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Poli Grappa: 120 ans de savoir et de politesse!

Lorsque la plupart des gens discutent de l’Italie, c'est généralement au sujet des magnifiques villages qui se trouvent à l’intérieur de ce superbe pays, c'est de gastronomie et bien sûr, de vins! Pour ma part, l’Italie est une terre incroyable au niveau des spiritueux et liqueurs. Elle est d’ailleurs la terre de l’une des plus vieilles eaux de vie… La grappa!

Qu’est-ce qu’une grappa? Il s’agit d’une eau de vie de marc de raisin qui doit absolument être produite en Italie. Un marc de raisin est tout ce qui reste du pressurage des raisins, peaux, rafles et pépins. Les producteurs vinicoles produisent leurs vins et par la suite offrent ou vendent ce marc de raisin à certaines distilleries. D’ailleurs dans la plupart des grappas, on utilise deux types de raisins/cépages – généralement un fermenté et l’autre vierge. Une fois arrivé dans une distillerie, ce marc de raisin, parfois à déjà plus ou moins 3.5% d’alcool, est travaillé et distillé à travers différents types d’alambics. Pour s’y faire, on place tout le marc de raisin à l’intérieur de ce qu’on appelle un ‘’steam pot’’ à l’aide de quatre (4) à huit (8) paniers. Dans ce cylindre, de la vapeur est propulsé par le bas afin de bien évaporer l’alcool. Ceci donne un alcool ou un ‘’low wine’’ de plus ou moins 24% d’alcool/volume. Le tout est par la suite distillé à nouveau dans une colonne ce qui amène l’alcool entre 60 et 85% d’alcool/volume. Le tout passe ensuite dans un condenseur qui liquéfie les vapeurs. Par la suite, on refait le même processus avec un autre type de marc de raisin. Le tout est assemblé. Parfois, une grappa peut être vieillie en barrique ou aromatisée. Au niveau de la dilution, le tout est amené au degré désiré avec une eau pure généralement distillée à même la distillerie.


L’une des grappas les plus reconnues à travers le globe est celle de Poli, une magnifique entreprise familiale qui existe depuis 1898.

Poli Grappa, l’une des distilleries sur ma ‘’liste de souhait’’, est tout simplement incroyable. Même s’il s’agit d’une grappa très populaire et surtout très commercialisée, Poli Grappa garde ses valeurs artisanales et surtout ses valeurs patrimoniales. Il est primordial pour l’entreprise de prendre le marc de raisin des vignobles environnants la distillerie. Bien sûr, cela amène une fraîcheur au marc de raisin, mais permet aussi d’aider une certaine économie locale. D’ailleurs, il est très fréquent de voir un employé de Poli dans les vignes pour justement s’assurer de la qualité de ce qui leur sera offert. Chez Poli, la distillation se fait dans les heures qui suivent l’arrivée du marc. Cela permet aux arômes d’être grandement présents tout au long du processus. Au niveau de cette distillation, Poli utilise des alambics qui sont considérés comme les plus vieux de l’industrie de la grappa. Presque tous en cuivres, ces alambics sont magnifiques. D’ailleurs, Poli produit une grande variété de ses grappas à l’aide d’alambics traditionnels. Par contre, les yeux de l’industrie sont grandement rivés sur Poli pour leurs deux nouvelles additions, les alambics de type bain-marie. La particularité d’un alambic de ce genre est d’offrir un résultat plus floral, de réduire les impuretés et de réduire les esters. Pourquoi donc? Comme si vous feriez la méthode bain-marie à la maison, ces alambics consistent à mettre le marc de raisin à l’intérieur d’un panier. Panier qui est chauffé par la vapeur provenant de l’eau qui se trouve sous lui. Bien sûr, ce processus de distillation très lente permet aux moindres arômes de bien se volatiliser afin d’être liquéfiés par la suite.

Le premier bain-marie est Athanor. Un procédé tel que décrit ci-dessus. On utilise souvent ce système pour les différents brandys. Sinon, il y a aussi Crysopea! Système hallucinant avec ‘’aspiration’’ des vapeurs. Ce procédé donne une pression négative à l’intérieur du système ce qui permet d’offrir un taux d’ébullition plus bas aux différents alcools. Ce système est généralement utilisé pour des grappas aux arômes plus fruités et floraux tel que la Cleopatra ainsi que pour l’unique gin de la distillerie, le Marconi 46 (un article vous sera présenté sous peu à son sujet).


De mon côté, j’ai eu l’occasion de déguster quelques-uns de leurs produits dont Bassano ainsi que la Barili di Rhum 2011 . Pour ce qui est de Bassano, une grappa conçue à l’aide de marc de raisin rouge, on a droit à un beau produit à son état brut, mais j’admets immédiatement que ce n’est pas pour tout le monde ce genre de spiritueux quoi qu’il peut facilement être intégré dans certains cocktails à base de café, de Limoncello et de liqueur d’oranges. D’ailleurs, il n’est pas rare de voir des recettes de cocktails qui remplacent le gin par une grappa de la sorte et avec raison. La Bassano dégage un léger goût de brûlé avec une certaine amertume à travers des notes plus fruités comme la pomme voir la poire.

De l’autre côté, l’édition Barili di Rhum 2011 provient d’une grande variété de marc de raisins. Une fois que la grappa est faite à travers les systèmes traditionnels, elle bénéficie d’un vieillissement de deux (2) ans en barrique de chêne traditionnelle ainsi qu’une finition de six (6) mois à l’intérieur d’une barrique de rhum agricole Clément (de la Martinique). Ce vieillissement supplémentaire offre à la grappa un profil exotique avec des notes fruitées, liquoreuses et boisées. C’est un produit que j’affectionne énormément.

C'est en rêvant d'une bella vita dans les chais de Poli Grappa que je vous souhaite une excellente dégustation!

L’Arak Brun… Un retour en enfance à travers une incroyable découverte!

Le Liban! Un pays splendide qui nous offre une superbe histoire ainsi qu’une magnifique culture. Un pays qui, à travers les montagnes et les villages remplis de chefs d’œuvres architecturaux, nous offre de beaux trésors en matière de vins et spiritueux surtout lorsque l’on parle du Domaine des Tourelles.

Ce domaine fut fondé en 1868 par un certain François Eugène Brun, un Français ayant pris le Liban comme terre d’accueil. Ce fut la première cave-entreprise vinicole du Liban et est à ce jour l’un des plus anciens domaines de ce magnifique pays.

Le Domaine des Tourelles a été vite reconnue pour la beauté et la qualité de ces vins. Il est d’ailleurs considéré comme le ‘’must des vignobles’’ au Moyen Orient. Cependant, l’une des plus belles aventures du Domaine des Tourelles a vu le jour au début du 20e siècle avec la création de son arak. Qu’est qu’un arak? Un arak (mot qui signifie sueur ou transpiration) est une eau de vie que l’on produit à base de raisins. Suite à une double distillation de cette eau de vie à l’intérieur d’un alambic, on y ajoute une quantité d’anis et repasse le tout à l’intérieur du système afin de concentrer les arômes anisés. Par la suite, le tout est reposé à l’intérieur de jarres en argile. Ce procédé permet une constante respiration de l’alcool ce qui permet à la part des anges de bien s’évaporer.

Dans le cas du Domaine des Tourelles, nous avons accès à deux (2) types d’arak. Le premier étant l’Arak Brun. Cet arak incroyable est le fruit d’une distillation de deux (2) cépages – l’Obeidi ainsi que le Cinsault – dans lesquels le domaine a manuellement sélectionné les bons raisins. Suite à une fermentation du marc de ces raisins, le domaine procède à une première distillation dans de petits alambics du 19e siècle, qui amène l’alcool entre 45 et 50% d’alcool. Vient ensuite la deuxième distillation dans le but d’amener le tout entre 69 et 71% d’alcool. C’est à ce moment que le domaine y ajoute de l’anis vert frais et redistille le tout jusqu’à 86% d’alcool. Dans le cas du Domaine des Tourelles, nous gardons simplement le cœur de chacune des distillations. Ce procédé permet à l’Arak Brun d’offrir le maximum d’arômes et de saveurs et ce, même si le tout est ajusté à 54% d’alcool grâce à une dilution d’eau. Pour terminer, l’Arak Brun est reposé pour douze (12) mois dans des jarres traditionnelles en argile. Ce petit vieillissement lui offre une douceur et une rondeur simplement délicieuses et parfaitement équilibrées. Le deuxième arak que nous offre le Domaine des Tourelles est la version vieillie pour une période de soixante (60) mois en jarres d’argile.

Au Liban, l’arak a bel et bien un triste problème. Plusieurs faux araks circulent à travers le pays, ce qui est très dangereux pour le consommateur. Afin d’offrir des araks à faibles coûts et de maximiser les revenues, certains malfaiteurs n’effectueront pas les coupes nécessaire au niveau de la distillation et offrent un alcool contenant énormément de ‘’tête de chauffe’’ à l’intérieur. Ce problème peut être extrêmement dangereux avec une grande ou moyenne consommation. De plus, plusieurs producteurs ne prendront pas une réelle eau de vie de raisins afin de faire leurs araks. Au Domaine des Tourelles, c’est dans un principe de ‘’vigne à la bouteille’’ que l’arak est construite et ce, à travers plusieurs générations du domaine. Et bien sûr, cette qualité se fait bel et bien présente dans la bouteille.

Comment on boit l’arak? Bien, il faut d’abord apprécier les goûts anisés. L’Arak Brun, à 54% d’alcool, offre bel et bien ce goût très prononcé de l’anis avec une subtilité terreuse. Un caractère intéressant et enveloppant. Il peut facilement être dégusté à son état brut mais sinon, il est excellent avec un simple ajout d’eau tonique et zeste de lime, dans un ‘’Arakirinha’’ (une recette de Caipirinha dans laquelle on remplace la chachaça par l’arak) ou voir même un ‘’Kubbeh Libre’’ (4 oz de jus de pomelo, 2 oz d’arak et quelques feuilles de menthes).

À 42.00$ à la SAQ, c’est une découverte assurée qui vous fera certainement voyager et ce, dans le charmant confort de votre salon. Pour ma part, l’Arak Brun m’a non seulement permis de voyager, mais m’a aussi ramené en enfance avec son goût parfaitement anisé qui rappel la bonne vieille réglisse noire du bon vieux temps.

Bonne découverte et surtout bon voyage!

Images fournies par le Domaine des Tourelles

Images fournies par le Domaine des Tourelles

Terra Dourada… Une cacha quoi?

Oh At The Copa… Copa Cabana! La La La La La… La La La…

Mes amis, cette semaine nous célébrons le Brésil, pays hôte des supers Jeux Olympiques d’été! On célèbre ce magnifique pays avec un spiritueux méconnu, mais qui mérite pleinement notre attention! J’ai nommé la cachaça!

Qu'est-ce qu'une cachaça? La cachaça est ce qu'on appelle une eau-de-vie de canne à sucre. Même si on la surnomme souvent ''la cousine du rhum'', elle a une conception et une culture bien à elle. Mais pour bien comprendre la différence, nous devons voir l’histoire de cette délectable eau-de-vie !

L’histoire de la cachaça débute vers le début du 19e siècle alors que le Portugal transfert la totalité de sa production de sucre et canne à sucre au Brésil. Les paysans et/ou esclaves ont bien sûr une certaine ‘’soif’’ d’alcool, mais le tout se trouve très difficilement. C’est alors que certains se sont rappelé ce que leurs cousins Européens consommaient… Le rhum! Rhum fait directement de la canne à sucre. C’est alors que ces charmants paysans et/ou esclaves se sont mis à prendre le jus de canne qu’ils produisaient et ce sont mis à le faire chauffer. Mais contrairement aux Européens et leurs rhums, il était extrêmement difficile pour le peuple Brésilien de trouver de l’eau potable afin de diluer leurs spiritueux. De ce fait, ils ont donc décidé de réduire la température de chauffe afin que le produit sorte entre 38 et 50% d’alcool. Ce processus a, en effet, donné un résultat incroyable! Un résultat rempli de saveurs avec un caractère riche en arômes! C'est donc dans le début des années 1900 que les Brésiliens et la cachaça ont envahi le globe et ce,pour notre grand bonheur.

Malgré tout, la Cachaça est encore méconnue dans le marché des spiritueux. Pour vous donner un exemple, le Québec offre simplement trois noms de cachaça et ce, en grande partie grâce au tournoi de la FIFA qui a eu lieu il y a quelques années.

Dans le monde des cachaças disponibles ici, il y a Terra Dourada. Terra Dourada est une jeune maison qui a été fondée en 1999. Une entreprise magnifique qui fonctionne encore sous de vieilles traditions brésiliennes avec une sélection de canne fait à la main.

Cette maison offre trois produits, mais au Québec, nous n’avons que deux d’entre eux soit la ‘’Silver’’ ainsi que la ‘’Ouro’’ (Or en français). Deux versions complétement différentes! Tout d’abord, les deux tirent un pourcentage d’alcool de 38%. La Silver répond parfaitement à une traditionnelle cachaça pour les cocktails avec des notes de mangues séchées, des notes légèrement salines et même mentholées. Bref… Un Caipirinha est très agréable avec cette cachaça! De l’autre côté, nous avons la ‘’Ouro’’! Voilà un produit de dégustation avec des notes plus boisées, plus fruitées avec soupçons de caramel à l’intérieur. Cette version me donne l’impression de croquer dans une canne à sucre… C’est vraiment intéressant! Bref! Tout comme son pays, cette maison de cachaça mérite fortement d’être connue.

Ah! Avant que j'oublie, voici la recette pour un Caipirinha plus que parfait!

Ce qu'il vous faut?
2 OZ de cachaça
0.5 OZ de sirop simple
0.25 OZ de jus de lime
deux quartiers de limes coupés.

Comment faire? Mettez vos morceaux de lime dans un verre. À l'aide d'un pilon, écrasez les morceaux de lime dans le sirop simple. Mettez quelques glaces dans votre verre. Versez-y votre cachaça ainsi que votre jus de lime. Remuez le tout à l'aide d'une cuillère et vous n'avez qu'à apprécier votre plus que parfaite Caipirinha!

Obrigado!