est d’ailleurs avec cet alambic ainsi qu’avec l’aide de Jean Louis Stupfler qu’Éric apprit à distiller. Cet alambic bordelais de huit cents (800) litres avec une chauffe à feu nu est magnifique. Bien qu’il y ait une colonne, il ne s’agit pas de plaquettes à l’intérieur, mais de tube en cuivre. Cela offre à l’eau de vie un caractère bien à elle. Vous pouvez déguster la beauté de cet alambic avec Pure Légende, une magnifique eau de vie à la pomme et le tout premier spiritueux du domaine.

Alambic Stupfler de 800 litres !

Alambic Stupfler de 800 litres !

Un cidre prêt pour la distillation !

Un cidre prêt pour la distillation !

Chauffe à feu nu !

Chauffe à feu nu !

Le coeur de pommes !

Le coeur de pommes !

Depuis quelques temps, Éric est assisté par Isabelle Audet, maître distillatrice ainsi qu'avec Laurent Paquette Boislcair, distillateur en chef et maître de chais ! Avec Isabelle et Laurent, Éric a aussi développé certaines recettes ainsi qu'une certaine méthodologie. Alors que plusieurs entreprises effectuent un seul cidre (recette) à distiller pour tous leurs produits, le Domaine Lafrance a créé un cidre bien à lui pour chaque spiritueux. Pourquoi ? Parce que les pommes ne réagissent pas de la même façon aux différents procédés de transformation, distillation et maturation. D’ailleurs, outre la distillation, le domaine a aussi développé une belle expertise en matière de maturation et ce, avec l’aide de différents «focus group» mis en place pour justement déterminer les plus et les moins de certains fûts sur divers spiritueux.

Aujourd’hui, ce n’est pas que des spiritueux à base de pommes qui maturent dans ces fûts puisqu’Éric voit grand. Toujours plus grand ! Il voit grand pour le verger, il voit grand pour le domaine, mais voit surtout très grand pour les spiritueux du terroir. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il fonda l’Association des Distilleries Artisanales du Québec, une association dédiée à ceux et celles qui produisent de la terre à la bouteille. D’ailleurs, grâce à son travail incroyable, Éric fut le tout premier à pouvoir vendre ses produits à la distillerie et ce, dès Août 2017 !


«Ok Yan… Mais c’est quoi les produits de Lafrance ?»

Pure Légende

Pure Légende

L’un des premiers produits conçus par la distillerie est le Pure Légende, une eau de vie de pomme à 42% ! Un produit qui, je l’admets, peut être difficile pour certaines personnes. Après tout, on parle ici d’une eau de vie aux forts arômes de pommes et même de poivre.

George Étienne

Georges-Étienne

Pour un peu plus de douceur, vous pouvez mettre la main sur Georges-Étienne, un excellent brandy de pomme âgé de trois (3) ans. Élaboré grâce à une distillation simple ainsi qu’à l’aide de quelques types de fûts, dont quelques uns de Jack Daniel, ce super brandy se pointe avec une note de torréfaction, un peu boisé. La pomme est très… Très présente ! C’est du bonbon !

Un fût de Jack Daniel pour le brandy de pommes !

Un fût de Jack Daniel pour le brandy de pommes !

Gin Dandy

Gin Dandy

Il y a aussi l’unique gin Dandy, élaboré avec une eau de vie de pommes, de poires et de raisins. Sans vouloir me répéter, je vous invite à relire l’article que j’avais écrit à son sujet : Dandy… Ce gentleman qui vous chante la pomme!

Dégustation des spiritueux du Domaine Lafrance !

Dégustation des spiritueux du Domaine Lafrance !

Outre ces spiritueux, l’équipe d’Éric travail actuellement sur divers produits dont Geneva, une eau de vie faite avec différentes pommes détestées en dégustation, mais magnifiques en distillation. C’est à travers les arômes de pommes et à travers un coté un peu mentholé que le Geneva offre une très belle finesse et une belle fraîcheur ! Il y a aussi un spiritueux de marc de raisins, un genre de grappa. Pour créer le tout, l’équipe du Domaine Lafrance a non seulement fait un vin avec du Frontenac Gris, du Frontenac Rouge, du Frontenac Noir ainsi que le Sabrevois, mais utilise aussi le marc de ces mêmes cépages. Marc que l’équipe insère dans un panier, comme le font les italiens ! C’est de toute beauté ! On goûte ce coté végétal du marc. Un coté plus herbacé. Un peu poivré. Mais au goûte aussi un coté un peu vineux. J’ai aussi eu la chance de déguster un jeune, mais très prometteur whisky ! Pour l’élaboration de ce produit, le Domaine a fait affaire avec l’équipe de Les Vents d’Anges, situé à Saint Joseph du Lac, de qui il a pris une bonne bière rousse afin de la distiller. Au moment de la dégustation, le tout était âgé de plus ou moins trente (30) mois et ce, dans un fût neuf. Très prometteur ! Très goûteux. Déjà de belles notes de miel. Belles notes herbacées.

Divers produits en maturations !

Divers produits en maturations !

En compagnie d'Éric et sa conjointe Julie !

En compagnie d'Éric et sa conjointe Julie !

Il est incroyable de voir comment ce domaine évolue et grandit à travers chaque génération. Il est incroyable de voir comment à travers cette évolution, on garde la tradition et la richesse familiale. Il est incroyable de voir comment on travail cette richesse, ce terroir !

Pouvoir voir ou même déguster ce terroir, vous devez vous rendre directement à la boutique située au 1473 Chemin Principal à Saint Jospeh du Lac !

Le Moonshine St. Laurent!

L’industrie des spiritueux artisanaux ne cesse de grandir au Québec. Avec les différentes lois ainsi qu’avec les différentes difficultés auxquelles doivent faire face les distilleries, les vodkas ainsi que les gins sont les premiers spiritueux à sortir de certaines maisons et ce, pour plusieurs raisons. Bien sûr, toute micro distillerie rêve de produire son whisky, mais la réalisation d'un tel projet est difficile et demande une certaine logistique. Le produit ainsi que l’entreprise que je vous présente aujourd’hui le démontrent bien. Place au Moonshine St. Laurent de la Distillerie St. Laurent.

Qu’est-ce qu’un moonshine ? Un moonshine est en fait un alcool de grain. Un spiritueux de grain. Un moonshine est en fait un whisky qui ne passe aucunement dans un fût. Donc c’est un alcool simple à vendre tout comme une vodka et un gin ? Pas vraiment. Il est vrai que la vente d’un moonshine est profitable puisqu’au Canada, un whisky doit subir un minimum de trois (3) ans de vieillissement. Il est vrai qu’un moonshine peut être vendu rapidement, mais la mise en place d’un tel produit n’est pas simple et encore une fois, celui de la Distillerie St. Laurent nous le prouve bien.

Grandement reconnue pour son excellent gin, la Distillerie St. Laurent a fait exploser les réseaux sociaux avec l’annonce de la sortie de ce moonshine. Après deux années glorieuses avec le gin ainsi qu’après deux années de recherches et de développements, il était temps pour eux d’entamer la deuxième phase de leur projet.

«On a beau rêver d’un whisky, on a beau rêver de plusieurs spiritueux, mais reste que l’achat de grains, l’achat de fûts et l’achat d’équipements spécialisés demandent énormément sur le plan financier. Donc notre première phase était de nous procurer certains équipements pour nous permettre de faire un spiritueux le plus rapidement possible, mais de la meilleure des façons. Nous avons réussis le coup avec notre gin. Voilà que nous avons été en mesure de passer à la deuxième phase en nous procurant un alambic spécialisé ainsi qu’en nous procurant quelques fûts. C’est le grand rêve qui commence !» me disait Joël Pelletier, l’un des deux fondateurs de la distillerie.

Ce grand rêve a bel et bien été mis en place et ce, avec une recette de bourbon. En effet, les gars ont décidé d’effectuer un moût de 75% de maïs, 15% de seigle et de 10% d’orge. Mais pourquoi une recette de bourbon ?

«Actuellement, la SAQ offre une très belle sélection de bourbon, mais malheureusement, ce sont des bourbons plus commerciaux fabriqués par de grandes maisons. J’ai eu la chance de déguster des bourbons très artisanaux, très différents de ce dont nous avons l’habitude de boire et je voulais absolument produire ce type de whisky.» me disait Joël.

Pour construire leur whisky, Jean-François et Joël utilisent non seulement des grains du Bas St-Laurent, mais effectue aussi un procédé typique du bourbon artisanal. Suite à une fermentation sur grains, l’équipe intègre ces grains dans la distillation afin d’aller chercher un goût de céréale. Cette distillation est d’ailleurs double et les coupes se font de façon très serrée pour aller chercher un distillat à plus ou moins 70% d’alcool. Le tout est ensuite mis dans deux (2) types de fûts neufs. D’une part à faible carbonisation et d’une autre part à carbonisation élevé et ce, pour justement respecter cette tradition du bourbon.

Ok… Mais ce moonshine dans tout ça ? Lors de la production de leur whisky, les gars de la Distillerie St. Laurent embouteille 10% de la production et ce, pour quelques raisons. Bien sûr, le tout génère un revenu supplémentaire et permet de faire avancer les projets, mais il y a aussi l’éducation aux consommateurs. Il y a aussi la réponse aux différentes questions des amateurs de whisky. Pour offrir aux amateurs la chance de goûter ce que l’alambic produit sans altération. D’ailleurs, la Distillerie St. Laurent n’est pas seule à faire cet exercice. Les Subversifs avaient lancé le tout premier moonshine au Québec avec leur Chien Blanc. Aujourd'hui, ils l'offrent en deux (2) versions dont un avec un relevé (mash) de bourbon ainsi qu'un autre avec un relevé (mash) de single malt. D'autres distillerie ont joint le mouvement dont la Maison Sivo avec Rebel Moonshine de Rye ainsi que de Peter McAuslan avec le Progression 1.

Quelques moonshine ainsi que quelques eaux de vie de grains

Quelques moonshine ainsi que quelques eaux de vie de grains

Avec un taux de 47% d'alcool par volume, le Moonshine St. Laurent se pointe avec une note très végétale. Une note de maïs, mais pas un maïs en conserve. Un maïs à même sa tige, à même le champ. Un petit goût sucré se fait percevoir grâce à l'orge ! Vient ensuite cet arôme de poivre et d'épices, mais rien de désagréable. Ici, c'est le seigle qui fait bien son travail. Le tout retrouve rapidement une douceur et vous amène une belle finale dans laquelle on perçoit quelques notes fruitées. Le goût vous reste en bouche un bon bout, mais ce n'est pas d'une grande chaleur. C'est tout simplement bon ! 

Bien hâte de voir le résultat après un beau trois (3) ans de vieillissement. Nous aurons définitivement un très beau whisky canadien mes amis ! Ce qui est incroyable, est que les gars ne s’arrêteront pas à ce whisky. Actuellement, ils ont déjà un single malt à l’intérieur de quelques fûts. Ce malt s’annonce tout aussi prometteur que leur whisky de type bourbon. Pour produire ce spiritueux, le Distillerie St. Laurent a fait appel à l’entreprise 
MaltBroue, grandement reconnue dans l’industrie, pour son orge. Le tout est actuellement à l’intérieur de quelques fûts neufs. À suivre... Avec une grande impatience !

Les deux (2) entrepreneurs de Rimouski ont aussi décidé d’offrir une «twist» à leur gin. En effet, les gars ont tenté une expérience en insérant le Gin St. Laurent à l’intérieur d’un petit fût de cinq (5) litres. Après quelques mois, le fût était vide ! Non à cause de l’évaporation, mais bel et bien parce que c’était un liquide que tout le monde appréciait dans la distillerie. Ils ont donc décidé de tenter le coup avec trois (3) fûts de deux cent (200) litres ayant préalablement contenus du bourbon et ce, pour une période d’un an. J’ai eu la chance de déguster ce gin et c’est de toute beauté. Vraiment ! Il est vrai que ce que j’avais dans le flacon était un brin plus jeune qu’une année complète, mais reste qu’avec un taux de 47% d’alcool, le résultat est très goûteux. Les arômes du bourbon sont bel et bien présent avec un coté céréalier, avec quelques notes d’agrumes, mais à travers le traditionnel goût salin et pinède du Gin St. Laurent. 

Gin St. Laurent

Gin St. Laurent

Vous croyez que c’est tout ? Oh non ! La distillerie est aussi dans l’élaboration d’un rhum. L’idée d’un tel produit est bien sur arrivée par amour pour le produit, mais aussi pour rendre hommage à un vieux mouvement de la côte est américaine. À l’époque, les distilleries de la région ne produisaient pas d’alcool de grains, mais bel et bien du rhum. Du rhum qu’elles produisaient à base de mélasse provenant des Antilles. Pas question pour eux de prendre un rhum déjà fait et de le modifier dans leurs locaux. La Distillerie St. Laurent a décidé de faire la même chose. Pour s’y faire, la distillerie prend une mélasse verte du Guatemala qu’elle fermente pendant une semaine avant de distiller le tout deux fois à l’intérieur d’un alambic en cuivre de type «pot still». Même sur ce rhum, les distillateurs effectuent les coupes de façon très serrées. Très peu de queue de distillat à l’intérieur du liquide pour aller chercher une qualité phénoménale. Le distillat est succulent. Entre le caramel (butterscotch) et même le sirop d’érable, on perçoit une ressemblance avec la tire Sainte-Catherine. Le tout est actuellement dans des anciens fûts de bourbon et ce, pour un minimum d’un an afin de bien respecter la loi canadienne sur l’élaboration des rhums.

L’avenir pour la Distillerie St. Laurent est très prometteur. Actuellement, elle est présente dans quelques pays à travers le globe et ce, pour plusieurs raisons dont la qualité du produit, pour la qualité entrepreneurial, mais aussi pour sa grande transparence. La distillerie n’a aucun secret et vous trouverez toujours réponse à vos questions et ce, aussi techniques soient-elles. Joël m’expliquait qu’il était extrêmement important pour eux d’avoir cette transparence afin de justement éduquer le consommateur. De toute façon, que peut-il arriver avec une telle transparence ? Une presque réplique de ce que les gars produisent ? Bien, il faut plus qu'une recette pour arriver à concevoir un produit ! Il y a les équipements, la matière première ainsi que l'expérience en distillation qui jouent un grand rôle sur le résultat final d'un produit. Alors... Bonne chance !

Le Moonshine St. Laurent sera disponible à la SAQ durant le mois de Février et ce, à 49.00$ (750ML). D'ailleurs, ceux et celles qui aimeraient assister à une belle présentation de ce superbe produit, rendez vous le 10 Mars prochain au Nelligan's Pub Irlandais ! L'information est ICI !

2017!

​​​​2017 ! Tu as été plus que formidable ! D’ailleurs, je t’en remercie !

Ensemble, nous avons eu de tellement beaux moments. Nous avons fait de tellement belles découvertes. Nous avons fait de tellement belles rencontres.

Ensemble, nous avons visité ou revisité nos distilleries du Québec. Nous avons vu l’évolution de certaines. Nous avons vu ce bel engouement qui touche nos producteurs d’ici. Ensemble, nous avons observé la création de spiritueux fascinant comme 
une absinthe, comme un brandy de pomme, comme un rhum, comme plusieurs gins dont une vieillit en barrique et même de superbes liqueurs. Ensemble, nous avons partagé quelques verres de cette superbe industrie qui grandit à vue d’œil et ce, en réalisant l’importance de faire de notre mieux pour consommer de façon locale. Ah ! Il ne faut pas surtout pas oublier tout ce que nous avons vu chez nos autres producteurs locaux, nos producteurs canadiens.

Quelques beautés québécoises de 2017 !

Quelques beautés québécoises de 2017 !

Ensemble, nous avons aussi visité un terroir riche en histoire, un terroir riche de sa terre, un terroir riche en personnes. Ensemble, nous avons visité la région de Charente pour son Cognac ! Nous connaissions déjà ce spiritueux, mais nous l’avons connu davantage. Nous avons compris pourquoi le Cognac est attaché au mot prestige, mais comment il est bel et bien accessible à tous. Ensemble, nous avons rencontré de «grandes» entreprises et de «grandes» personnes. Plusieurs rencontres ou plusieurs discussions sont encore très présente, très fraîche dans ma mémoire. Depuis, nous découvrons davantage cet univers fascinant qu’est le Cognac et ce, à travers mon rôle d’Éducateur de Cognac ainsi qu’à travers certains échanges avec divers producteurs.

Maison Ferrand !

Maison Ferrand !

Alambic charentais de la Maison Ferrand

Alambic charentais de la Maison Ferrand

En compagnie du très sympathique Thomas Quintard (Domaine du Frolet)

En compagnie du très sympathique Thomas Quintard (Domaine du Frolet)

Ensemble, nous avons rencontré une équipe formidable qui éduque les consommateurs sur l’univers du cocktail, Monsieur Cocktail. C’est d’ailleurs avec une fierté et une joie énormes que je me suis joint à cette équipe de feu afin qu'ensemble, nous puissions partager davantage sur le dossier des spiritueux et des «drinks».

Les cours de Monsieur Cocktail

Les cours de Monsieur Cocktail

​​​​Ensemble, nous avons partagé de l’information sur le «savoir pour bien boire», mais aussi sur le côté «nutritionnel» des spiritueux. Deux dossiers sur lesquels on met de plus en plus d'importance et ce, avec raison.

Ensemble, nous avons assisté et participé à la création de magnifiques projets autant au niveau de la production qu'au niveau d’événements. La curiosité sur le monde des spiritueux est énorme et ensemble, nous avons répondu toujours à cette curiosité. Ensemble, nous avons vécu de magnifiques soirée et ce, peu importe le spiritueux vedette.

AiR Distillery est un nouveau projet qui a vu le jour en 2017.

AiR Distillery est un nouveau projet qui a vu le jour en 2017.

En Décembre 2017, j'ai eu la chance de présenter plusieurs spiritueux et ce, aux profits de Moisson Outaouais !

En Décembre 2017, j'ai eu la chance de présenter plusieurs spiritueux et ce, aux profits de Moisson Outaouais !

Ensemble, c’est avec vous.

Vous avez été 2017 !

Cette folle aventure, nous la vivons ensemble chers lecteurs. Avec chaque découverte, avec chaque visite, avec chaque rencontre et plus encore, mon objectif est de prendre tout ce bagage qui m’est offert pour vous le verbaliser. J’ai envie de vous sortir de vos «vieilles pantoufles» pour vous installer à l’intérieur de mes souliers (parfois sandales). Aussi bizarre que cela puisse paraître, je n’ai pas envie de vous faire boire. J’ai plutôt envie de vous faire vivre une histoire. J’ai plutôt envie de vous faire vivre une visite. J’ai plutôt envie de vous faire vivre une découverte.

En direct de la République Dominicaine pour des recherches sur l'industrie du rhum dans cette superbe culture.

En direct de la République Dominicaine pour des recherches sur l'industrie du rhum dans cette superbe culture.

​​​​En parlant de découverte, c’est un peu difficile de vous mentionner LA découverte de l’année puisque tel que mentionné dans ma revue de 2016, je suis définitivement une personne de «feeling» et chaque moment peut laisser place à une découverte mémorable. De plus, mon mandat n’est pas de faire une critique complète sur un produit. Mon mandat n'est pas de vous dire si un produit est délicieux ou dégueulasse. Mon mandat est surtout d'être objectif. Mon mandat est de vous partager le maximum d’informations sur différents produits afin que vous, chers lecteurs, puissiez déterminer si ces produits sont pour vous ou non. J'ai envie que vous puissiez vous faire votre propre idée.

Ai-je eu des coups de cœur personnels ? Tout à fait ! Je partage certaines d'entre elles à travers 
mes capsules découvertesque je continuerai dans la nouvelle année. D’ailleurs, tout comme ce fut le cas pour 2017, mes ami(e)s, vous êtes 2018. J’admets que notre ensemble sera plus grand, mais soyez sans crainte, il y a assez de place pour tous. Il y aura davantage de visites, de découvertes, de rencontres, mais surtout... Surtout davantage d'éducation !

Ensemble, partageons cet esprit. 

J'aurais été capable d'écrire un roman au sujet de la dernière année, mais je vais garder cela très simple en vous embrassant avec une grande puissance et en vous disant le plus sincère des MERCIS !

To boire… Or not to boire!

À l’occasion du temps des fêtes, plusieurs recevront des bouteilles exceptionnelles ou ressortiront de vieilles bouteilles. De ce fait, plusieurs se demandent si certaines bouteilles sont encore bonnes à boire tout comme si certaines bouteilles devraient être bues immédiatement ou simplement dans quelques années lors d'une occasion plus que spéciale. Bref, to boire… Or not to boire ?!

Débutons avec le dossier des vieilles bouteilles. N’oublions pas qu’un produit distillé (spiritueux) n’est pas comme un produit fermenté (bière ou vin). Le spiritueux ne changera pas avec le temps. Sa conservation n’est pas un problème et dans certains cas, vous pouvez garder une bouteille toute une vie. Bien sûr, il y a quelques recommandations à suivre pour conserver longuement votre bouteille. Tout d’abord, évitez l’exposition au soleil. Évitez de mettre vos bouteilles à la lumière du jour. Évitez aussi de choisir un endroit très chaud ce qui peut favoriser l’évaporation dans une bouteille déjà ouverte. On recommande généralement de laisser vos bouteilles dans un environnement dont la température est plus basse que la normale. De plus, évitez un endroit trop humide. Évitez aussi de laisser des «fonds de bouteilles». Dès qu’il reste plus ou moins un quart de liquide à l’intérieur de votre bouteille, nous recommandons fortement de transférer votre liquide dans une plus petite bouteille ou même de faire l’achat de billes spécialement conçues pour être insérées dans votre bouteille. Cela réduira le niveau d’air à l’intérieur ce qui aidera à la conservation de votre spiritueux.

«J’ai une bouteille dans laquelle il semble y avoir de la condensation… Est-ce normal ? Est-ce que cela affectera mon spiritueux ?» La réponse est non ! Cette condensation arrive à l’intérieur de votre bouteille puisque la température de votre pièce peut avoir varié. Cette condensation provient de l’eau à l’intérieur même du liquide. Ceci étant dit, elle n’affectera pas le produit.

Exemple de fond de bouteille à éviter

Exemple de fond de bouteille à éviter

Exemple de petite bouteille

Exemple de petite bouteille

Continuons avec le dossier des bouteilles à boires maintenant ou plus tard. Bien sûr, je suis de ceux qui croient que toute bouteille devrait être ouverte. Peut-être que ce commentaire vous semblera ridicule, mais ne sachant pas ce que la vie nous réserve demain, je ne vois pas pourquoi nous devrions attendre avant de partager un verre d’une magnifique bouteille avec ceux et celles que l’on aime tant. J’admets que certaines bouteilles peuvent prendre une certaine valeur avec le temps et ce, si elles ne sont pas ouvertes. Par exemple, ceux et celles qui ont eu la chance de mettre la main sur de vieilles bouteilles de la défunte distillerie écossaise Port Ellen, peuvent s’attendre à ce que ces bouteilles aient prit une certaine valeur. Tout comme certaines bouteilles portant un numéro de lot ou même un millésime. Le bourbon Booker’s, le rhum El Dorado 25 YO, certains rhums Plantation ainsi que plusieurs scotch sont de très bons exemples. Certains lots ou même certaines éditions gagnent grandement de valeur avec le temps et ce, pour plusieurs raisons. Par exemple, l’El Dorado 25 YO, édition 1986, se vendait à 380.00$ à l’époque. Cette bouteille fut la dernière créée par George Robinson, maître distillateur/assembleur de Demerara et un emblème dans l’univers du rhum. Ce dernier, est malheureusement décédé en 2011, quelques mois après l’assemblage du El Dorado 25 YO, édition 1986. Ceci étant dit, cette édition peut maintenant se trouver au double du prix initial. C’est aussi le cas de certaines éditions du Booker’s dont la 25ième anniversaire, qui fut la dernière de M. Booker Noe, décédé en 2004. Mais puisque la revente d’alcool est illégale, à quoi bon garder le tout fermé pendant quelques années ? À moins que vous ayez les moyens de vous procurer deux (2) bouteilles, profitez des merveilleux moments avec vos proches pour partager ces bouteilles. Encore une fois, nous ne pouvons prévoir le futur. La vie est exceptionnelle alors chaque jour devrait mériter un partage exceptionnel.

Santé les ami(e)s et encore une fois, joyeux temps des fêtes !

Savoir pour bien boire!

Il y a exactement trois ans, ma famille et moi souhaitions un dernier adieu à l’homme que j’appelais «Papa». Malgré le fait que les ponts furent coupés quelques années auparavant, ce fut tout de même un choc. Un choc puisque la cause de son décès était reliée à l’alcool. À un certain problème que l’on appelle «alcoolisme». Ce problème n’était malheureusement pas récent. On parle d’un problème qui traînait depuis presqu’une dizaine d’années. Mais reste que les «ouï-dire» à son sujet parlaient d’une reprise en main, d’une thérapie réussie. Donc, le moment fut grandement chargé d’émotion, d’incompréhension et de colère. À l’époque, mes recherches et mes efforts concernant la mise en place de mon entreprise, de ma distillerie, étaient grandement avancés. Je me suis donc demandé comment je pouvais faire une différence, comment je pouvais créer des spiritueux tout en ne créant pas une surconsommation de mes produits ? Au même moment, je réalisais ce manque d’éducation en matière de spiritueux. Je réalisais ce manque d’explication sur les différents produits, sur les différentes cultures, sur les différentes histoires, sur les variantes et plus encore. Je me lançais donc dans une entreprise dans laquelle j’avais une peur incroyable de créer un problème de consommations, mais surtout dans une entreprise se trouvant dans une industrie totalement incomprise. De la pure folie !

Petit à petit je me suis mis à rouler à travers la province afin d’offrir une certaine éducation. Afin d’offrir certaines explications. Afin d’offrir certaines histoires. Afin d’offrir les variantes entre chaque produits. Tout cela en me disant «un consommateur éduqué sur ce qu’il consomme, consomme mieux !». Tout cela avec une mission, offrir le savoir pour bien boire !

Mais que veut dire «bien boire» ? Voici quelques-uns de mes principes de «bien boire» :

Bien boire, c’est de connaitre ce que nous avons dans notre verre. Je ne vous dis pas de connaitre l’histoire au grand complet de l’entreprise qui fabrique votre spiritueux. Je ne vous dis pas de connaitre le nom du maître distillateur ou du maître assembleur. Je vous recommande simplement de porter une attention particulière à la bouteille que vous avez entre les mains. De vous intéresser à celle-ci. Prenez le temps de bien la lire. Prenez le temps de comprendre ce qui peut se trouver à l’intérieur. Prenez le temps de comprendre le terroir qu’elle peut contenir. Situez-vous sur le globe. Imaginez-vous à cet endroit. Une vodka de seigle faite aux États-Unis est très différente qu’une vodka de maïs fabriquée au Canada ! Une petite analyse et vous pourriez avoir entre les mains un produit que vous voulez vraiment déguster. Un produit que vous ne voulez pas boire rapidement tellement il vous est désagréable. Un produit que vous respecterez. D’ailleurs, bien boire, c’est aussi d’admettre qu’un produit n’est pas pour vous, mais de le respecter puisqu'il est excellent pour plusieurs.

Ce «bien boire» avec une certaine connaissance est un peu ce que je tente de faire lors de mes différents mandats, mes différentes chroniques, mes différents articles. J’ai envie de vous offrir le maximum d’histoire et le maximum d’information sur la conception de divers produits afin que le tout puisse s’installer dans un petit tiroir mental et, au moment venu, puisse ressortir pour vous offrir une certaine zone de confort. 

Bien boire, c’est aussi de connaitre notre état ainsi que celle de nos invités. Bien boire, c’est aussi d’être en mesure de réaliser quand nous en avons eu assez. On dit que la zone parfaite est lorsque l’on ne sent aucun effet outre qu’un simple sentiment de relaxation. Bien sûr, s’il y a moins d’inhibitions, moins de jugement et moins de concentration, il y a de forte chance que vous soyez dans ce que l’on dit «zone jaune». C’est généralement à ce moment que nous devrions fortement passer au verre d’eau. Plus tôt, je parlais de connaitre votre état ou même celui de vos invités. C’est un point extrêmement important afin de ne pas arriver dans la «zone rouge» un peu trop vite. Vous sentez le moindre stress ou la moindre anxiété en vous ou chez votre invité ? Essayez d’éviter l’alcool. Bien que l’alcool nous offre un certain moment de relaxation, une certaine déconnexion, elle sera absorbée très vite par votre système et l’effet se fera sentir davantage. Dans un tel état, je vous recommande définitivement de vous limiter à un verre seulement. Poursuivez avec la tisane ou le thé ! C’est d’ailleurs l’une des grandes problématiques chez certaines personnes. Suite à divers problèmes leur offrant un état d’anxiété ou de stress, elles se relaxent avec un bon verre… Ou deux… Ou trois… Ou… La bouteille ! Cela devient malheureusement une coutume, une habitude. J’ai eu le privilège d’assister à quelques rencontres pour les personnes affectées par l’alcoolisme et plusieurs parlent de cet état émotionnel. C'est d'ailleurs ce qui est arrivé à mon paternel. La pression du travail, de la famille et plus encore, ont créé chez lui un état d'anxiété incroyable. Un état qu'il voulait cacher à travers une consommation, qui terminait plutôt en plusieurs consommations. De plus, dans un tel état émotionnel, nous avons très souvent une baisse d’appétit. De ce fait, on consomme l’estomac presque vide ce qui est fortement déconseillé. Un estomac vide fait que votre pylore (petite valve de l’estomac) est ouvert. Ceci étant dit, l’alcool se rend directement à l’intérieur et vous sentirez rapidement les effets de l’alcool. D’ailleurs, vous devriez toujours prendre l’habitude d’avoir quelques morceaux de pains lors d’une dégustation de spiritueux. Vous devrez toujours prendre l’habitude d’offrir quelques bouchées. Vous devrez toujours prendre l’habitude de servir un bon verre d’eau avec une consommation. C’est important. Votre soirée sera beaucoup plus belle d’une telle façon !

Bien boire, c'est aussi savoir quand nous sommes dans la zone jaune ou même dans la rouge. C'est aussi de faire appel à une personne qui peut nous ramener sain et sauf. Nous avons actuellement une variété d'option en matière de transport. Profitez de chacune de ces options.

Lorsque je parle de bien boire, je ne dis pas que vous avez tort de participer à une soirée un peu trop arrosée. Je recommande simplement de porter une attention particulière à quelques points. Respectez le produit qui se trouve sur votre comptoir. Respectez vos invités. Respectez vous !

La modération a bien meilleur goût et ce, sur plusieurs niveaux. En matière de dégustation, il est presque impossible de bien déguster un spiritueux lorsque nos sens commencent à être affectés, lorsque nous avons quelques consommations en trop. En matière de plaisir, vous profiterez davantage de tous vos sens pour bien danser ou même pour bien parler avec vos proches et amis. En matière de lendemain... Alors nul besoin de vous dire quoi que ce soit !

La modération a bien meilleur goût puisqu'elle vous offrira un excès de moments mémorables avec des gens que vous aimez du plus profond de vous même. Buvez avec modération... Mais aimez et partagez avec excès !

Si je n'ai pas eu la chance d'éduquer mon père, j'espère le faire avec vous tous.

Vice & Vertu Distilleries: Tout est dans la dualité!

Radiologiste de profession, Dr. Franck Sergerie est, depuis longtemps, un grand amoureux de spiritueux fins. D’ailleurs, il m’expliquait à quel point il appréciait un bon verre de whisky ou de gin «straight» et ce, même si la tendance des gins est plutôt aux cocktails. Avec cet amour, il n’en fallait pas plus pour que Dr. Sergerie se lance dans une conception très artisanale de certains spiritueux.

Afin d’être dans la légalité, ce dernier a fait l’acquisition d’un tout petit local situé dans le village de Saint Augustin, tout près de Québec. Par le fait même, il a aussi fait la demande d’un permis de distillation. Dans les locaux de Vice & Vertu Distilleries, on y retrouvait alors un simple et minuscule alambic avec lequel le radiologiste effectuait divers tests et différentes recherches.

 «À la base, mon plan n’était pas de produire une aussi grande quantité. Je voulais simplement m’amuser et produire quelques beaux produits pour ma propre consommation, pour les amis, la famille et un peu plus. Mais le projet a pris une ampleur inimaginable! » me disait-il.

L'alambic de recherche

L'alambic de recherche

Il a donc trouvé un nom d'entreprise, Vice & Vertu Distilleries. Un nom d'entreprise choisi en raison de la dualité. Le médecin et le distillateur. La science et la créativité. L'ombre et la lumière. L'ange et le démon. Parce que tout n'est jamais blanc ou noir. D'ailleurs, le slogan de la distillerie est: Boissons nobles, esprit rebelle ! Par la suite, Dr. Sergerie a mis au point une recette qu’il adorait. Une recette très «London Dry Gin». Une recette dans laquelle nous retrouvons la baie de genièvre, le pétale de rose, la lavande, la coriandre, le zeste d’agrumes, le bleuet et… L’écorce de bouleau, une botanique indigène aux vertus médicinales. Presque sur un coup de tête, il a aussi fait l’acquisition d’un magnifique alambic de mille deux cent (1,200) litres de l'entreprise Corson.

«J’avais reçu une soumission de la part de cette entreprise et les spécifications répondaient parfaitement à ce que j’avais en tête. Un beau soir de Mai 2016, j’ai analysé cette soumission et je me suis rendu compte qu’elle avait une date d’expiration. J’étais à cette date. J’en ai fait l’acquisition de façon un peu impulsive, mais cela m’a réellement lancé vers ce rêve et vers cette volonté de créer des spiritueux fins.»

Les choses allaient parfaitement bien. Il avait un nom. Il avait une recette unique. Il avait fait l'achat d'un grand alambic pouvant produire une grande quantité d'alcool. Il avait un support incroyable de la part de la communauté et du propriétaire des locaux. Bref, que pouvait-il arriver ? Il est arrivé un sacré délais dans la livraison de son alambic. À un point tel qu’il a dû repenser quelques éléments !

Ève, alambic Corson de 1,200 litres

Ève, alambic Corson de 1,200 litres

Cuves de fermentation

Cuves de fermentation

«Je devais avoir mes équipements en Janvier 2017. De ce fait, la conception de mon alcool neutre à base de blé ainsi que celle de mon gin auraient pu débuter bien avant. Malheureusement, ce n’était pas le cas et je devais rendre l’exercice rentable. J’ai donc prit un alcool à grain neutre d’une grande manufacture et je me suis mis à distiller dans mon petit alambic de recherches. La problématique est que le panier de botaniques était trop petit pour accueillir tous mes ingrédients. J’ai donc sacrifié les bleuets et je les ai mis en macération, avant la distillation. Heureusement, le résultat est impeccable et est exactement ce que j’avais en tête. J’ai tout de même très hâte de débuter la distillation dans Ève, ce grand alambic de mille deux cent (1,200) litres qui porte fièrement le nom de celle qui est à la base de notre origine.» me disait-il.

J’avoue que je comprends très bien Dr. Sergerie dans ces propos puisque lorsque le tout sera mis en marche, il pourra alors prendre un blé, le fermenter et en faire son alcool de base pour une vodka, un gin et même un whisky. Il est important pour ce radiologiste d'être dans un procédé très artisanal et ce, on le voit immédiatement dans la distillerie. Par exemple, les bleuets qu’il utilise à l’intérieur de son gin proviennent du marché local. Il les déshydrate lui-même à la maison. Par la suite, il zeste de façon manuelle tous les citrons. Et que dire de l’écorce de bouleau ? Bien celle-ci est réduite en morceau par Dr. Sergerie lui-même ! D'ailleurs, c'est hallucinant de sentir tous ces aromates lorsque l'on marche dans la distillerie.

Écorce de bouleau

Écorce de bouleau

Aujourd’hui, M. Sergerie partage son temps entre la distillerie ainsi que la clinique de radiologie, mais le dossier avance vite. Très vite! Il m’expliquait qu’après un peu plus de dix-huit (18) mois, il a dû agrandir les locaux trois (3) fois. Il planifie d’ailleurs un autre agrandissement sous peu et ce, pour faire place à un alambic dédié à la conception du gin ainsi que pour les fûts de whisky. Oui vous avez bien lu, Vice & Vertu Distilleries produira du whisky et ce, très bientôt ! On parle ici d’un whisky fait complétement à base de blé qui passera quelques années dans des fûts complétement neufs ayant eu un burinage médium.

Bref ! Revenons un peu à BeOrigin. «Be» représente le plaisir d'être et se retrouvera dans le nom de tous les spiritueux de Vice & Vertu Distilleries alors que «Origin» représente le premier produit, mais aussi l'origine de la vie, tel Adam et Ève que l'on retrouve sur la bouteille. Ce superbe gin de type London Dry s’ouvre avec un arôme de lavande et d’agrumes. La bouche est en (3) étapes. En premier lieu, la baie de genièvre. En deuxième lieu, une belle explosion du bouleau et même de la coriandre. En troisième lieu, c’est le zeste et les bleuets. Offert à 43% d’alcool, il est d’une très grande versatilité.

BeOrigin

BeOrigin

BeOrigin

BeOrigin

Ce radiologiste avait un projet, un rêve. Il l'a décortiqué pour arriver à un diagnostic in vivo, il devait créer des spiritueux. Des spiritueux à l'image de sa vie, à l'image de l’origine, à l'image de cette dualité à laquelle nous devons faire face dans notre plus grand quotidien.

C'est bien réussit ! Très bien !


BeOrigin est disponible seulement à la SAQ à 49.75$. Suivez ce lien : BeOrigin Gin Exclusif

L’effet «mère nature» sur les spiritueux!

2017 n’est pas encore terminée, c’est vrai! Cependant, je crois que nous pouvons tous dire que ce fut une année record en matière de dégâts  climatiques. Le printemps a offert à certaines régions européennes des gels incroyables. L’été a amené avec lui une solide dose d’orages, de pluie et… D’ouragans! L’automne est à peine débuté que nous parlons déjà d’El Nina, un système climatique qui amènera aussi son lot de catastrophes naturelles. Est-ce que tout cela aura un impact sur l’univers des spiritueux? Peut-être bien que non... Peut-être bien que oui! Quel sera l'intensité de cet impact? C'est ce que nous tentons tous de savoir. Regardons ensemble certaines industries touchées afin de comprendre l'ampleur des dégâts.

Les cannes de la Martinique

Les cannes de la Martinique

Débutons avec la catastrophe la plus récente, l’ouragan Maria qui a grandement touché les caraïbes. Elle a ravagé la terre de production de plusieurs entreprises de rhums. Bien sûr, plusieurs de ces entreprises n’auront pas de grands problèmes dans les prochains mois ou prochaines semaines puisque qu’elles pourront simplement s’approvisionner en mélasse dans une autre entreprise, voire même dans un autre pays. C’est le cas des maisons situées à Porto Rico, République Dominicaine, Cuba et plus encore. Malheureusement, ce n’est pas le cas de certaines maisons de rhums, comme celles situées en Martinique. Même si Maria ne fut pas la pire des ouragans pour l’industrie du rhum de ce pays, reste tout de même qu’elle a réussi à coucher/affecter plus de 40% de la canne à sucre dans le nord de l’île. Avec cette information, on doit prendre en considération que les périodes de plantation et de croissance de la canne à sucre s’étalent de Juillet à Novembre. Donc, quand une grande catastrophe comme Maria arrive, cela a un impact considérable sur la croissance de la canne. Certaines des cannes touchées n’avaient que six (6) mois de croissance. Elles avaient encore du chemin à faire avant d’avoir une certaine maturité. Avant d’être assez forte. N’étant pas assez forte pour se relever, elles sont devenues de la nourriture facile pour les rongeurs et autres animaux. De plus, les bourgeons de la tige ont donné ce qu’on appel dans le jargon des «demoiselles». En créant ces «demoiselles», la canne perd davantage d’énergie et a nul le choix que de délaisser certaines richesses. Elles se gorgent de fibres ligneuses plutôt que de sucre. Bien sûr, tous ces points réduisent le rendement lors de la récolte de la canne et par le fait même, dans la production de l’alcool. Heureusement, certaines portions/plantations de la Martinique ont eu plus de chance en étant à peine touchées. Cependant, n’oublions pas que la Martinique est sous une appellation (AOC) en ce qui concerne son eau-de-vie, son rhum. De ce fait, une distillerie voulant garder son appellation, ne peut faire appel à un producteur de canne n’étant pas sur une des terres agréées par l’AOC. Elle doit vivre dans l’attente d’une canne mature sur l'une des terres autorisées par l'appellation. Marc Sassier, président de l’AOC, me confirmait que nous pourrions voir une hausse de prix chez les producteurs touchés. Ils doivent se relever et ce sera à nous, les consommateurs, de comprendre la réalité et de continuer d’encourager cette magnifique industrie qu’est le rhum agricole martiniquais. Mais qu’en est-il des rhums de mélasse? Est-ce que les entreprises derrières cette industrie feront aussi faire grimper les prix? Peut-être! Même si la fabrique obtient un bon rendement avec sa matière première, reste que le paysage autour a été grandement touché. Reste que la distillerie devra débourser des sommes assez incroyable pour réparer certains dommages.

Quand le gel se pointe dans le débourrement...

Quand le gel se pointe dans le débourrement...

Outre le rhum, l’industrie des spiritueux français a aussi été grandement affectée par certains problèmes climatiques. Les mois d’Avril et Mai ont amené avec eux quelques gels qui ont fait des dégâts considérables dans les vignobles français. Alors que le débourrement de la vigne se fait en Avril, on peut y voir quelques ébauches de la grappe. Pour bien évoluer, cette partie s’accumule d’eau. Vous comprendrez donc que lors d’un gel (-2 à -4°C), le cycle arrête brutalement et par le fait même, la vigne cesse de gagner en maturité, cesse d’évoluer. Cela a affecté entre 10 et 20% de la récolte à l’intérieur du vignoble de l’armagnac. Pour le cognac, ce fut bien pire! On parle de plus de 30% de la récolte qui a été affecté. Heureusement, les dommages au niveau de la production des eaux de vie furent moins importants que nous l’avions estimé au printemps. D’ailleurs, Thomas Quintard, un bon ami et propriétaire du Domaine Du Frolet (Cognac Quintard Frères), me mentionnait que malgré une certaine perte sur ces récoltes, la qualité du vin actuel devrait offrir une eau de vie remarquable. Moins de liquide, mais un sacré beau liquide. Thomas me mentionnait aussi que si lui a eu cette chance, ce ne fut pas le cas de certains de ces collègues. Certains d’entre eux n’ont absolument rien récolté pour 2017. Une catastrophe économique monstrueuse pour eux, me disait-il. Avec de telles circonstance, vous en conviendrez qu’une légère hausse des prix pourra aussi se faire voir sur des produits de plus petites maisons, mais reste que les grandes (Hennessy, Martell, Courvoisier, Gautier et plus encore) sont prêtes pour de telles problématiques. Après tout, elles ont un stock phénoménal et… Elles ont toutes vécu le gel de 1991! J'ai d'ailleurs bien hâte d'entendre le résultat des distillations, qui seront faites sous peu!

L'ami Thomas Quintard

L'ami Thomas Quintard

Le Calvados? Il s’en est bien tiré. En fait, comme M. Guillaume Drouin me l'expliquait, la problématique est plutôt au niveau des grandes chaleurs que la région de Normandie a connu. À cause de ces grandes chaleurs, les vergers de la Normandie ont vu leurs récoltes se faire plus de trois (3) à quatre (4) semaines à l’avance, mais tout comme en Charente, le fruit est excellent cette année et par le fait même, amène un cidre d’une très belle qualité pour le Calvados.

Un verger normand

Un verger normand

Le monde du whisky a aussi eu ses peurs. Il y a quelques jours à peine, un ouragan du nom d’Ophelia frappait les côtes de l’Irlande ainsi que de l’Écosse. Plusieurs dégâts, mais reste que l’industrie du whiskey et du scotch n’a pas été endommagé outre quelques pertes de productivité, faute d’électricité. Fiou!

Mère nature nous a définitivement montré sa puissance cette année et encore une fois, 2017 n'est pas terminée! Voyons voir ce que l'avenir nous réserve. Thomas m'a partagé son positivisme en me rappelant ce que les anciens de l'industrie mentionnent. «Suite à une année de récolte médiocre, la prochaine devrait être remarquable! Si mère nature le veut bien...»

Encore une fois, ce sera à nous, les consommateurs, de comprendre certaines hausses et de continuer à encourager les producteurs de ces magnifiques spiritueux.

 

L’âge et la sagesse

Au cours du week end, j’ai eu le privilège de présenter le prestigieux Macallan Rare Cask à plusieurs dizaines de personnes. Un événement vraiment incroyable qui a aussi fait réaliser quelques points très importants à divers consommateurs.

Avant d’aller plus loin dans les explications, laissez-moi-vous présenter ce Rare Cask. Produite par la maison
Macallan, cette bouteille se détaille actuellement à plus ou moins 400.00$ (CAD). Bien sûr, Macallan, située dans la région de Speyside, est grandement reconnue dans l’industrie du scotch pour son expertise en tonnellerie et même au niveau de l'exploitation des fûts, surtout ceux ayant préalablement contenu du sherry. Avec cette expertise, la maison réussit actuellement à offrir quelques gammes de produits. L’une des plus connues est la série 1824, une gamme qui a été créée sans mention d’âge, faute de scotch assez mature pour continuer la lignée des mentions d'âge. La grande particularité de cette série est la façon que Macallan a utilisé les bois pour concevoir chacun des produits qui se trouvent à l'intérieur de la gamme. Par exemple, le Gold est un assemblage de diverses eaux de vie qui ont été reposées à l’intérieur de différents fûts dont une grande majorité en fûts de chêne américain alors que le Sienna est un assemblage de diverses eaux de vie provenant davantage de fûts de chêne européen. En travaillant ainsi avec différents fûts, Macallan peut démontrer son art en matière de tonnellerie. Cet art, on peut facilement la voir à l’intérieur du Rare Cask. Tout comme les autres scotchs de la maison, l’eau de vie de ce produit est faite à l’aide de très petits alambics, probablement les plus petits de l’Écosse. Ces systèmes offrent un produit plus huileux, plus riche et avec plus de corps. Par la suite, Macallan fait vieillir cette eau de vie à l’intérieur de quelques fûts ayant préalablement contenu du grand sherry pendant un grand nombre d’années. Alors que les produits de la gamme 1824 peuvent être un assemblage de plus de deux cent (200) fûts différents, le Rare Cask est tant qu’à lui conçu à l’aide de seize (16) différents types de fûts. Le plus jeune étant de quatorze (14) ans alors que le plus vieux de trente (30) ou trente-deux (32) ans. Tout cela offre un produit fruité avec de belles notes de cacao et quelques belles notes de torréfaction. De quoi de sublime selon moi. Mais est-ce que tout le monde apprécie un tel scotch ? Un scotch à 400.00$ ? Non ! C’est ce que plusieurs ont réalisé lors de la dégustation. Ils ont réalisé que l’âge, n’amène pas nécessairement la sagesse ou même un produit «coup de cœur».

Dans l’univers de plusieurs spiritueux, l’âge est bien plus qu’un signe de douceur. C’est en fait un procédé. Une conception. Chez certaines maisons de productions, un douze (12) ans représente un spiritueux fait à base d’un tel alambic et assemblé de telle façon alors que le quinze (15) ans de cette même maison sera fait dans un autre type de système et assemblé d’une autre façon. Cela offrira peut-être un spiritueux plus âgé qui aura une finale plus persistante, plus accrocheuse et qui donnera l’impression d’être moins doux que le douze (12) ans. 

Les fûts jouent aussi un rôle incroyable au niveau du produit final. Macallan nous le démontre très, très bien! Par exemple, plusieurs ont adoré le Double Cask 12 ans. Ce dernier, ayant une grande présence de chêne américain, s’offre avec des notes de caramel, vanille et même de malt. Et que dire du Fine Oak 15 ans ? Ce dernier, ayant une présence de fûts dans lequel il y avait préalablement du bourbon, s’offre avec des notes de marmelades et une grande présence de vanille. Cela est pour Macallan, mais c’est aussi le cas de plusieurs maisons de spiritueux. Certaines présenteront un produit plus âgé vieillit dans un type de fût alors que le plus jeune sera dans un autre type de fût. Cela va générer une palette aromatique complétement différente. Peut-être que l’influence de ce fût amènera chez le plus vieux des aromates que vous n’aimez pas du tout alors que le plus jeune aura un certain charme. Un certain «je ne sais quoi» qui vous fera vivre une belle expérience.

À chacun ses préférences. À chacun ses goûts ! Il ne faut pas prendre pour acquis que le plus vieux des spiritueux vous offrira une dégustation incroyable à travers un beau crescendo d’émotions. Prenez le temps de bien vous renseigner. Prenez le temps de poser les bonnes questions. Et soyez sans crainte, aucune question n’est absurde. Votre curiosité est tout à fait normale. Vous êtes d’ailleurs chanceux ! De nos jours, l’information se trouve rapidement sur les réseaux sociaux ou même sur divers moteurs de recherches.

1 2 3 7