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L’effet «mère nature» sur les spiritueux!

2017 n’est pas encore terminée, c’est vrai! Cependant, je crois que nous pouvons tous dire que ce fut une année record en matière de dégâts  climatiques. Le printemps a offert à certaines régions européennes des gels incroyables. L’été a amené avec lui une solide dose d’orages, de pluie et… D’ouragans! L’automne est à peine débuté que nous parlons déjà d’El Nina, un système climatique qui amènera aussi son lot de catastrophes naturelles. Est-ce que tout cela aura un impact sur l’univers des spiritueux? Peut-être bien que non... Peut-être bien que oui! Quel sera l'intensité de cet impact? C'est ce que nous tentons tous de savoir. Regardons ensemble certaines industries touchées afin de comprendre l'ampleur des dégâts.

Les cannes de la Martinique

Les cannes de la Martinique

Débutons avec la catastrophe la plus récente, l’ouragan Maria qui a grandement touché les caraïbes. Elle a ravagé la terre de production de plusieurs entreprises de rhums. Bien sûr, plusieurs de ces entreprises n’auront pas de grands problèmes dans les prochains mois ou prochaines semaines puisque qu’elles pourront simplement s’approvisionner en mélasse dans une autre entreprise, voire même dans un autre pays. C’est le cas des maisons situées à Porto Rico, République Dominicaine, Cuba et plus encore. Malheureusement, ce n’est pas le cas de certaines maisons de rhums, comme celles situées en Martinique. Même si Maria ne fut pas la pire des ouragans pour l’industrie du rhum de ce pays, reste tout de même qu’elle a réussi à coucher/affecter plus de 40% de la canne à sucre dans le nord de l’île. Avec cette information, on doit prendre en considération que les périodes de plantation et de croissance de la canne à sucre s’étalent de Juillet à Novembre. Donc, quand une grande catastrophe comme Maria arrive, cela a un impact considérable sur la croissance de la canne. Certaines des cannes touchées n’avaient que six (6) mois de croissance. Elles avaient encore du chemin à faire avant d’avoir une certaine maturité. Avant d’être assez forte. N’étant pas assez forte pour se relever, elles sont devenues de la nourriture facile pour les rongeurs et autres animaux. De plus, les bourgeons de la tige ont donné ce qu’on appel dans le jargon des «demoiselles». En créant ces «demoiselles», la canne perd davantage d’énergie et a nul le choix que de délaisser certaines richesses. Elles se gorgent de fibres ligneuses plutôt que de sucre. Bien sûr, tous ces points réduisent le rendement lors de la récolte de la canne et par le fait même, dans la production de l’alcool. Heureusement, certaines portions/plantations de la Martinique ont eu plus de chance en étant à peine touchées. Cependant, n’oublions pas que la Martinique est sous une appellation (AOC) en ce qui concerne son eau-de-vie, son rhum. De ce fait, une distillerie voulant garder son appellation, ne peut faire appel à un producteur de canne n’étant pas sur une des terres agréées par l’AOC. Elle doit vivre dans l’attente d’une canne mature sur l'une des terres autorisées par l'appellation. Marc Sassier, président de l’AOC, me confirmait que nous pourrions voir une hausse de prix chez les producteurs touchés. Ils doivent se relever et ce sera à nous, les consommateurs, de comprendre la réalité et de continuer d’encourager cette magnifique industrie qu’est le rhum agricole martiniquais. Mais qu’en est-il des rhums de mélasse? Est-ce que les entreprises derrières cette industrie feront aussi faire grimper les prix? Peut-être! Même si la fabrique obtient un bon rendement avec sa matière première, reste que le paysage autour a été grandement touché. Reste que la distillerie devra débourser des sommes assez incroyable pour réparer certains dommages.

Quand le gel se pointe dans le débourrement...

Quand le gel se pointe dans le débourrement...

Outre le rhum, l’industrie des spiritueux français a aussi été grandement affectée par certains problèmes climatiques. Les mois d’Avril et Mai ont amené avec eux quelques gels qui ont fait des dégâts considérables dans les vignobles français. Alors que le débourrement de la vigne se fait en Avril, on peut y voir quelques ébauches de la grappe. Pour bien évoluer, cette partie s’accumule d’eau. Vous comprendrez donc que lors d’un gel (-2 à -4°C), le cycle arrête brutalement et par le fait même, la vigne cesse de gagner en maturité, cesse d’évoluer. Cela a affecté entre 10 et 20% de la récolte à l’intérieur du vignoble de l’armagnac. Pour le cognac, ce fut bien pire! On parle de plus de 30% de la récolte qui a été affecté. Heureusement, les dommages au niveau de la production des eaux de vie furent moins importants que nous l’avions estimé au printemps. D’ailleurs, Thomas Quintard, un bon ami et propriétaire du Domaine Du Frolet (Cognac Quintard Frères), me mentionnait que malgré une certaine perte sur ces récoltes, la qualité du vin actuel devrait offrir une eau de vie remarquable. Moins de liquide, mais un sacré beau liquide. Thomas me mentionnait aussi que si lui a eu cette chance, ce ne fut pas le cas de certains de ces collègues. Certains d’entre eux n’ont absolument rien récolté pour 2017. Une catastrophe économique monstrueuse pour eux, me disait-il. Avec de telles circonstance, vous en conviendrez qu’une légère hausse des prix pourra aussi se faire voir sur des produits de plus petites maisons, mais reste que les grandes (Hennessy, Martell, Courvoisier, Gautier et plus encore) sont prêtes pour de telles problématiques. Après tout, elles ont un stock phénoménal et… Elles ont toutes vécu le gel de 1991! J'ai d'ailleurs bien hâte d'entendre le résultat des distillations, qui seront faites sous peu!

L'ami Thomas Quintard

L'ami Thomas Quintard

Le Calvados? Il s’en est bien tiré. En fait, comme M. Guillaume Drouin me l'expliquait, la problématique est plutôt au niveau des grandes chaleurs que la région de Normandie a connu. À cause de ces grandes chaleurs, les vergers de la Normandie ont vu leurs récoltes se faire plus de trois (3) à quatre (4) semaines à l’avance, mais tout comme en Charente, le fruit est excellent cette année et par le fait même, amène un cidre d’une très belle qualité pour le Calvados.

Un verger normand

Un verger normand

Le monde du whisky a aussi eu ses peurs. Il y a quelques jours à peine, un ouragan du nom d’Ophelia frappait les côtes de l’Irlande ainsi que de l’Écosse. Plusieurs dégâts, mais reste que l’industrie du whiskey et du scotch n’a pas été endommagé outre quelques pertes de productivité, faute d’électricité. Fiou!

Mère nature nous a définitivement montré sa puissance cette année et encore une fois, 2017 n'est pas terminée! Voyons voir ce que l'avenir nous réserve. Thomas m'a partagé son positivisme en me rappelant ce que les anciens de l'industrie mentionnent. «Suite à une année de récolte médiocre, la prochaine devrait être remarquable! Si mère nature le veut bien...»

Encore une fois, ce sera à nous, les consommateurs, de comprendre certaines hausses et de continuer à encourager les producteurs de ces magnifiques spiritueux.

 

L’âge et la sagesse

Au cours du week end, j’ai eu le privilège de présenter le prestigieux Macallan Rare Cask à plusieurs dizaines de personnes. Un événement vraiment incroyable qui a aussi fait réaliser quelques points très importants à divers consommateurs.

Avant d’aller plus loin dans les explications, laissez-moi-vous présenter ce Rare Cask. Produite par la maison
Macallan, cette bouteille se détaille actuellement à plus ou moins 400.00$ (CAD). Bien sûr, Macallan, située dans la région de Speyside, est grandement reconnue dans l’industrie du scotch pour son expertise en tonnellerie et même au niveau de l'exploitation des fûts, surtout ceux ayant préalablement contenu du sherry. Avec cette expertise, la maison réussit actuellement à offrir quelques gammes de produits. L’une des plus connues est la série 1824, une gamme qui a été créée sans mention d’âge, faute de scotch assez mature pour continuer la lignée des mentions d'âge. La grande particularité de cette série est la façon que Macallan a utilisé les bois pour concevoir chacun des produits qui se trouvent à l'intérieur de la gamme. Par exemple, le Gold est un assemblage de diverses eaux de vie qui ont été reposées à l’intérieur de différents fûts dont une grande majorité en fûts de chêne américain alors que le Sienna est un assemblage de diverses eaux de vie provenant davantage de fûts de chêne européen. En travaillant ainsi avec différents fûts, Macallan peut démontrer son art en matière de tonnellerie. Cet art, on peut facilement la voir à l’intérieur du Rare Cask. Tout comme les autres scotchs de la maison, l’eau de vie de ce produit est faite à l’aide de très petits alambics, probablement les plus petits de l’Écosse. Ces systèmes offrent un produit plus huileux, plus riche et avec plus de corps. Par la suite, Macallan fait vieillir cette eau de vie à l’intérieur de quelques fûts ayant préalablement contenu du grand sherry pendant un grand nombre d’années. Alors que les produits de la gamme 1824 peuvent être un assemblage de plus de deux cent (200) fûts différents, le Rare Cask est tant qu’à lui conçu à l’aide de seize (16) différents types de fûts. Le plus jeune étant de quatorze (14) ans alors que le plus vieux de trente (30) ou trente-deux (32) ans. Tout cela offre un produit fruité avec de belles notes de cacao et quelques belles notes de torréfaction. De quoi de sublime selon moi. Mais est-ce que tout le monde apprécie un tel scotch ? Un scotch à 400.00$ ? Non ! C’est ce que plusieurs ont réalisé lors de la dégustation. Ils ont réalisé que l’âge, n’amène pas nécessairement la sagesse ou même un produit «coup de cœur».

Dans l’univers de plusieurs spiritueux, l’âge est bien plus qu’un signe de douceur. C’est en fait un procédé. Une conception. Chez certaines maisons de productions, un douze (12) ans représente un spiritueux fait à base d’un tel alambic et assemblé de telle façon alors que le quinze (15) ans de cette même maison sera fait dans un autre type de système et assemblé d’une autre façon. Cela offrira peut-être un spiritueux plus âgé qui aura une finale plus persistante, plus accrocheuse et qui donnera l’impression d’être moins doux que le douze (12) ans. 

Les fûts jouent aussi un rôle incroyable au niveau du produit final. Macallan nous le démontre très, très bien! Par exemple, plusieurs ont adoré le Double Cask 12 ans. Ce dernier, ayant une grande présence de chêne américain, s’offre avec des notes de caramel, vanille et même de malt. Et que dire du Fine Oak 15 ans ? Ce dernier, ayant une présence de fûts dans lequel il y avait préalablement du bourbon, s’offre avec des notes de marmelades et une grande présence de vanille. Cela est pour Macallan, mais c’est aussi le cas de plusieurs maisons de spiritueux. Certaines présenteront un produit plus âgé vieillit dans un type de fût alors que le plus jeune sera dans un autre type de fût. Cela va générer une palette aromatique complétement différente. Peut-être que l’influence de ce fût amènera chez le plus vieux des aromates que vous n’aimez pas du tout alors que le plus jeune aura un certain charme. Un certain «je ne sais quoi» qui vous fera vivre une belle expérience.

À chacun ses préférences. À chacun ses goûts ! Il ne faut pas prendre pour acquis que le plus vieux des spiritueux vous offrira une dégustation incroyable à travers un beau crescendo d’émotions. Prenez le temps de bien vous renseigner. Prenez le temps de poser les bonnes questions. Et soyez sans crainte, aucune question n’est absurde. Votre curiosité est tout à fait normale. Vous êtes d’ailleurs chanceux ! De nos jours, l’information se trouve rapidement sur les réseaux sociaux ou même sur divers moteurs de recherches.

Le whisky Gibson’s Finest!

La prohibition. Histoire sombre ou histoire heureuse? Bien sûr, le côté sombre de la prohibition fait jaser davantage, mais pour l’industrie des spiritueux canadiens, la prohibition a amené de très belles histoires dont celle du Gibson’s Finest, un excellent whisky canadien.

J’avais une bonne connaissance de cette histoire, mais j’en ai découvert beaucoup plus lors de mon entretien avec Joshua Groom, l’ambassadeur global du Gibson’s Finest. Ce dernier, tout comme la gamme Gibson’s Finest, a une histoire fascinante! Anciennement ambassadeur de la gamme Camus, ce dernier a parcouru le monde pour faire la promotion de ce merveilleux Cognac. Il s’est aussi occupé du dossier Ungava Spirits, avant que celui-ci passe entre les mains de Corby/Pernord Ricard. C’est alors qu’il est devenu l’ambassadeur global du Gibson’s Finest, un rôle qu’il remplit merveilleusement bien! «Pour bien déguster Gibson’s Finest, tu dois comprendre l’histoire derrière. Pour bien déguster ce whisky, tu dois aussi comprendre l’identité de tout ce qui entoure le nom! » me dit-il.

Brian Kinsman (Photo fournie par Gibson's Finest)

Brian Kinsman (Photo fournie par Gibson's Finest)

Cette histoire débuta au début du 19e siècle alors qu’un irlandais du nom de John Gibson émigra aux États-Unis, plus particulièrement dans la ville de Philadelphie. Déjà à un jeune âge, ce jeune homme travailla dans une entreprise d’alcool. À temps perdu, il distilla sa propre eau-de-vie pour sa consommation personnelle, mais aussi pour une petite revente. En 1856, avec plusieurs années d’expériences et avec une connaissance incroyable du marché des alcools, il créa Gibsonton Mills. Malheureusement, quelques années plus tard, John Gibson quitta ce monde. La distillerie fit remise à son fils Henry, alors dans la vingtaine. Ce dernier fit de l’entreprise de son père un réel succès! Les produits de la maison sont vite devenus reconnus à travers l'Amérique! Henry Gibson quitta l’entreprise vers la fin du 19e siècle. En 1919, la prohibition frappe les États-Unis. De ce fait, la distillerie se voit dans l’obligation de fermer les portes. Tristement, elle fut détruite quelques années plus tard. La réserve ainsi que divers équipements de la distillerie furent acquis par une entreprise du nom de Schenley. D’ailleurs, en 1945, cette entreprise déménage certains de ses effectifs à Valleyfield, au Québec, dont certains des stocks de Gibson’s. Au début des années 1970, la distillerie ramène le nom Gibson’s sur certaines bouteilles et ce, avec un whisky complétement canadien à l’intérieur. Aujourd’hui, les produits Gibson’s sont assemblés en Ontario et ce, par nul autre que Brian Kinsman, un maître assembleur grandement reconnue dans l'industrie grâce à son travail avec Glenfiddich! Cet assemblage est l’identité réelle de la gamme Gibson’s Finest! Il faut comprendre que pour cette gamme, les grains (maïs, orge et seigle) sont distillés de façon séparée. Par la suite, chacun des distillats est presque entièrement reposé à l’intérieur d’une barrique ayant préalablement contenu du Bourbon. Une très petite quantité effectuera un passage en fût neuf. Après un certain nombre de temps, M. Kinsman assemble ces différents whiskies afin d’offrir le produit désiré, afin d’offrir l’identité de la gamme Gibson’s Finest! «Mais Yan, est-ce possible d’avoir le pourcentage exacte des différents distillats?» J’ai, en effet, posé la même question à Josh et la réponse fut négative! «Brian fait un travail incroyable pour assurer l’identité de Gibson’s Finest! Je ne te cacherai pas que la recette de l’assemblage peut varier puisque les années nous offriront différents produits. De ce fait, Brian (et son nez incroyable) fait un travail exemplaire pour s’assurer que les arômes soient toujours les mêmes.» D’ailleurs, Josh m’expliquait qu’il en est de même au niveau de l’âge de chacun des whiskies. L’âge indiqué sur la bouteille est bien sur le minimum. Mais très souvent, c’est seulement une indication pour l’identité du produit. Par exemple, RARE (douze (12) ans d’âge) a pour minimum un quatorze (14) ou même un quinze (15) ans à l’intérieur. Il en est ainsi parce que les fûts ont pris plus de temps à offrir ce que Brian recherchait.

Gibson's Finest BOLD (8 ans d'âge)

Gibson's Finest BOLD (8 ans d'âge)

Et les produits? On s’attend à quoi? Débutons la découverte de ces produits avec le BOLD. Ce dernier est actuellement le plus jeune de la gamme. Comme vous pourrez le constater sur la bouteille, on parle ici d’un minimum de huit (8) ans. On parle ici d’un spiritueux très versatile! Avec un 46% d’alcool par volume, le BOLD peut facilement s’intégrer dans un verre de dégustation que dans un excellent cocktail! Le seigle est explosif dans ce produit! Il vous offrira un côté boisé à travers un peu de cannelle, muscade et une (très) douce vanille. J'admet... J'ai grandement apprécié celui-ci et ce, à travers les quelques options dont il m'a été offert.

Gibson's Finest RARE (12 ans d'âge)

Gibson's Finest RARE (12 ans d'âge)

Continuons avec le RARE. Ce dernier est bien différents de son petit frère. Un peu plus «bonbon»! Un peu plus soyeux! Il offre un caractère qui me rappel certains vins chauds avec des notes d’agrumes, cannelle, caramel et une grande présence de bois. Beaucoup plus d’amertume que le plus jeunes. Sa grande popularité se comprend très bien et ce, à la toute première gorgée! Son rapport qualité/prix fait de lui un sacré bon choix pour plusieurs événements.

Gibson's Finest VENERABLE (18 ans d'âge)

Gibson's Finest VENERABLE (18 ans d'âge)

Passons maintenant au VENERABLE. Ce dix huit (18) ans d'âge est très intéressant. À travers le grain de seigle, se fait vraiment voir un arôme d'épices très intense! Cela me rappel les copeaux de bois de la compagnie tabasco. Vient ensuite un côté plus confit comme un gingembre confit. Un bon goût de caramel vient adoucir le tout. 

Outre ces trois (3) produits, vous pouvez aussi mettre la main sur la version STERLING. Je n'ai malheureusement pas eu la chance de déguster cette version.


À plusieurs reprises pendant ce billet, le mot identité a été mentionné. Ce mot est très important aux yeux de Joshua Groom ainsi qu'aux yeux de l'entreprise. C'est pour cette raison que les produits sont ce qu'ils sont. C'est pour cette raison que la gamme n'est pas énorme. C'est pour cette raisons que Gibson's Finest ne touchera jamais l'univers des spiritueux aromatisés. Ils veulent honorer l'identité de la famille Gibson. Ils veulent honorer l'identité de cette histoire. Cette histoire qui a forgée l'industrie du whisky canadien. Et voyez vous, l'entreprise ne cherche pas à faire de gros partenariat afin de vendre ses produits. Au contraire! Elle cherche à s'investir dans la communauté. Elle cherche à s'investir dans le quotidien de ceux et celles qui font le pays que nous sommes. La meilleure exemple que Joshua m'a donné est que l'entreprise ne vise pas les différentes Ligues Nationales dans le sport. Elle vise plutôt les ligues locales. Elle vise plutôt ceux qui peuvent réellement s'identifier à cette sacrée identité.

Actuellement, le Québec a simplement accès à l'édition RARE (douze (12) ans d'âge). Mais Joshua m'expliquait que l'entreprise travaillait afin de nous offrir les autres produits.

En compagnie de M. Joshua Groom

En compagnie de M. Joshua Groom

KM12… Un endroit, une richesse, un nom!

Rendez-vous sur le chemin principale du Mont-Valin et arrêtez-vous au douzième kilomètre! Splendide n’est-ce pas? Visualisez cette beauté naturelle qui vous entoure. Humez cet air si doux… Si pur! Tentez même de trouver la source d’eau qui y coule! C’est à celle-ci que l’on doit l’un des plus récents gins du Québec, le KM12!

D’accord… D’accord… C’est non seulement à cette eau, mais aussi à la famille Bouchard que l’on doit ce superbe gin! Il y a déjà prêt de quatre (4) ans, Serge et ses deux (2) fils, Jean-Philippe et Benoit, se sont mis en tête de construire un excellent gin à même le terroir de leur petit coin de pays, le Saguenay.  Bien sûr, le gin est une affaire de famille. Étant de grands amoureux de ce spiritueux depuis longtemps, ils se sont mis à rêver à la conception d'un gin, mais boréal. Un «London Dry Gin» nordique. Ce rêve est vite devenu réalité lorsqu’ils se sont mis à réfléchir à une recette. Benoit, étant chimiste, pouvait facilement imaginer certaines conceptions.  Mais ces réflexions furent grandement alimentées par un ami de la famille, biologiste.  Tel que mentionné ci-dessus, le but était d’utiliser des ingrédients qui se trouvent facilement et rapidement, mais qui offrent l’équivalent aromatiques des ingrédients classiques. Sur papier, les recettes abondaient. Il fallait donc les tester. De ce fait, la famille Bouchard a fait l’achat d’un petit alambic qu’elle a installé dans ces locaux, situés dans un cartier commercial de Falardeau. Pour bien opérer le tout, père et fils ont effectués plusieurs heures de recherches et de lectures, mais il leur en fallait plus. Ils sont tous les trois (3) partis dans l’ouest canadien pour quelques jours/semaines afin de suivre une formation intensive sur la distillation et même plusieurs autres composantes de ce métier fascinant. À leur retour, les tests ont débutés. Après plusieurs longues heures… Même après plusieurs longues journées… Ils ont finalement réussis à concevoir ce qu’ils avaient en tête. Ils ont réussis à réaliser leur rêve. Ils ont réussis à faire vivre le KM12 et de l’embouteiller avec de magnifiques aromates boréals.

Les botaniques (Photo fournie par la Distillerie du Fjord)

Les botaniques (Photo fournie par la Distillerie du Fjord)

La conception complète de ce gin se fait dans un procédé de macération. En premier lieu, il y a une macération des baies de genièvres à l'intérieur d'un alcool à grain neutre. En deuxième lieu, il y a une macération des autres botaniques comme le poivre des dunes, du nard de pinèdes, des pousses de sapin baumier et même des feuilles de framboisier sauvage. Les deux (2) macérations se font séparément afin d'assurer un équilibre plus que parfait. Avant la distillation, le tout est parfaitement assemblé. Pas si mal comme processus, non? Ah... Et croyez-vous que les botaniques sont achetés dans une boutique ou chez un fournisseur? Il en est pas question! Il était très important pour la famille Bouchard de s’entourer des meilleurs et ce, même au niveau des botaniques. Ils ont donc fait appel à des cueilleurs professionnels qui parcourent les forêts afin de mettre la main sur les ingrédients clés du KM12. Chaque membre de la famille y met aussi l’effort. Cela rappel d’ailleurs l’histoire d’un autre gin du Québec, le Canopée! Mais revenons à nos moutons ou plutôt à nos botaniques! Ceux-ci génèrent au KM12 des arômes grandement intéressants. Le coté pinède y est, c’est certain! Mais il y a aussi un léger eucalyptus. Il y a aussi une certaine fraîcheur d’agrumes à travers quelques notes plus florales. De plus, il faut aussi souligner qu’il est embouteillé à 40% d’alcool par volume. Afin d'amener l'alcool à ce pourcentage, la distillerie dilue le tout avec une eau de source qu'elle récupère au douzième kilomètre du Chemin du Mont-Valin, ce qui explique le nom de ce gin. Cela étant dit, il est doux. Très doux! D’ailleurs, il faut faire attention si on le sert en «Gin Tonic» puisqu’une trop grande présence d’eau tonique peut facilement masquer ce gin tellement il est doux. Ce gin deviendra fort probablement LE chouchou de la province. Pourquoi? Parce qu’il est d’une si grande simplicité. Parce qu’il est aussi très versatile. Probablement pour ces raisons que ce gin a remporté plusieurs médailles dont le San Francisco Spirit Award.

L'alambic (Photo fournie par la Distillerie du Fjord)

L'alambic (Photo fournie par la Distillerie du Fjord)

Est-ce que cette histoire de famille s’arrêtera au gin? Pour l’instant, les affaires vont bien. Très bien même! Lors de la première sortie, 1,500 bouteilles se sont vendu et ce, en l’espace de vingt quatre (24) heures! Malgré tout, la famille Bouchard démontre grandement son intérêt pour différents spiritueux dont ceux à base de grains, pour ne pas dire whisky, mais chaque chose en son temps!

En terminant, je vous invite fortement à consulter la page facebook de l'entreprise afin de visionner leurs magnifiques vidéos, mais aussi pour en connaitre davantage sur les disponibilités de ce charmant produit.  

Absintherie des Cantons

Bien que la production et distribution de l’absinthe fussent interdites en Suisse (1910), aux États-Unis (1912) ainsi qu’en France (1915), le Canada n’a jamais instauré de réelles lois pour ce spiritueux. Malgré tout, ce n’est qu’en 2007 que l’une des premières absinthes fut conçue sur le terroir de la feuille d’érable. Avec l’industrie grandissante des spiritueux artisanaux au Québec, nous devions nous attendre qu’un tel produit voie le jour sur nos tablettes. En 2010, la Distillerie Fils du Roy annonçait la Courailleuse, une absinthe verte à plus de 72%. Récemment, un autre joueur est apparu dans le milieu de l’absinthe du Québec en créant l’Absintherie des Cantons. Pour bien vous présenter le tout, je me suis rendu directement à la fabrique afin d’en connaitre davantage sur cette aventure et sur celui qui a tout initié.

Jean-Philippe Doyon ne le cache pas. Même si plusieurs lui offre le nom de distillateur, il est avant tout un absintheur! Le projet de l’absintherie a débuté il y a déjà quatre (4) ans. À l’époque, Jean-Philippe travaillait dans la production artistique. «Le tout peut sembler cliché, mais c’est un peu de cette façon que l’absinthe est arrivée dans ma vie. En étant dans le milieu des arts, l’absinthe est un spiritueux qui est grandement rattaché à ce milieu. C’est donc devenu un amour inconditionnel!» me disait-il. Avec cet amour, il s’est aussi mis à rêver à une production d’absinthe. «J’effectuais des heures et des heures de recherches et même d’essais en matière de conception d’absinthe. J’ai aussi fait un voyage en Suisse et en France. Durant ce voyage enrichissant, j’ai eu l’opportunité de visiter une quinzaine de distilleries, dont certaines étaient clandestines! L’absinthe devenait de plus en plus une réelle obsession. Au point tel que je me suis inscrit dans un cours en démarrage d’entreprise. Durant ce cours, nous avons aussi accueillis des stagiaires et nous avons travaillé sur un plan qui est finalement devenu ces quatre murs!» me raconta Jean-Philippe.

Petit alambic de 400L

Petit alambic de 400L

L'Absintherie des Cantons

L'Absintherie des Cantons

Construire une distillerie… Chose facile? Oh que non! Il faut avoir les nerfs solides pour être dans cette industrie et Jean-Philippe le confirme. Dès lors de l’élaboration du plan d’affaire, plusieurs sommes d’argent ont dû être déboursées pour plusieurs conformités. Par la suite, il y a les délais au niveau de certaines ententes, au niveau des permis, au niveau des équipements et plus encore. Par exemple, il a officiellement eu les clés du bâtiment en Septembre 2015, mais ce n’est qu’en Juillet 2017 que les produits furent distribués à la SAQ. Ces délais se transforment en sommes d’argent qui dorment ou qui se perdent. De ce fait, le jeune entrepreneur de 27 ans s’est entouré de quelques mentors/partenaires. «Au Québec, voire même au Canada, lorsque tu décides de te lancer dans un projet de distillerie, tu dois y aller jusqu’au bout! C’est épeurant avec tous les frais ainsi que toutes les procédures, mais en bout de ligne… Le tout en vaut grandement le coup!» me disait-il. Bien sûr, Jean-Philippe n’a pas pris la route la plus simple. Il vient du milieu artistique et le tout se voit dans son art, dans son absinthe. Il aurait facilement été capable d’acheter divers botaniques afin de produire ses spiritueux, mais il était primordial pour lui d’avoir le contrôle total. De ce fait, il a développé une entente avec un producteur de qui il loue une portion de terre afin de cultiver ses plantes. «En tant qu’absintheur, il est important pour moi de cultiver les plantes à ma façon. Le résultat, celui que je recherche, est ainsi assuré dans le liquide!» dit-il. Et le résultat est effectivement superbe avec deux (2) absinthes et un (1) gin

La grande absinthe

La grande absinthe

Les produits de l'Absintherie

Les produits de l'Absintherie

Pour bien comprendre le résultat de ces produits, il faut bien sûr jeter un coup d’œil à leur conception. Débutons avec l’absinthe. Afin de bien produire son absinthe, Jean-Philippe utilise plus de 40KG d’herbes et de plantes (douze (12) variétés différentes) qu’il fait macérer à l’intérieur d’un alcool à grain neutre à base de blé. Il était important pour lui d’utiliser cet alcool à base de blé puisque c’est définitivement ce qui est utilisé dans les plus vieilles traditions d’absintheur. Le tout est soigneusement distillé à l’intérieur d’un petit alambic de 400L. Les coupures des têtes, du cœur et des queues se font de façons minutieuses. Un petit fait inusité, une partie des queues est utilisée lors de distillations futures afin de collaborer avec les huiles. Suite à la distillation, l’alcool qui en ressort est relativement élevé. Bien sûr, le jeune entrepreneur dilue le tout à 53% pour la Fleur Bleue et 68% pour la JoualVert et ce, avant de laisser les bouteilles reposer pendant un minimum de deux (2) mois. Selon Jean-Philippe, cela est un procédé très souvent négligé par certains distillateurs. Outre la teneur en alcool, quelle est la différence entre les deux (2) absinthes? La JoualVert, médaillée d’argent au World Spirit de San Francisco, a cette magnifique teinte verte. Le tout est le résultat d’une coloration à l’aide d’une macération après distillation de quatre (4) herbes dont l’hysope, la petite absinthe, la mélisse citronnée et une petite plante secrète. Drôlement, cette dernière s’offre à travers une magnifique finesse. Avec des notes anisées, une très belle amertume fait sa présence à mi-chemin dans la dégustation. Il y a aussi un superbe «kick» de menthe et même de citron vers la fin qui offre une fraîcheur vraiment agréable. La Fleur Bleue, médaillée d’or au World Spirit de San Francisco, présente bien le coté anis/fenouil à travers un profil moins amer et un brin plus sec. Dans les deux (2) cas, l’expérience est fascinante avec un essai du produit à son état brut ainsi qu’un essai dans la tradition avec une fontaine et un cube de sucre.

Malgré ses deux (2) absinthes, Jean-Philippe voulait tout de même créer un spiritueux plus «accessible» pour le consommateur. Un spiritueux auquel il était facile de s’attacher. De ce fait, il a créé Wendigo, un gin construit avec les botaniques traditionnels, mais aussi avec de l’argousier. La conception de ce gin se fait d’abord à l’aide d’une macération de botaniques dans un alcool neutre. Dans ces botaniques, nous y trouvons du genévrier, de la coriandre, de la cardamone, de la verveine citronnée, de la racine d’angélique et bien sûr, de l’argousier. Suite à cette macération, une distillation/infusion se fait à travers un panier de botaniques contenant une petite partie de ceux utilisés en macération. Embouteillé à 42.9%, ce gin se pointe avec le genièvre, l’agrume et un punch très intense d’amertume. Ce gin a d’ailleurs remporté une médaille de bronze au World Spirits de San Francisco.

En compagnie de Jean-Philippe Doyon

En compagnie de Jean Philippe Doyon

Est-ce que l'absintheur prépare de nouveau produits? Pour l'instant, il préfère ne pas répondre. Tel que mentionné à maintes reprises, son amour pour l'absinthe le pousse à faire connaitre ce produit davantage. Mais ne sait-on jamais! 

Le rhum Sainte-Marie!

Dans la prochaine semaine, un tout nouveau spiritueux verra le jour au Québec. Un spiritueux réellement conçu à l’intérieur de la province, sur le sol montréalais. Un spiritueux qui fera revivre un pan d’histoire. Un spiritueux qui rendra hommage à ce qu’on appelait autrefois «le faubourg à m’lasse», un quartier de Montréal disparu en 1963. Ce spiritueux est le rhum épicé Sainte-Marie, un produit de Distillerie Wolfelsberger en collaboration avec certains partenaires. Dans le but de bien vous présenter ce produit, je me suis rendu à la distillerie afin d’assister à une partie de son élaboration et plus encore.

Pour bien comprendre l’élaboration de ce rhum, il faut d’abord prendre connaissance de l’équipe derrière ce produit. D’un côté, vous avez M. Sylvain Lague. Ce dernier, un jeune entrepreneur avec une connaissance incroyable dans l’univers des alcools, a œuvré à la SAQ pendant plus de huit (8) ans avant de basculer vers une agence d’importation en vins et spiritueux. Par la suite, il a été «brand manager» pour divers produits. C’est à cette époque qu’il a fait connaissance des grands noms de l’industrie du cocktail et de la mixologie. À travers le temps, un désir de concevoir des spiritueux s’installa en lui. La Vodka White Keys fut son premier projet. C’est aussi dans l’élaboration de ce produit qu’il fit la rencontre d’un distillateur incroyable, Lilian Wolfelsberger. Ce dernier, distillateur de longue date, est arrivé au Québec en 1993 suite à plusieurs expériences de distillations en Franche-Comté. À l’époque, il fonda l’une des premières distilleries dans les Cantons de l’Est. C’est avec un alambic de 1930 que son associé de l'époque et lui ont reçut l’un des premiers permis de distillateurs au Québec. Mais pour différentes raisons, le projet n’a pas tenu. En 2014, ce professeur de politique décide de faire renaître le projet, mais cette fois, au cœur de Montréal et ce, avec un superbe alambic charentais de l’entreprise Chalvignac.

Alambic Charentais

Alambic Charentais

Comment l’idée d’un rhum est arrivée à un «bouilleur de cru», à un distillateur de fruits? «Nous ne voulions pas de gin! Un whiksy? Bien sûr! Mais attendre trois (3) ans, c’est un peu de la folie! À travers mes expériences, j’ai distillé plus de vingt-deux (22) fruits! Le Québec offre un beau terroir dans le domaine des fruits, mais rien n’est constant et rien n’est assuré. Nous avons donc réfléchi à une matière première que nous pouvions avoir de façon permanente. Stéphane Dion, copropriétaire de la distillerie, a eu la brillante idée de créer un rhum québécois et a réussi à dénicher une mélasse exceptionnelle du Guatemala. Le plan s'annonçait prometteur! D’autant plus que le vieillissement minimum pour un rhum est d’une année seulement ce qui n’est tout de même pas si mal!» me disait M. Wolfelsberger.

Je l’avoue, j’étais septique face à ce rhum «du Québec». Je me posais plusieurs questions sur l’élaboration et bien plus encore. Suite à cette visite ainsi qu’à cette rencontre, je peux immédiatement vous dire que ce rhum québécois connaîtra un réel succès et ce, pour plusieurs raisons.

M. Wolfelsberger en plein travail

M. Wolfelsberger en plein travail

Le brouillis

Le brouillis

Parlons un peu de sa conception. La matière première est une mélasse verte du Guatemala. Une mélasse qui offre un coté terreux à l’eau de vie. Cette mélasse est fermentée pendant plus de cinq (5) jours alors que traditionnellement, on parle plutôt de quarante-huit (48) à soixante-douze (72) heures. Au niveau de la distillation, le «bouilleur de cru» offre à son alambic charentais la chance de s’exprimer comme il se doit avec une double distillation. On produit d’abord un brouillis à plus ou moins 30% d’alcool/volume. Le tout prend près de douze (12) heures. Par la suite, on y va pour la bonne chauffe qui, après une distillation de plus de seize (16) heure ainsi que suite aux coupes nécessaires, offre une eau de vie à plus ou moins 72% d’alcool/volume. Le tout est d’ailleurs mis en barrique à ce niveau d’alcool. Chez Sainte-Marie, ce vieillissement est très important. Lorsque les premières images de la bouteille ont été dévoilées, plusieurs se posaient la question sur cette teinte très rosée qu’a le liquide. Comment se fait-il que le spiritueux ne soit pas plus foncé? L’équipe de M. Wolfelsberger et M. Lague a réussi à sortir un tonnelier de sa retraite. Ils ont fait concevoir une barrique spéciale. La grosseur de cette barrique fait en sorte que l’alcool est moins en contact avec le bois étant du chêne blanc américain. Le liquide qui est sort est très pâle. J’ai déjà vu des gins vieillis en barrique qui étaient plus foncés. «Ok Yan… Mais cela n’explique pas la robe rosée de ce rhum!» Cette robe rosée provient d’une macération de quelques ingrédients. En fait, il y a deux (2) macérations qui se font pour Sainte-Marie. D’abord, il y a les fruits (cantaloups et canneberges du Québec) et par la suite il y a les épices (Anis étoilé, poivre du Sichuan et piment de la Jamaïque). Au niveau du temps de macération, on parle bien sûr d’un petit secret de la recette. Le tout est par la suite embouteillé à 42.5% d’alcool/volume.

En dégustation...

En dégustation...

«Et le goût? C’est bon?» C’est très différent de tout ce que nous avons l’habitude d’avoir en matière de rhum épicé. Selon moi, nous aurions aussi pu lire «rhum arrangé» sur la bouteille. Généralement, les rhums épicés se présentent avec un certain caramel, une certaine vanille et même une certaine cannelle. Sainte-Marie se présente plutôt avec un début typiquement rhum. Le distillat de la mélasse est très présent. Par la suite c’est un crescendo de piments, anis et se termine sur un petit côté sucré et fruité. Oubliez le Cuba Libre avec ce rhum. Allez-y plutôt avec un zeste d’orange et un simple soda! Allez-y en Old Fashioned! Allez-y dans la plus belle des simplicités pour laisser Sainte-Marie s’exprimer de façon plus que complète.

Sainte-Marie sera disponible sous peu à travers le réseau de la SAQ et ce, vers les trente neuf (39) ou quarante (40) dollars. Sinon, si vous aimeriez le déguster à travers une création d’un de nos talentueux mixologues, prenez le temps de regarder les réseaux sociaux. Quand je disais que Sainte-Marie connaîtra un «buzz» phénoménal, c’est aussi à l’intérieur de cette communauté de mixologues.



Monsieur Lilian Wolfelsberger

Monsieur Lilian Wolfelsberger

Monsieur Sylvain Lague

Monsieur Sylvain Lague

En compagnie de M. Lague & M. Wolfelsberger

En compagnie de M. Lague & M. Wolfelsberger

Le clairin, «rhum du peuple»!

Cette semaine, plusieurs nations célébreront «leur» journée nationale du rhum. Pour plusieurs, le mot rhum est attaché à un pays comme Cuba. Comme la République Dominicaine. Comme la Jamaïque. Comme la Martinique. Mais aujourd’hui, c’est à la nation haïtienne que j’ai envie de dédier cette belle journée du rhum. Nation qui célébrera son 525ième «Jour de la découverte» en Décembre. Nation qui est bien connu dans l’univers des rhums, mais à la fois incomprise.

En Amérique du Nord, les rhums haïtiens sont grandement représentés par un certain Barbancourt, une belle gamme de produits qui fait de plus en plus le bonheur des aficionados du rhum! Cependant, le rhum haïtien est bien plus que ce Barbancourt. Le «vrai» rhum haïtien est en fait ce que l’on appelle le clairin, la petite eau du peuple.

Avant toute bonne chose, qu’en est-il réellement du clairin? Afin d’avoir la meilleure explication possible, j’ai posé la question à nul autre que Michael Moscoso, fondateur de Rhum Barik/Moscoso Distillers. «Le clairin est à Haïti ce que la cachaça est au Brésil. C’est un rhum, mais bien à nous, les haïtiens. Tout d’abord, nous utilisons le jus pur de la canne à sucre (cuit) ou bien un sirp de canne. Il est important que celle-ci provienne de notre terroir. Au niveau de la distillation, je respecte définitivement les vieilles méthodes et ce, même si nous avons la chance d'avoir des équipements (colonnes) performant. Je suis donc en mesure de sortir un distillat à 70% d'alcool/volume, mais très souvent nous y allons pour la méthode complète et ce, sans aucune séparation de la tête, le corps et la queue à une finale de 55% d'alcool/volume. De cette façon, aucune dilution nécessaire et nous avons droit à un profil aromatique tout simplement sublime.»

Un autre grand nom de l’industrie du clairin, M. Lucas Gargano de la maison Velier, mentionne que la fermentation est aussi un des points très importants dans ce monde fascinant des clairins. Celle-ci doit être faite avec des levures sauvages/naturelles. Aucune levure industrielle doit être utilisée. M. Gargano et son entreprise se spécialisent dans le domaine des embouteilles indépendants. Ils parcourent le monde à la recherche des plus merveilleuses eaux de vie, plus particulièrement le rhum. Le clairin fait partie de l'une de leur magnifique aventure. D'ailleurs, l'entreprise Velier a actuellement quatre des plus beaux clairins dans son portefolio The Spirit of Haiti, soit trois (3) produits de type Single Estate (Sajous, Casimir & Vaval) ainsi qu'un assemblage de ces trois (3) derniers.  

The Spirit of Haiti par Velier

The Spirit of Haiti par Velier

Descriptif Vaval

Descriptif Vaval

Descriptif Casimir

Descriptif Casimir

Descriptif Sajous

Descriptif Sajous

Descriptif du World Championship

Descriptif du World Championship

«Le clairin est présent partout en Haïti. Il est servi dans toutes les rencontres sociales. C’est définitivement l’alcool du peuple. Intéressant en cocktail, mais nous l’aimons brut pour ce goût incroyable du terroir. Je me rappel mes plus belles soirées à siroter, voire même décortiquer ce spiritueux avec la belle mère. On le retrouve même dans certains rituels Voodoo en le buvant et en le brûlant! Bref, le clairin est intrinsèquement lié à ce que l’on définit de culture haïtienne.» m’expliquait Sémyr Doggachi, un expert en clairin maintenant établie au Québec et ayant œuvré quelques temps en Haïti. Ce dernier m’expliquait aussi sa déception face au manque de clairin sur les différentes tablettes. Il est vrai que certains acteurs, comme Michael Moscoso, Alexandre Vingtier, l’entreprise Velier et plus encore amènent une belle présence en Europe. Cependant, c’est en Amérique du Nord que le clairin devrait être grandement commercialisé. C’est en Amérique du Nord que nous retrouvons l’une des plus grandes présences d’haïtiennes. Mais le marché, tel qu’il est au Canada et/ou Québec, ne favorise pas l’entrée du clairin. Celui qui a passé plusieurs mois à l’intérieur d’une superbe distillerie haïtienne me disait : «Il y a plusieurs facteurs à prendre en considération pour ce qui est du marché nord-américain. Il y a les lois qui offrent une limite en carbamate d’éthyle. Il y a un certain manque d’éducation en matière d’eau de vie de canne à sucre (rhum agricole). Et… Il faudrait mettre en place une législation pour la classification du clairin. Ce manque donne naissance à une grande confusion autant chez le consommateur que le producteur. Par exemple, à la distillerie, nous avions un procédé bien qui pouvait sembler très différents de celui de certaines maisons de clairin. D’ailleurs, il est très difficile d’avoir une réponse claire et précise sur le clairin. Chaque maison a sa façon de faire et chaque producteur tient mordicus à son procédé. Mais en bout de ligne, nous prenons tous avantage de ce magnifique terroir haïtien afin d’offrir ce que nous appelons clairin… Le spiritueux du peuple! Chose certaine, cette législation doit absolument être faite par le peuple haïtien et POUR le peuple haïtien.»

Pour clarifier un point très important mentionné par Sémyr, il est vrai que les lois (ou limitations) jouent un rôle très important sur la présence de divers produits sur nos tablettes canadiennes. Les spiritueux, comme le rhum, ont une limite de cent cinquante (150) parties par milliard (PPB) pour ce qui est du carbamate d’éthyle. Un fait incroyable est que les liqueurs bénéficient d’une limite de quatre cent (400) parties par milliard (PPB) pour le même sujet. Qu’est-ce que ce carbamate d’éthyle? C’est en fait un composé (déviation bactérienne) qui voit le jour lors de la mise en place d’une fermentation. Et ce carbamate s’intensifie lors de la maturation/vieillissement. Tout cela donne de sacrés mots de tête aux prodcuteurs qui désirent faire présence sur les tablettes nord-américaines. C'est un autre défi difficile.

Produits Nazon

Produits Nazon

«Être producteur de clairin/rhum en Haïti est déjà tout un défi. Mon grand-père était distillateur. Mon père aussi, tout comme son frère. Suite à la FAC en terre étrangère, j’ai travaillé et grandit dans l’entreprise de mon oncle. J’ai fait mes études et mon apprentissage avec celui que l’on appelait Boss Jean. Au début des années 90, les temps furent plus difficiles et j’ai malheureusement lâché le projet. Ce n’est qu’en 2008 que mon père me proposa de reprendre la magnifique machine familiale. Chose que j’ai accepté avec une joie indescriptible. Cependant, l’industrie joue de plus en plus du coude. L’export est aussi très difficile de nos jours. Le manque de législation n’aide pas. Vraiment pas! On doit toujours débattre nos arguments et nos procédures. En Haïti, nous nous battons pour notre survie et ce, sur toutes les facettes.» me disait M. Michael Moscoso. Ce dernier a de quoi être fier. Après plusieurs embûches, Michael a tout donné (temps et argent) afin de faire connaitre son produit autant sur à l'intérieur qu'à l'extérieur des terres haïtiennes. D'ailleurs, lors de nos premiers échanges en 2016, Michael n'avait pas grand revenue sur la production puisqu'il dépensait des frais phénoménal pour envoyer son produit se faire connaitre à l'étranger. Le tout a bel et bien porter fruit puisque plus tôt cette année, son Kléren a remporté quelques médailles. De plus, il produit actuellement une belle variété de spiritueux à un très beau rapport qualité/prix. Et vous savez quoi? Ce n'est que le début! Puisqu'il m'expliquait ses projets incroyables qui seront mis en place sous peu et j'admet que ça promet. Déjà que son amaretto à base de rhum semble très intéressant!

En matière de dégustation, à quoi devons-nous nous attendre avec le clairin? Si vos habitudes de consommations en matière de rhums sont plutôt dirigées vers des produits hispaniques ou britanniques, vous devrez probablement offrir au clairin quelques essais avant de réellement l'apprécier. C’est très différent. Définitivement plus végétal. Définitivement plus brut. Et bien plus encore selon le producteur. Si vous êtes un adepte de rhum agricole dans le style de l’AOC martiniquaise, alors vous risquez de bien apprécier. D'ailleurs, l'édition Sajous de Velier est justement faite à base de la canne de type Cristalline, une canne que l'on retrouve dans l'AOC martiniquaise. «Yan, j’adore le Barbancourt! Cela veut donc dire que le clairin est fait pour moi?» Pas nécessairement! Barbancourt est, en effet, une superbe entreprise haïtienne. Cependant, cette belle entreprise est ce qu’on appelle un rhum. La conception de ce magnifique spiritueux est bien différente du clairin. On parle d’un assemblage de mélasse, de vesou et même de sirop. Malheureusement, la maison n’a pas assez de vesou pour répondre à la grande demande. Le point positif est que Barbancourt peut, en partie, être distribué à plusieurs endroits dont le Québec/Canada. De ce fait, un certain intérêt pour le clairin/rhum haïtien est créé ce qui est bon pour l'industrie. Il faut simplement s’éduquer et savoir à quoi s'attendre avec un réel clairin. Il faut prendre le temps de bien apprécié ce rhum du peuple. Après tout, c'est un peu la mentalité en Haïti... Prendre son temps pour bien apprécier la vie qui nous est offerte! 

Je termine en disant: Haïti... Tu as toujours été magnifique... Tu as toujours été forte... Tu le démontre bien avec ton clairin! Chaque petite gorgée me fait connaitre d'avantage ta culture... Ton histoire... Ton terroir... Et même ton peuple! Avec l'actualité des derniers jours... Je crois que nous avons tous besoin de clairin au Québec!

Kléren Nasyonal par Michael Moscoso

Kléren Nasyonal par Michael Moscoso

L’apport nutritionnel des spiritueux!

De nos jours, l’alimentation est l’un des grands sujets de conversation. On bouge. On mange. On boit. On porte une certaine attention aux calories. On porte une certaine attention aux nutriments. Bref, on se renseigne davantage sur ce que nous avalons. Mais qu’en est-il de l'apport nutritionnel des spiritueux? Qu’en est-il de vos calories ou même de votre intolérance au gluten ?

Ce dernier, le gluten, est un sujet qui est très souvent soulevé. Est-ce qu'il y a du gluten dans les spiritueux? Existe-t-il, comme dans la bière, des produits sans gluten? Bien sûr, le gluten est une composante (ensemble de protéines) que l’on retrouve particulièrement dans le monde des grains/céréales comme l’orge, l’avoine, le blé, le seigle et plus encore. Ceci étant dit, vous en conviendrez que la question du gluten ne s’applique pas aux spiritueux comme les rhums, les gins, les téquilas et même plusieurs vodkas. Cela veut-il dire que des spiritueux de grains, comme le whisky, contiendrait du gluten? Du tout puisqu'au moment de la distillation, plusieurs composants se verront divisés, voire éliminés. C’est le cas des protéines qui forment le gluten. Alors que le moût se transformera en vapeur qui fera chemin à travers l’alambic, les composantes du gluten resteront simplement derrière sans le moindre impact sur le liquide qui en ressortira. Donc au final, les spiritueux sont sans gluten. Cependant, l’industrie n’est pas sans risque pour ceux et celles qui sont des intolérants «extrêmes». Bien que le spiritueux conçu soit sans gluten, il se peut que le produit final ait été contaminé lors de différents processus. La majorité des distilleries travaillent de façon à ce qu’il n’y ait aucune contamination. C’est pour cette raison que dans les grandes maisons de spiritueux, le système d’embouteillage est bien loin des grains, de la fermentation, des alambics et plus encore. Soyez aussi sans crainte pour ce qui est des plus petites maisons. Même si la distillerie est très artisanale et très petite, les chances de contaminations sont rares. Ce sont des professionnels qui se doivent de respecter des règles strictes et ce sont surtout des professionnels qui tiennent à la sécurité de leurs consommateurs.

«Donc si certains composants du moût restent derrière alors que l’alcool se dirige à travers l’alambic, sous forme de vapeur, cela veut donc dire qu’il n’y pas de calories dans mon spiritueux?»

Ah les calories! Un autre sujet qui est souvent soulevé et ce, avec raison. Tel que mentionné dès le début de ce billet, l’apport calorique joue un rôle de plus en plus important chez certaines personnes. On tente de consommer de façon raisonnable et ce, même au niveau de nos consommations alcoolisées. Donc, j’espère ne pas causer une grande vague de déception en mentionnant qu’il y a bel et bien une forte présence de calories dans les spiritueux. Bien sûr, certains spiritueux en contiennent davantage. Mais avant d’aller plus loin, d’où viennent ces calories? L’alcool lui-même en contient! Par exemple, une simple vodka qui arrive à plus de 90% d’alcool par volume peut facilement représenter plus de cent trente (130) calories par once. Une fois assemblée et diluée à 40% d’alcool par volume, cette vodka peut représenter tout prêt de soixante (60) à soixante-cinq (65) calories. On dit très souvent que la vodka et le gin sont justement les alcools les moins caloriques, mais c’est faux. Il est vrai que le gin n’est pas très loin de la vodka avec un apport à plus ou moins soixante-quinze (75) calories par once, mais tout est relatif. Il faut tout de même se renseigner. Il faut tout de même voir la conception du produit. Certains gins ainsi que certaines vodkas contiendront un ajout de sucre et autres substances qui vont donc augmenter de façon considérable les valeurs caloriques. Et à ceux et celles qui me disent que les vodkas et les gins sont les moins caloriques, je leur présente très souvent le dossier de certains whiskies qui démontre dans plusieurs cas les mêmes valeurs, ou presque, que la vodka. Bien sûr, si on parle d’un spiritueux «cask strength», ce dernier s’offre à un taux d’alcool par volume très élevé. De ce fait, il se peut que l’on se retrouve avec un apport calorique assez élevé. Outre les liqueurs, le spiritueux qui contient le plus de calories est malheureusement le rhum avec une moyenne de plus ou moins quatre vingt quinze (95). Mais encore une fois, tout est relatif à la conception du spiritueux. Tout est relatif aux valeurs du producteur et de la maison. Il ne serait pas étonnant de voir la création de divers spiritueux en misant sur un faible apport calorique. Un produit de qualité qui limitera les dégâts sur votre entrainement hebdomadaire. D'ailleurs, restez bien attentif dans les prochaines semaines puisqu'une nouvelle maison québecoise y met bel et bien tous les efforts possibles.

En sommes, ce que vous devez garder en tête est que l’alcool contient bel et bien des calories. Et que la modération a effectivement bien meilleur goût! Pour plusieurs autres raisons que votre ceinture!

Les jeux dangereux de l’alcool!

On ne se le cachera pas! Depuis quelques années, les réseaux sociaux sont devenus un véritable outil de communication et par le fait même… Un très bel outil pour les âmes un peu tordues, pour ne pas dire les personnes ou voire même les entreprises de mauvaise foi. Je vous explique…

Bien sûr, la situation sur l’industrie des alcools est bien différente à travers le globe. Cependant, dans mon cher Canada, la situation est relativement identique dans les différentes provinces. L’alcool se vend et s’achète dans une société d’état (SAQ, LCBO, NB Liquor & NS Liquor) ou même dans une entreprise spécialisée ayant obtenue l’autorisation provinciale (Alberta et Colombie Britannique). Vous êtes attirés par les produits sur un site web étranger? Et bien avant de vous lancer dans vos achats (parfois compulsifs), j’aimerais simplement vous expliquer les risques. Tout d’abord, il faut comprendre que si vous communiquez avec l’entreprise en question, elle risque de vous dire qu’il n’y a aucun problème au niveau de l’envoie et qu’elle l’a déjà fait. Qui voudrait perdre une vente à cause des termes sur l'expéditions? En bout de ligne, si le colis se perd ou si le colis se fait prendre, l’entreprise en question n’est pas responsable et elle a tout de même obtenue votre paiement. La meilleure des options est d’être honnête. Après tout, l’honnêteté a toujours été gagnante, surtout dans ce type de dossier. Lorsque je parle d’être honnête, je parle de vous assurer que le fournisseur indique de façon claire et précise qu’il s’agit de bouteilles d’alcools. Je parle aussi de communiquer avec votre société d’état ou département provincial afin d’obtenir votre «dû» permis. Après tout, il vous faudra se permis afin de bien récupérer votre paquet aux douanes canadiennes. «Mais Yan… C’est cher ce processus?» C’est à vous d’en juger selon le prix de vos bouteilles. Par exemple, sur trois bouteilles déclaré à plus ou moins dix (10) EURO chacune, les frais totaux peuvent varier entre cent vingt (120) à cent quarante (140) dollars. Cela est au niveau de votre permis ainsi qu’au niveau des frais de douanes. «Ok… Et si je cache le fait que c’est de l’alcool?» Alors là, vous jouez un jeu dangereux. Soit que les douanes ne portent aucun attention à votre colis et il vous sera délivré comme prévu ou alors les douanes voit clairement le jeu et confisquent les bouteilles. N’essayez pas de faire les procédures honnêtes par la suite. Il sera malheureusement trop tard! Les bouteilles seront détruites ou envoyées aux fournisseurs et ce, peut-être à vos frais.

Saviez-vous qu’il y a aussi une loi qui interdit la vente de spiritueux entre les provinces? Bien sûr, ici, il y une certaine «zone grise», mais reste que plusieurs entreprises ne peuvent effectuer des envois à l’extérieur de leur province. Poste Canada refusera même de prendre le colis en charge s’il remarque le contenue. Pourquoi est-ce ainsi? Puisque les produits alcoolisés sont tout de même grandement taxés par les différents gouvernements. Ces taxes vont (selon toute vraisemblance) dans les coffres et les dépenses attitrés à notre province. Et que dire de la revente en ligne? C’est malheureusement le même principe. La revente d’alcool sur les divers réseaux sociaux est illégale et ce, même si vous vous êtes acheté une caisse et que vous essayez simplement d’être généreux avec divers amateurs en ligne. Bref, libre à vous d’effectuer vos achats comme bon vous semblent, mais soyez tout de même avisé des risques. 

En parlant de risque, cela m’amène à vous parler d’un autre point ou plutôt d’un autre «danger». Tel que mentionné dès l’ouverture de ce billet, les réseaux sociaux sont devenu de véritables outils de communications et par le fait même... D'un certain voyeurisme. Un voyeurisme qui peut parfois apporter des situations malheureuses. Un voyeurisme qui se voit même dans la magnifique industrie des spiritueux. Il m’arrive, à plusieurs reprises, de voir des utilisateurs partager leurs plus belles bouteilles. Leurs bouteilles les plus dispendieuses. Leurs bouteilles les plus rares. Même, leur collection complète! Mine de rien, vous êtes peut-être en train de démontrer à des personnes de mauvaises fois la grande valeur monétaire qui se cache dans votre douillet chez vous. Vous mettez votre environnement à risque. «Mais Yan...  J'ai un assurance pour ma collection/cave! Je suis grandement couvert avec cette assurance!» Je n’ai aucun doute. Cependant, saviez-vous que certaines compagnies d’assurances peuvent refuser votre indemnité en cas de vol si elle réussit à prouvé/démontré que vous avez valorisé votre richesse sur les réseaux sociaux? J’ai d’ailleurs confirmé l’information auprès de quelques courtiers en assurance habitation. Prenez par exemple ce pauvre couple, il y a quelques années, qui s’est vu refuser son indemnité puisqu’il mettait en ligne des photos en direct de leur voyage. Il affichait clairement leur absence. Résultat? La maison fut complétement vidée. «Ok… Mais moi c’est juste des bouteilles d’alcool!» Il existe de grands amateurs ou voire même collectionneur. En ce moment, il y a un marché incroyable pour les spiritueux. Regardons l'engouement pour les grandes bouteilles de whisky. Regardons l'engouement pour certains produits rares. Regardons tout simplement l'engouement sur les réseaux sociaux face à l'industrie telle qu'elle est. Il y a des acheteurs et ce, peu importe la bouteille.

Tout comme avec vos consommations, soyez prudent. Soyez avertis. Je suis persuadé que vous appréciez votre petit verre de fin de soirée alors tentez de vous éviter de la paperasse inutile pour bien profiter de ce beau moment. 

Les spiritueux bio!

Que ce soit à l’épicerie ou simplement au marché local, les produits biologiques (bio) sont de plus en plus populaires et ce, avec raison. Nous voyons aussi cette tendance dans l’univers des vins. À la SAQ seulement, nous avons droit à une sélection de plus de cinq cent (500) vins du genre. C’est sans compter ceux dans les épiceries ou les vignobles qui ne vendent que sur le site même. Mais qu’en est-il des spiritueux? Bien, c’est aussi une tendance qui se fait très populaire. En voici quelques exemples.

Farmer's Gin & Vodka Crop

Farmer's Gin & Vodka Crop

Crop Harvest Earth, une superbe entreprise de New York, est l’une des très beaux modèles dans ce dossier. Alors que l’industrie de la vodka et du gin ne cesse de grandir, Crop Harvest Earth a voulu créer des spiritueux tout aussi excellents pour les consommateurs que pour la terre (planète). De ce fait, l’entreprise travail seulement avec des grains certifiés «bio» pour l’élaboration de leur Crop Vodka (voir aussi ce billet que j'ai fait sur cette dernière) ainsi qu’avec divers botaniques bio pour l’élaboration de leur Farmer’s Organic Gin. D’ailleurs, John McLaughlin va plus loin en expliquant qu’en utilisant de telles méthodes, Crop Harvest Earth met énormément d’énergie sur la distillation des matières premières et ce, afin d’aller chercher le maximum de cette saveur et pour aussi annuler les besoins de filtrer les spiritueux. Ce processus permet non seulement une réduction au niveau de l’empreinte environnemental, mais génère aussi de merveilleux arômes aux différents spiritueux de la maison. M. McLaughlin le sait. Cette culture bio fait en sorte que ses spiritueux sont un peu plus dispendieux, mais il préfère y aller de cette façon afin d'offrir des spiritueux différents et surtout pour assurer la santé de tous et ce, non seulement en buvant, mais aussi en réduisant l'impact négatif qu'une telle industrie peut avoir.

Rhum Papagayo

Rhum Papagayo

Un autre très beau modèle dans le dossier des spiritueux bio est le rhum Papagayo. Il s’agit d’un rhum du Paraguay, un pays très peu présent dans le monde du rhum. Afin d’être certifié bio, il a été distillé à base de sucre (canne à sucre) comportant la certification (sans pesticides et insecticides). L’exercice étant relativement difficile, l’entreprise a décidé d’ajouter un maximum de 5% de rhum jamaïcain à l’intérieur. Malgré ce faible assemblage, Papagayo obtient tout de même sa certification organique. Outre cette certification, Papagayo est aussi un produit équitable. Ce terme s’applique à un produit ayant reçu une certification au niveau de la rémunération des employés et fournisseurs, en terme de qualité de vie de ses employés (main d’œuvre) ainsi qu’en matière de transparence de l’organisation face au marché mondial. Son prix est aussi intéressant pour ceux et celle qui veulent simplement avoir accès à un bon rhum «cocktail».

Benromach Organic

Benromach Organic

L’un des pionniers dans l’univers des spiritueux bio est sans contredit l’excellent scotch Benromach Organic. Lorsque ce dernier fut lancé, en 2006, il était alors unique. Aucun autre spiritueux n’avait reçu le support et la certification de l’UK Soil Association. Bien sûr, cette association est très rigoureuse et exigeante. Elle vérifie tout sur son passage. L’orge, le maltage, la fermentation, la distillation et même l’embouteillage. D’ailleurs, au niveau de l’orge utilisée pour la gamme Benromach, nous faisons appel au terroir écossais de Speyside. Ce terroir est grandement réputé pour la qualité de son orge et les arômes uniques qu’elle génère. Donc, il était tout à fait normal que le premier scotch bio provienne de cette région/terroir. De plus, pour rendre l’exercice encore plus «environnementale», Benromach utilise des barriques de chênes américains neuves dont le bois provient de forêt durables.

La gamme Jean Luc Pasquet Organic

La gamme Jean Luc Pasquet Organic

Tel que mentionné dans le premier paragraphe, le monde bio ne cesse de grandir dans l’industrie des vins. Par le fait même, vous comprendrez que les spiritueux à base de raisin sont ceux qui offrent l’une des plus grandes présences dans cette industrie. L’un de ces spiritueux est le cognac et pour cause, laissez-moi vous parler de l’entreprise Jean Luc Pasquet. Entreprise fondée il y a plusieurs décennies, ce n’est qu’en 1994 que M. Pasquet tenta le coup pour une culture bio. Suite à une santé incroyable de ses vignes et suite à un succès sur le vin/eau de vie, il décida de convertir la totalité du vignoble à cette culture. C’est finalement en 1998 que l’entreprise obtient sa certification «Agriculture Biologique». De ce fait, nous avons aujourd’hui droit à d’excellents à trois (3) superbes produits dont un quatre (4) ans, un sept (7) ans ainsi qu’un dix (10) ans. Mais n’ont-ils pas de cognac plus vieux ? Tout à fait ! Cependant, l’assemblage de ces cognacs plus vieux contient des eaux-de-vie faites avec des vignes qui n’étaient pas bio à l’époque. Mais soyons patient ! L’actuel manitou de la maison, M. Jean Pasquet, a plus d’un tour dans son sac et je suis persuadé qu’il travaille déjà sur de magnifiques assemblages.

«Ok Yan… Mais est-ce qu’on sent bien la culture bio lorsque le spiritueux est dans notre verre ?» Très bonne question ! En fait, j'admet que pour vraiment voir la différence sur la grande majorité des produits, vous devez avoir un sacré nez et un sacré palais ! Dans certains cas, comme dans la Crop Vodka, on ne filtre pas. Donc, il y a effectivement un aromate plus intense que dans une vodka de grand nom. Sinon, on achète pour la cause. On achète pour se soucier de l'environnement. On achète pour encourager ce mouvement.