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Le rhum Sainte-Marie!

Dans la prochaine semaine, un tout nouveau spiritueux verra le jour au Québec. Un spiritueux réellement conçu à l’intérieur de la province, sur le sol montréalais. Un spiritueux qui fera revivre un pan d’histoire. Un spiritueux qui rendra hommage à ce qu’on appelait autrefois «le faubourg à m’lasse», un quartier de Montréal disparu en 1963. Ce spiritueux est le rhum épicé Sainte-Marie, un produit de Distillerie Wolfelsberger en collaboration avec certains partenaires. Dans le but de bien vous présenter ce produit, je me suis rendu à la distillerie afin d’assister à une partie de son élaboration et plus encore.

Pour bien comprendre l’élaboration de ce rhum, il faut d’abord prendre connaissance de l’équipe derrière ce produit. D’un côté, vous avez M. Sylvain Lague. Ce dernier, un jeune entrepreneur avec une connaissance incroyable dans l’univers des alcools, a œuvré à la SAQ pendant plus de huit (8) ans avant de basculer vers une agence d’importation en vins et spiritueux. Par la suite, il a été «brand manager» pour divers produits. C’est à cette époque qu’il a fait connaissance des grands noms de l’industrie du cocktail et de la mixologie. À travers le temps, un désir de concevoir des spiritueux s’installa en lui. La Vodka White Keys fut son premier projet. C’est aussi dans l’élaboration de ce produit qu’il fit la rencontre d’un distillateur incroyable, Lilian Wolfelsberger. Ce dernier, distillateur de longue date, est arrivé au Québec en 1993 suite à plusieurs expériences de distillations en Franche-Comté. À l’époque, il fonda l’une des premières distilleries dans les Cantons de l’Est. C’est avec un alambic de 1930 que son associé de l'époque et lui ont reçut l’un des premiers permis de distillateurs au Québec. Mais pour différentes raisons, le projet n’a pas tenu. En 2014, ce professeur de politique décide de faire renaître le projet, mais cette fois, au cœur de Montréal et ce, avec un superbe alambic charentais de l’entreprise Chalvignac.

Alambic Charentais

Alambic Charentais

Comment l’idée d’un rhum est arrivée à un «bouilleur de cru», à un distillateur de fruits? «Nous ne voulions pas de gin! Un whiksy? Bien sûr! Mais attendre trois (3) ans, c’est un peu de la folie! À travers mes expériences, j’ai distillé plus de vingt-deux (22) fruits! Le Québec offre un beau terroir dans le domaine des fruits, mais rien n’est constant et rien n’est assuré. Nous avons donc réfléchi à une matière première que nous pouvions avoir de façon permanente. Stéphane Dion, copropriétaire de la distillerie, a eu la brillante idée de créer un rhum québécois et a réussi à dénicher une mélasse exceptionnelle du Guatemala. Le plan s'annonçait prometteur! D’autant plus que le vieillissement minimum pour un rhum est d’une année seulement ce qui n’est tout de même pas si mal!» me disait M. Wolfelsberger.

Je l’avoue, j’étais septique face à ce rhum «du Québec». Je me posais plusieurs questions sur l’élaboration et bien plus encore. Suite à cette visite ainsi qu’à cette rencontre, je peux immédiatement vous dire que ce rhum québécois connaîtra un réel succès et ce, pour plusieurs raisons.

M. Wolfelsberger en plein travail

M. Wolfelsberger en plein travail

Le brouillis

Le brouillis

Parlons un peu de sa conception. La matière première est une mélasse verte du Guatemala. Une mélasse qui offre un coté terreux à l’eau de vie. Cette mélasse est fermentée pendant plus de cinq (5) jours alors que traditionnellement, on parle plutôt de quarante-huit (48) à soixante-douze (72) heures. Au niveau de la distillation, le «bouilleur de cru» offre à son alambic charentais la chance de s’exprimer comme il se doit avec une double distillation. On produit d’abord un brouillis à plus ou moins 30% d’alcool/volume. Le tout prend près de douze (12) heures. Par la suite, on y va pour la bonne chauffe qui, après une distillation de plus de seize (16) heure ainsi que suite aux coupes nécessaires, offre une eau de vie à plus ou moins 72% d’alcool/volume. Le tout est d’ailleurs mis en barrique à ce niveau d’alcool. Chez Sainte-Marie, ce vieillissement est très important. Lorsque les premières images de la bouteille ont été dévoilées, plusieurs se posaient la question sur cette teinte très rosée qu’a le liquide. Comment se fait-il que le spiritueux ne soit pas plus foncé? L’équipe de M. Wolfelsberger et M. Lague a réussi à sortir un tonnelier de sa retraite. Ils ont fait concevoir une barrique spéciale. La grosseur de cette barrique fait en sorte que l’alcool est moins en contact avec le bois étant du chêne blanc américain. Le liquide qui est sort est très pâle. J’ai déjà vu des gins vieillis en barrique qui étaient plus foncés. «Ok Yan… Mais cela n’explique pas la robe rosée de ce rhum!» Cette robe rosée provient d’une macération de quelques ingrédients. En fait, il y a deux (2) macérations qui se font pour Sainte-Marie. D’abord, il y a les fruits (cantaloups et canneberges du Québec) et par la suite il y a les épices (Anis étoilé, poivre du Sichuan et piment de la Jamaïque). Au niveau du temps de macération, on parle bien sûr d’un petit secret de la recette. Le tout est par la suite embouteillé à 42.5% d’alcool/volume.

En dégustation...

En dégustation...

«Et le goût? C’est bon?» C’est très différent de tout ce que nous avons l’habitude d’avoir en matière de rhum épicé. Selon moi, nous aurions aussi pu lire «rhum arrangé» sur la bouteille. Généralement, les rhums épicés se présentent avec un certain caramel, une certaine vanille et même une certaine cannelle. Sainte-Marie se présente plutôt avec un début typiquement rhum. Le distillat de la mélasse est très présent. Par la suite c’est un crescendo de piments, anis et se termine sur un petit côté sucré et fruité. Oubliez le Cuba Libre avec ce rhum. Allez-y plutôt avec un zeste d’orange et un simple soda! Allez-y en Old Fashioned! Allez-y dans la plus belle des simplicités pour laisser Sainte-Marie s’exprimer de façon plus que complète.

Sainte-Marie sera disponible sous peu à travers le réseau de la SAQ et ce, vers les trente neuf (39) ou quarante (40) dollars. Sinon, si vous aimeriez le déguster à travers une création d’un de nos talentueux mixologues, prenez le temps de regarder les réseaux sociaux. Quand je disais que Sainte-Marie connaîtra un «buzz» phénoménal, c’est aussi à l’intérieur de cette communauté de mixologues.



Monsieur Lilian Wolfelsberger

Monsieur Lilian Wolfelsberger

Monsieur Sylvain Lague

Monsieur Sylvain Lague

En compagnie de M. Lague & M. Wolfelsberger

En compagnie de M. Lague & M. Wolfelsberger

Le clairin, «rhum du peuple»!

Cette semaine, plusieurs nations célébreront «leur» journée nationale du rhum. Pour plusieurs, le mot rhum est attaché à un pays comme Cuba. Comme la République Dominicaine. Comme la Jamaïque. Comme la Martinique. Mais aujourd’hui, c’est à la nation haïtienne que j’ai envie de dédier cette belle journée du rhum. Nation qui célébrera son 525ième «Jour de la découverte» en Décembre. Nation qui est bien connu dans l’univers des rhums, mais à la fois incomprise.

En Amérique du Nord, les rhums haïtiens sont grandement représentés par un certain Barbancourt, une belle gamme de produits qui fait de plus en plus le bonheur des aficionados du rhum! Cependant, le rhum haïtien est bien plus que ce Barbancourt. Le «vrai» rhum haïtien est en fait ce que l’on appelle le clairin, la petite eau du peuple.

Avant toute bonne chose, qu’en est-il réellement du clairin? Afin d’avoir la meilleure explication possible, j’ai posé la question à nul autre que Michael Moscoso, fondateur de Rhum Barik/Moscoso Distillers. «Le clairin est à Haïti ce que la cachaça est au Brésil. C’est un rhum, mais bien à nous, les haïtiens. Tout d’abord, nous utilisons le jus pur de la canne à sucre (cuit) ou bien un sirp de canne. Il est important que celle-ci provienne de notre terroir. Au niveau de la distillation, je respecte définitivement les vieilles méthodes et ce, même si nous avons la chance d'avoir des équipements (colonnes) performant. Je suis donc en mesure de sortir un distillat à 70% d'alcool/volume, mais très souvent nous y allons pour la méthode complète et ce, sans aucune séparation de la tête, le corps et la queue à une finale de 55% d'alcool/volume. De cette façon, aucune dilution nécessaire et nous avons droit à un profil aromatique tout simplement sublime.»

Un autre grand nom de l’industrie du clairin, M. Lucas Gargano de la maison Velier, mentionne que la fermentation est aussi un des points très importants dans ce monde fascinant des clairins. Celle-ci doit être faite avec des levures sauvages/naturelles. Aucune levure industrielle doit être utilisée. M. Gargano et son entreprise se spécialisent dans le domaine des embouteilles indépendants. Ils parcourent le monde à la recherche des plus merveilleuses eaux de vie, plus particulièrement le rhum. Le clairin fait partie de l'une de leur magnifique aventure. D'ailleurs, l'entreprise Velier a actuellement quatre des plus beaux clairins dans son portefolio The Spirit of Haiti, soit trois (3) produits de type Single Estate (Sajous, Casimir & Vaval) ainsi qu'un assemblage de ces trois (3) derniers.  

The Spirit of Haiti par Velier

The Spirit of Haiti par Velier

Descriptif Vaval

Descriptif Vaval

Descriptif Casimir

Descriptif Casimir

Descriptif Sajous

Descriptif Sajous

Descriptif du World Championship

Descriptif du World Championship

«Le clairin est présent partout en Haïti. Il est servi dans toutes les rencontres sociales. C’est définitivement l’alcool du peuple. Intéressant en cocktail, mais nous l’aimons brut pour ce goût incroyable du terroir. Je me rappel mes plus belles soirées à siroter, voire même décortiquer ce spiritueux avec la belle mère. On le retrouve même dans certains rituels Voodoo en le buvant et en le brûlant! Bref, le clairin est intrinsèquement lié à ce que l’on définit de culture haïtienne.» m’expliquait Sémyr Doggachi, un expert en clairin maintenant établie au Québec et ayant œuvré quelques temps en Haïti. Ce dernier m’expliquait aussi sa déception face au manque de clairin sur les différentes tablettes. Il est vrai que certains acteurs, comme Michael Moscoso, Alexandre Vingtier, l’entreprise Velier et plus encore amènent une belle présence en Europe. Cependant, c’est en Amérique du Nord que le clairin devrait être grandement commercialisé. C’est en Amérique du Nord que nous retrouvons l’une des plus grandes présences d’haïtiennes. Mais le marché, tel qu’il est au Canada et/ou Québec, ne favorise pas l’entrée du clairin. Celui qui a passé plusieurs mois à l’intérieur d’une superbe distillerie haïtienne me disait : «Il y a plusieurs facteurs à prendre en considération pour ce qui est du marché nord-américain. Il y a les lois qui offrent une limite en carbamate d’éthyle. Il y a un certain manque d’éducation en matière d’eau de vie de canne à sucre (rhum agricole). Et… Il faudrait mettre en place une législation pour la classification du clairin. Ce manque donne naissance à une grande confusion autant chez le consommateur que le producteur. Par exemple, à la distillerie, nous avions un procédé bien qui pouvait sembler très différents de celui de certaines maisons de clairin. D’ailleurs, il est très difficile d’avoir une réponse claire et précise sur le clairin. Chaque maison a sa façon de faire et chaque producteur tient mordicus à son procédé. Mais en bout de ligne, nous prenons tous avantage de ce magnifique terroir haïtien afin d’offrir ce que nous appelons clairin… Le spiritueux du peuple! Chose certaine, cette législation doit absolument être faite par le peuple haïtien et POUR le peuple haïtien.»

Pour clarifier un point très important mentionné par Sémyr, il est vrai que les lois (ou limitations) jouent un rôle très important sur la présence de divers produits sur nos tablettes canadiennes. Les spiritueux, comme le rhum, ont une limite de cent cinquante (150) parties par milliard (PPB) pour ce qui est du carbamate d’éthyle. Un fait incroyable est que les liqueurs bénéficient d’une limite de quatre cent (400) parties par milliard (PPB) pour le même sujet. Qu’est-ce que ce carbamate d’éthyle? C’est en fait un composé (déviation bactérienne) qui voit le jour lors de la mise en place d’une fermentation. Et ce carbamate s’intensifie lors de la maturation/vieillissement. Tout cela donne de sacrés mots de tête aux prodcuteurs qui désirent faire présence sur les tablettes nord-américaines. C'est un autre défi difficile.

Produits Nazon

Produits Nazon

«Être producteur de clairin/rhum en Haïti est déjà tout un défi. Mon grand-père était distillateur. Mon père aussi, tout comme son frère. Suite à la FAC en terre étrangère, j’ai travaillé et grandit dans l’entreprise de mon oncle. J’ai fait mes études et mon apprentissage avec celui que l’on appelait Boss Jean. Au début des années 90, les temps furent plus difficiles et j’ai malheureusement lâché le projet. Ce n’est qu’en 2008 que mon père me proposa de reprendre la magnifique machine familiale. Chose que j’ai accepté avec une joie indescriptible. Cependant, l’industrie joue de plus en plus du coude. L’export est aussi très difficile de nos jours. Le manque de législation n’aide pas. Vraiment pas! On doit toujours débattre nos arguments et nos procédures. En Haïti, nous nous battons pour notre survie et ce, sur toutes les facettes.» me disait M. Michael Moscoso. Ce dernier a de quoi être fier. Après plusieurs embûches, Michael a tout donné (temps et argent) afin de faire connaitre son produit autant sur à l'intérieur qu'à l'extérieur des terres haïtiennes. D'ailleurs, lors de nos premiers échanges en 2016, Michael n'avait pas grand revenue sur la production puisqu'il dépensait des frais phénoménal pour envoyer son produit se faire connaitre à l'étranger. Le tout a bel et bien porter fruit puisque plus tôt cette année, son Kléren a remporté quelques médailles. De plus, il produit actuellement une belle variété de spiritueux à un très beau rapport qualité/prix. Et vous savez quoi? Ce n'est que le début! Puisqu'il m'expliquait ses projets incroyables qui seront mis en place sous peu et j'admet que ça promet. Déjà que son amaretto à base de rhum semble très intéressant!

En matière de dégustation, à quoi devons-nous nous attendre avec le clairin? Si vos habitudes de consommations en matière de rhums sont plutôt dirigées vers des produits hispaniques ou britanniques, vous devrez probablement offrir au clairin quelques essais avant de réellement l'apprécier. C’est très différent. Définitivement plus végétal. Définitivement plus brut. Et bien plus encore selon le producteur. Si vous êtes un adepte de rhum agricole dans le style de l’AOC martiniquaise, alors vous risquez de bien apprécier. D'ailleurs, l'édition Sajous de Velier est justement faite à base de la canne de type Cristalline, une canne que l'on retrouve dans l'AOC martiniquaise. «Yan, j’adore le Barbancourt! Cela veut donc dire que le clairin est fait pour moi?» Pas nécessairement! Barbancourt est, en effet, une superbe entreprise haïtienne. Cependant, cette belle entreprise est ce qu’on appelle un rhum. La conception de ce magnifique spiritueux est bien différente du clairin. On parle d’un assemblage de mélasse, de vesou et même de sirop. Malheureusement, la maison n’a pas assez de vesou pour répondre à la grande demande. Le point positif est que Barbancourt peut, en partie, être distribué à plusieurs endroits dont le Québec/Canada. De ce fait, un certain intérêt pour le clairin/rhum haïtien est créé ce qui est bon pour l'industrie. Il faut simplement s’éduquer et savoir à quoi s'attendre avec un réel clairin. Il faut prendre le temps de bien apprécié ce rhum du peuple. Après tout, c'est un peu la mentalité en Haïti... Prendre son temps pour bien apprécier la vie qui nous est offerte! 

Je termine en disant: Haïti... Tu as toujours été magnifique... Tu as toujours été forte... Tu le démontre bien avec ton clairin! Chaque petite gorgée me fait connaitre d'avantage ta culture... Ton histoire... Ton terroir... Et même ton peuple! Avec l'actualité des derniers jours... Je crois que nous avons tous besoin de clairin au Québec!

Kléren Nasyonal par Michael Moscoso

Kléren Nasyonal par Michael Moscoso

Les rhums Aldea, la vida de la isla!

L’Espagne! Un pays de rêve! Un pays qui excite notre côté romantique. Un pays qui engage notre côté aventurier. Un pays qui fascine notre côté épicurien. Un pays dans lequel la bonne bouffe et le bon vin font partie du terme culture espagnole. Après tout, il y a tellement de magnifiques producteurs sur ce terroir. C’est normal d’arriver avec une certaine soif ainsi qu’une certaine faim! Mais si je vous dis que l’Espagne est aussi un magnifique producteur de rhum, seriez-vous prêt à délaisser le verre de vin pour un cocktail? Ou même un excellent rhum à son état brut? Aujourd’hui, je vous présente la première partie d'un reportage sur les rhums espagnoles. De ce fait, je vous présente le «ron» Aldea qui, tout comme son pays, est une vraie beauté.

Fondée sur les Îles Canaries en 1936 par la famille Quevedo, cette maison de «ron» a connu un tournant marquant en 2014, lorsqu’un certain Santiago Bronchales se joint à la distillerie. Ce dernier, œnologue de formation, travaillait dans l’industrie du vin jusqu’en 2005 ou il fit la rencontre de Pedro Ramon Lopez Olivier, le grand manitou derrière Oliver y Olivier, l’une des plus grandes entreprises de rhums de la République Dominicaine. C’est d’ailleurs ce Santiago qui a démarré la gamme Opthimus ainsi que plusieurs autres. Ce fut une très belle aventure, mais en 2012, il était temps pour lui de passer à autre chose et de créer sa propre gamme de rhums, Ocean’s Rum. Il pouvait alors y mettre d’avantage de sa créativité. Il pouvait ainsi avoir un plus grand contrôle sur son succès. C’est pendant cette aventure qu’il fit la rencontre de Manuel Quevedo, propriétaire et maître distillateur de la maison Aldea. Après plusieurs discussion qui lia les deux hommes d’amitié, Santiago décida de vendre son entreprise Ocean’s Rum pour ainsi devenir un joueur clé d’Aldea. En 2014, il hérita non seulement du poste de gestionnaire de la marque, mais aussi de celui de maître assembleur. Bien que Santiago arriva avec un esprit jeune et plus audacieux que la norme, ce dernier représente bien les valeurs d’Aldea. Artisan, la maîtrise, la famille ainsi que le plus important… La tradition!

Ces quatre mots sont bien présents dans la conception complète de la gamme Aldea. Il était primordial pour la maison d’offrir un produit très «artisanale» tout en maîtrisant le tout. De ce fait, il distille donc toute la canne à sucre qu’ils ont sur le domaine. Bien sûr, la maison n’a pas assez de canne à sucre pour bien répondre à la demande. Donc, ils offrent quelques «grands rhums» agricoles, mais offrent aussi de jeunes rhums dans lesquels nous trouvons d’avantage un distillat de mélasse. Cependant, Santiago me mentionnait que nous retrouvons toujours un minimum de 10% de rhums agricoles à l’intérieur de chaque bouteille, de là l’importance de la maîtrise au niveau des assemblages. Je lui ai d’ailleurs demandé s’il n’était pas possible d’agrandir la production de canne à sucre? «Tout à fait! C’est d’ailleurs dans nos plans. Mais pour l’instant l’exercice est complétement ridicule financièrement. Alors qu’une tonne de canne à sucre coûte plus ou moins 45 USD dans certains pays des Caraïbes, d’Amériques Centrales ainsi que d’Amérique du Sud, nous devons la payer à plus ou moins 350 EURO!» -

La distillation chez Aldea est très impressionnante! Tout d’abord, on parle d’un magnifique alambic Egrott qui date du 19 siècle. Par la suite, on parle d’un système à flamme nue (au bois!). Alors que le distillat de mélasse se présente à plus ou moins 70% d’alcool/volume, celui de la canne à sucre se présente à plus ou moins 65% d’alcool/volume. Pour avoir dégusté ce «new make», c’est sublime. C’est goûteux. C’est végétal. C’est comme une bonne bouchée de la canne fraiche.

La maturation fait, elle aussi, preuve de la maîtrise de la maison Aldea. D’abord, plusieurs types de barriques sont utilisés. Il y a certaines en chêne américain. D’autre en chêne français. Certaines avec un taux de chauffe plus intense. D’autres plus légers. Bref! Ce sont des barriques complètement neuves qui sont utilisées pour les rhums plus jeunes. Par la suite, des rhums plus vieux sont transférés dans ces barriques afin de diminuer l’appart du bois et de ses tanins dans le produit final. Dans le cas de l’excellent Tradition, la maison utilise aussi une barrique de vin rouge (Tempranillo) pour faire ce que nous appelons une finition au rhum. On parle ici d’une finition de plus ou moins deux (2) ans. D’ailleurs, les prochaines années risques d’être intéressantes chez Aldea puisque certaines expérimentations sont présentement en cours au niveau de la maturation. On parle de barriques «pin de thé» ayant préalablement contenue du vin de Malvasia (très sucré). On parle ici d’un bois provenant du terroir des îles tout comme un vin des îles. Aldea veut vraiment produire une bouteille qui sera l’essence même de ce magnifique terroir

Au niveau de l’assemblage, Santiago utilise cette maîtrise de la tradition qui lui a été fournie par la famille Quevedo. Il assemble minutieusement les différentes barriques afin d’obtenir le produit qui représente à la perfection les valeurs de la maison. C’est le cas de le dire… Il a un sacré pif!

Le pif de Santiago n’est pas simplement utile pour l’assemblage. Il l’est aussi pour les affaires. Il l’est aussi pour les consommateurs. Pour les amoureux de rhums. La preuve est que dans les prochaines années, voir même dans les prochains mois, Aldea nous offrira divers produits comme de nouvelles finitions, un excellent Single Cask Strengh, l’Anniversary XO ainsi que quelques liqueurs. «Le rhum est plus populaire que jamais. Les consommateurs se font de plus en plus curieux. Nous devons continuer notre tradition familiale tout en offrant du nouveau, tout en offrant une certaine évolution. Le terroir de nos îles nous permet d’offrir le tout!»

Ok… Ok! Je sais que vous aimeriez que je vous présente quelques produits Aldea, alors pour la cause, voici trois (3) rhums Aldea.

Aldea Envejecido
Un rhum de type mélasse, il contient tout de même une légère partie de rhum agricole à l'intérieur. On parle ici d'un rhum relativement jeune avec une moyenne d'âge de huit (8) ans. Un produit qui se présente de façon très simple. Les tanins du bois se font bien présent. La vanille, la cannelle ainsi que quelques épices se pointe à travers des notes de petits fruits.



Aldea Blanco Agricola

Amateur de rhum blanc agricole, celui-ci vous charmera à coup sur! On parle d'un rhum construit avec une seule et magnifique canne à sucre qu'est la blanca cristalina. Malgré son 42% d'alcool par volume, ce rhum est d'une belle douceur et ce, à travers de magnifiques arômes de la canne et quelques épices agréables.



Aldea Maestro

Avec une moyenne de dix (10) années passées à l'intérieur de chêne américain, ce rhum se présente avec une très belle palette aromatique pâtissière. La vanille grandement présente laisse aussi place à un genre de moka. Très beau produit!

PRIMEUR! Parez à mouiller, Morbleu arrive!

En début décembre, j’ai eu le privilège de visiter la jeune distillerie Mariana, en plein cœur du quartier industriel de Louiseville. De ce fait, j’ai eu la chance de m’entretenir avec deux (2) travailleurs, deux (2) entrepreneurs, deux (2) passionnés ainsi que deux (2) hommes de familles. Non je n’ai pas rencontré huit (8) personnes, mais bel et bien deux (2)! Voyez vous, Jonathan Couturier ainsi que Jean Philippe Roussy sont tout cela. Les deux (2) entrepreneurs distillent, travaillent dans un emploi ‘’régulier’’ et s’occupent parfaitement de leur famille et ce, en l’espace de vingt quatre heure. C’est peut-être ce qui explique le fait que JP dormait à la distillerie lors de mon arrivée… Bref!

Lors de ma visite, j’ai bien sur eu l’occasion d’échanger avec eux sur la conception de leur gin Canopée ainsi que de leur vokda Azimut, deux (2) produits grandement en demande dans les SAQ du Québec. Cependant, le point fort de ma visite fut l’essai de produits non disponible à la SAQ. Certains d’entre eux n’étaient que des essais, mais j’ai eu la chance de déguster un produit qui était déjà présenté à la SAQ. Un produit qui n’était plus un essai, mais plutôt un réel résultat. Ce résultat est une bouteille qui a bel et bien été approuvée par la SAQ et qui sera offerte sur les tablettes à compter de la première semaine du mois de Mars 2017. Ce produit mes amis est le Morbleu, le nouveau rhum épicé du Québec!

Ce Morbleu est un assemblage d’un rhum jeune de Trinité Tobago avec un distillat de mélasse fait directement à distillerie. De plus, la distillerie y met seulement quatre (4) épices à l’intérieur dans le but d’aller chercher de magnifiques arômes mentholés, chocolatés et herbacés. La finale n’est pas trop longue et relativement agréable. D’ailleurs, nous devons donner crédit à cette distillerie qui tente vraiment de faire des produits différentes et ce, avec la réalité à laquelle elle fait face. Pourquoi ne pas faire la totale en matière de distillation? Puisque la réalité au Québec est que la distillerie ne peut vendre à la fabrique et doit absolument vendre ses spiritueux à la SAQ. D’ailleurs, Jonathan m’expliquait que suite à plusieurs analyses, les deux (2) entrepreneurs ne voyaient malheureusement pas comment ils pourraient être compétitifs face aux produits de très grande qualité des Antilles et/ou Caraïbes. Il faut aussi garder en tête que les coûts de productions, d’exploitations et surtout le coût des matières premières est bien meilleur marché dans les pays d’Amérique du Sud! De ce fait, la Distillerie Mariana est en mesure d’offrir ce Morbleu au prix de 35.00$!

J’ai demandé à Jonathan le pourquoi faire un rhum? Il m’a répondu : ''Le rhum est mon spiritueux préféré. C'est sont aspect sucré et vanillé que j'aime. C'était évident pour moi que la distillerie aurait son rhum. Je me rappelle notre été 2015, le local de la distillerie n'était pas terminé, que nous distillions déjà du rhum à 2h du matin ensemble. On regardait ça couler patiemment d'un alambic de vingt (20) litres à rêver le jour que nous pourrions l’offrir aux amateurs et consommateurs du Québec! Donc le temps a passé et en Décembre 2015, nous avons décidé d’enclencher le réel processus du rhum avec deux (2) magnifiques barriques de deux cent (200) litres. Le produit était bien, mais on a vite compris que dans l'immédiat ce serait dur de rivaliser avec l'expérience, l’histoire et la qualité des antillais. Nous l’avons donc assemblé à un rhum que nous croyons être fait sur mesure pour le notre. Un rhum qui complète notre travail… Notre rêve! Par la suite, on ajoute un côté épicé, mais de façon très léger. Très subtile. Un peu comme notre gin Canopée qui est doux et smooth. Le tout balance parfaitement le produit!'' De mon coté, je dirais même que ce coté subtile et doux est définitivement une signature dans les produits de la Distillerie Mariana! Et que dire de la présentation, la bouteille? Elle est à faire rêver le grand Jack Sparrow et son équipage! De plus, j’ai demandé à Jonathan pourquoi l’équipage de Mariana avait offert le nom Morbleu à leur rhum? La réponse fut relativement simple : ''On voulait de quoi qui sonne pirate… On a donc cherché dans les sacres de pirates. C’est alors que mon frère, un vrai pirate dans l’âme, a lancé haut et fort MORBLEU! C’est resté!''

Tel que mentionné ci-dessus, cette belle bouteille vous sera offerte dès le début du mois de Mars. Vous avez donc le temps de vous magasiner une jambe de bois et un perroquet!

El Pasador de Oro XO par Les Bienheureux!

L’univers du rhum est fascinant. Certains nous offrent l’impression d’être sur une plage, au soleil, sous un rythme hispanique alors que d’autres nous donnent simplement l’envie de s’assoir et d’apprécier le froid qui s’installe tranquillement sur nous. C’est le cas du El Pasador De Oro XO, un rhum merveilleusement embouteillé par l’entreprise française Les Bienheureux.

Cette jeune société, créée il y a plus ou moins quatre (4) ans, ne distille pas ses spiritueux mais les assemble. Elle y embouteille la Cachaça Parati, les rhums Embargo, le rhum arrangé Coro Coro, la gamme de whiskys Bellevoye et bien sur ce El Pasador De Oro XO.

Cette jeune entreprise est le fruit du savoir-faire de deux (2) hommes grandement respectés dans l’industrie, M. Alexandre Sirech et M. Jean Moueix. M. Sirech est un expert du commerce du vin et des spiritueux, notamment du rhum. Il dirigeait la filiale cubaine du groupe Pernod Ricard. C’est d’ailleurs à Cuba, où il a vécu pendant cinq (5) ans, qu’il rencontra M. Moueix. Ce trentenaire, quant à lui, est par ailleurs à la tête de Vitelod, qui chapeaute la société Duclot (avec ses deux sites internet - Chateaunet et chateauprimeur) et six (6) grands magasins dont la cave des Galeries Lafayette, à Paris. Jean Moueix est aussi derrière Petrus.

En ce qui concerne le savoir-faire, la connaissance du secteur, le réseau et le marketing, la jeune société de Les Bienheureux ne manque pas d’arguments. D’ailleurs, la société ne s’en cache pas! Elle veut démocratiser et innover certaines eaux de vie sur un marché très concurrentiel.

Mais revenons à notre El Pasador de Oro XO. Ce rhum est un assemblage de différents rhums du Guatemala. Ce type de rhum est bel et bien particulier. D’abord, la canne à sucre que l’on utilise pour bâtir le rhum provient généralement de sols très argileux et volcaniques. Avec cette canne à sucre, la distillerie du Guatemala produit ce qu’on appelle un miel de canne à sucre. Ce miel de canne à sucre est un concentré du jus de canne alors que la mélasse est un produit construit grâce au raffinage du sucre de canne. Le miel de canne à sucre a tendance à offrir un fini contenant moins d’impureté et plus de sucre naturel. Contrairement à la mélasse, le miel de canne demande généralement une fermentation plus longue. Dans certains cas, nous pouvons nous rendre jusqu’à cent vingt (120) heures alors que dans d’autres situations, on parle de quarante-huit (48) à soixante-douze (72) heures! Vient ensuite la distillation et la maturation. La maturation des rhums du Guatemala est aussi incroyable. On parle d’une maturation en système solera (assemblage/moyenne d’âge) qui se fait à plus de 2,300 mètres du niveau de la mer. Pour ce qui est du El Pasador De Oro XO, l’aventure ne s’arrête pas là! Un assemblage est effectivement fait à partir de rhums spécialement sélectionnés par l’équipe de Les Bienheureux. Cet assemblage, qui contient du rhum de six (6) à quinze (15) ans d’âge, est ensuite acheminé en France afin de bénéficier de plus ou moins quatre (4) à six (6) mois supplémentaires dans des fûts de cognac. Bien sur, l'âge du rhum n'a pas de réelle importance. L'emphase étant au niveau du XO.

Les Bienheureux avaient un objectif avec ce rhum et c’était d’offrir un produit structuré, gourmand et suave. Bien c’est réussi!

Vous aimez les rhums bien équilibré entre le bois et les épices? Vous aimez les arômes de cannelles et de vanille? Vous cherchez un rhum doux… Très doux? Quelque chose de relativement sucré? Ce El Pasador De Oro XO est pour vous! Bien structuré, c’est le genre de rhum que l’on veut dans une journée froide (voir même d’après ski ou d'après hockey). Tout comme une couverture, il est tout simplement doux et réconfortant!

Bien hâte de voir le nouveau Grand Reserva qui verra le jour dans les prochains mois.

Rhum Plantation! Un savoir, une passion et un engagement!

Le Rhum Plantation! Définitivement l’une des gammes de rhums les plus fascinantes que nous puissions avoir en Amérique. D’ailleurs, cette gamme a toujours piqué ma curiosité. Comment pouvait-elle offrir une aussi grande variété et toujours être dans un standard de qualité incroyable? J'ai tout compris lors d’une soirée spéciale qu’a tenue la SAQ Signature en l’honneur du Rhum Plantation. Le tout se tenait Jeudi dernier, le 6 Octobre, à la superbe Galerie du Gouverneur de Montréal. Voici justement mon résumé de cette soirée mémorable.

Avant d’aller plus loin, j’ai oublié de vous demander si vous connaissiez cette gamme de rhum? Le Rhum Plantation est le fruit de la Maison Ferrand, grandement reconnue pour ses cognacs. Cette Maison historique a vu son plan d’affaire prendre grandement d’ampleur quand un certain Alexandre Gabriel est monté à bord en 1989. En effet, celui qui est aujourd’hui président et propriétaire de la Maison a élargi la notoriété de cette dernière de façon incroyable à travers les années avec le Cognac Ferrand, le Gin Citadelle ainsi que le Rhum Plantation. C’est à travers les années 90 qu’Alexandre parcourru les Caraïbes avec le but ultime de trouver les meilleurs rhums de terroir afin de justement y développer une gamme ‘’grand cru’’.

‘’Je suis un amoureux des produits qui expriment avec authenticité l’histoire et le terroir qui les ont forgés’’ dit-il. ‘’J’étais fasciné par cette diversité, cette exubérance parfois, que les meilleurs rhums exprimaient d’un pays à l’autre dès la sortie de l’alambic. J’étais et suis toujours un mordu. Le travail que je découvre est toujours unique. Celui du vieillissement était et est parfois plus primaire. Ce qui peut endommager certains rhums. Je savais que mon équipe et moi pourrions offrir un vieillissement incomparable et ce, avec un bois que l’on connait plus que bien.’’

Vous aurez donc compris que le concept de Plantation est de justement prendre du rhum (déjà en barrique) d’une distillerie afin d’amener le tout à Cognac et lui offrir un vieillissement supplémentaire dans l’un des chais de la Maison Ferrand. Bien sûr, chacun des chais à ses caractéristiques et offre un vieillissement différents d’un autre. Et, est-ce possible de savoir de quelles distilleries proviennent les rhums? Oui… Parfois! Mais d’autres distilleries préfèrent que Plantation garde le tout confidentiel.

Plus de quinze (15) années plus tard, en 2012, M. Gabriel est élu ‘’Rum World Best Master Blender’’ et aujourd’hui, c’est des centaines de mérites que reçoit de façon annuel cette magnifique gamme. On retrouve sous Plantation des rhums provenant de tous les coins du globe. Que ce soit avec un rhum d’Haïti, Cuba, Venezuela, Pérou, Guyana, Guadeloupe, Jamaïque ou voir même de la Barbade, Plantation nous fait voyager et nous offre surtout la découverte d’une culture unique.

Revenons au résumé de la soirée. Lors de cette soirée, animée par nul autre que Guillaume Lamy – Vice-président pour le marché américain, nous avons eu la chance de déguster quelques produits qui arriveront sous peu à la SAQ mais aussi des produits conçus uniquement pour le cadre de cette soirée. À noter que tous les rhums étaient mariés d’une façon plus que brillante à des assiettes conçues par le Burgundy Lion.

La soirée a débuté avec deux (2) cocktails conçus par M. Fabien Maillard de l'incroyable Bar Le Lab à Montréal. Nous avions donc un Mai Tai fait à l’aide du Plantation Original Dark mais aussi un ‘’Twisted Daiquiri’’ fait avec l’unique Plantation Pineapple Stiggins Fancy. Ce rhum est tout simplement hallucinant. Un rhum qui, au départ, n’était pas du tout destiné à la vente mais simplement pour être partagé lors de certains événements. Mais, victime de son succès phénoménal, Plantation a décidé de l’offrir aux consommateurs et ce, même si le processus de fabrication est assez complexe. On parle d’un assemblage de rhums (Plantation 3 Stars et Original Dark) dans lequel sont infusés/macérés des ananas victorias. Par la suite, le tout est distillé et remis en barrique pour quelques temps. Simple vous dites? À noter que les ananas doivent être plus que frais et doivent être coupés immédiatement à leur arrivée chez Maison Ferrand. Il est aussi important de mentionner que tous les ananas sont coupés à la main afin d’assurer la qualité de l’infusion/macération. Avec un bouquet d’ananas, de bananes, de vanilles et fumées… Je repète que c'est incroyable comme produit! À 35.00$ la bouteille, parions que les six cent (600) bouteilles ne perdront pas de temps à trouver preneur.


La vraie dégustation a débutée avec le Plantation Gran Anejo. Ce rhum, issu d’un assemblage de rhums vieux (3 à 4 ans) du Guatemala et du Belize, a été terminé pour une année complète dans un fût de cognac à la Maison Ferrand. Un fait plus qu’étonnant est que ce rhum a été conçu pour le marché canadien seulement. Bien sûr, quelques exemplaires ont été remarqués à travers le monde mais la distribution officielle de ce produit ne se fait qu’au Canada. Un rhum dans lequel le bois se fait très présent à travers des notes florales, de miel et de vanille. Un rhum excellent qui était accompagné par une assiette de betteraves blanches caramélisées, de beurre aux pommettes, pacanes sucrées et huile de canola vierge. À 39.00$, c’est une valeur sure!

Par la suite, nous avons eu droit de déguster en primeur le Plantation Jamaica Grand Cru 2002. Très similaire voir pareil à l’édition 2001, ce rhum issu d’un ‘’high easters’’ longuement fermenté, a été distillé à repasse en très petits lots avec une chauffe à nue. Par la suite, le rhum subi une maturation de onze (11) ans en fûts de bourbon sous le climat tropical et est envoyé à Charente pour un vieillissement de deux (2) ans à l’intérieur de fûts de Château de Bonbonnet. Le tout génère un caractère gras et onctueux avec des notes gourmandes très végétales à travers les fruits (mangues, bananes, ananas) et légèrement épicés. Ce rhum nous a été offert avec un avocat farci aux bacalaos et pommes de terre avec caviar et radis. Disons que le coté gras du rhum se mariait merveilleusement bien avec l’avocat. Une petite note intéressante au sujet de l’étiquette qui fait référence à Port Royal en Jamaïque. C’est un emblème fort de l’île qui fut le siège du gouvernement britannique et du commerce du rhum. Présentement, à la SAQ nous avons droit à l’édition 2001 pour 49.75$. Je dois admettre que ce rhum n’est pas pour tout le monde. Il dégage une puissance agréable pour certains mais difficile pour d’autres.


Pour ce qui est du troisième, bien là nous avions droit à de la pure exclusivité. Place au Plantation Pérou 2004, Vieille Réserve – Cask Strenght. Ce rhum est un produit que détenait M. Gabriel dans sa cave personnelle. Cave qu’il a décidé de défaire dans le cadre de cette soirée unique. Il a donc embouteillé une quarantaine de bouteilles simplement pour la dégustation SAQ Signature. Ce rhum est le fruit d’une chasse à la barrique chez Cartavio au Pérou et qui, finalement s’est avérée fortement intéressante pour la Maison Ferrand. Ils y ont découvert un rhum vieillit neuf (9) ans à travers des barriques de chêne américain et slovène. Ils ont bien sur amené le tout à Cognac afin de lui offrir un vieillissement supplémentaire de deux (2) ans dans un ancien fût de cognac. Bien sûr, en étant ‘’Cask Strenght’’, ce rhum est à plus de 55% d’alcool. Mais malgré tout, c’est élégant et très pâtissier à travers des notes de moka, vanille et de mangues sèches. Le bois se fait présent à travers une finale qui est longue mais agréable. Je l’admets… Ce fut mon coup de cœur de la soirée. Surtout que le tout a été accompagné par du lapin grillé aux épices jerk, plantain frit et un chutney de maïs. Nous avions un accès EXCLUSIF à quelques-unes de ces bouteilles pour le prix de 200.00$. Dois-je réellement vous dire si le tout en valait le coup? N’oublions pas qu’il s’agit d’un produit qui se retrouve simplement à travers une quarantaine de quilles.


Deuxième coup de cœur de la soirée, le Plantation Réunion 15 YO Vieille Réserve. Aujourd’hui, la Réunion ne compte que trois (3) distilleries de rhums et ce, même s’il n’y a pas très longtemps, il en avait plus de quarante (40). La Maison Ferrand a donc eu accès à de la pure qualité pour sa gamme Plantation et elle nous en fait la preuve avec celui-ci. Un rhum de mélasse ayant été vieillit plus de treize (13) ans sous le chaud soleil de la Réunion et qui a été finalisé deux (2) années en fûts de porto. La robe de ce rhum est vraiment magnifique. Il dégage d’avantage d’épices que le dernier et ce, avec un taux d’alcool à 46%. On est sur des notes de cannelle à travers des fruits tropicaux, voir marmelade. Un goût très subtil de menthol se fait aussi présent. Le tout nous a été servi avec un tartare de chevreuil, chips de pommes de terre douce et des mignonnettes de pommes épicées. Celui-ci nous était aussi offert exclusivement à 200.00$.


Venait ensuite le Plantation Guyana 17 YO Vieille Réserve – Cask Strenght, un rhum provenant de l’historique distillerie Demerara/Diamond Distillery. Ceux et celles qui connaissent cette distillerie, savent très bien qu’elle fonctionne avec plusieurs systèmes de conception. Que ce soit avec un ‘’single pot still’’, un ‘’double pot still’’, l’historique alambic EHP ou voir même les colonnes françaises Savalle, Demerara Distillers est en mesure d’offrir un univers incroyable en matière de rhum. De plus, les amateurs de rhums peuvent facilement savoir à quel point les ‘’single barrel’’ de Demerara sont plus que populaires. Dans le cas de ce Guyana 17 YO, Plantation fait appel à un assemblage de quelques-uns des systèmes/barriques dans le but d’aller chercher un produit unique et incroyable. L’équipe de Ferrand/Plantation a donc prit un rhum vieillit quinze (15) ans en barrique de bourbon. Par la suite, le tout est acheminé chez Ferrand dans le but de le mettre deux (2) ans dans des fûts qui ont préalablement contenu du cognac pendant plus de soixante-dix (70) ans. Intense comme rhum, 56.3% d’alcool mais reste que le tout est d’une très belle souplesse. Je reconnais, en effet, certaines notes dignes des rhums de Demerara Distillers avec la cassonade, marmelades de fruit et des notes plus terreuses comme le tabac. Un produit agréable mais qui est très similaire à plusieurs rhums que j’ai dégusté. Il était très intéressant de le déguster avec la tartelette de canard confit, foie gras, curd de Key Lime et prune brûlée que nous avions.

Pour terminer la soirée, nous avions droit au Plantation 20e Anniversaire – la quintessence des Caraïbes! Un assemblage de rhums de douze (12) à vingt (20) ans d’âge provenant tous de la Barbade. Pour ce rhum, Ferrand ne transfert par tout le rhum dans différentes barriques. Alors que certains sont transférer dans des fûts de Cognac pour une maturation entre deux (2) et dix (10), d’autres restent dans la barrique de bourbon, mais bénéficie pleinement du climat de Cognac pour leur maturation. Fruité, boisé, complexe et surtout gourmand, ce rhum est définitivement un emblème pour la gamme Plantation. Un rhum qui a été incroyable à déguster avec une tarte aux citrouilles, canneberge et crème fraîche. Le tout accompagné d’un biscuit à la mélasse.

Une soirée magnifique dans laquelle j'ai eu la chance unique de bien comprendre la vocation des rhums Plantations.

Je tiens à remercier toute l'équipe de la Maison Ferrand/Rhum Plantation ainsi que l'équipe de Bella Vita Grand Crus, la magnifique agence qui nous offre ces produits au Québec. Je tien aussi à remercier M. Daniel Belleville de la SAQ ainsi que souligné le travail incroyable de son équipe sur ce dossier.

Voici une liste des produits disponibles:
Plantation Grande Réserve 5 YO Barbados
Plantation 20e Anniversaire Old Reserve Barbados
Plantation Guatemala Gran Anejo
Plantation Old Reserve Barbados 2001
Plantation Jamaica Old Reserve 2001
Plantation Old Reserve Nicaragua 2003
Plantation Old Reserve Grenada 2004
Plantation Panama Vieille Réserve 2004
Plantation Old Reserve St Lucia 2004
Plantation Guatemala XO - Single Cask - Ice Wine Finish
Plantation Guatemala XO - Single Cask - Sauterne Finish
Plantation Belize 2004 - Single Cask - Porto Finish
Plantation Panama 8 YO - Single Cask - Sauterne Finish
Plantation Trinidad - Single Cask - Porto Finish
Plantation La Réunion PurJus 12 YO - Single Cask - Madeira Finish
Plantation Haiti Old Reserve XO - Single Cask - Tokaj Finish

Quand tout s’arrange!

C’était un beau soir d’Octobre 2014. J’étais devant la télé avec mon fils et c’est alors que j'ai reçu un message d’un certain Cédric Brément. Ce dernier me posa quelques questions concernant l’industrie des spiritueux et de leurs distributions au Québec et je me suis fait un réel plaisir de lui répondre du mieux que je le pouvais. Il me partagea d’ailleurs son rêve de voir ses produits distribués au Québec et voir même ailleurs au Canada. Il n’a donc pas pris de temps, à travers nos différentes discussions, qu’une sincère amitié soit créée. Immédiatement, Cédric et moi avons débuté une certaine collaboration et certaines études sur comment nous pourrions présenter ces produits ici au Québec. Un fait intéressant est que j’étais alors en pleine rédaction de mon plan d’affaire pour un projet. J’y ai donc vu une belle opportunité d’aller chercher une certaine expertise en créant une petite entreprise de distributions privées, dédiée à aider de petits fournisseurs comme ce sympathique Français. De ce fait, j’ai donc accomplie toutes les tâches requises afin d’amener certains de ses produits chez nous, au Québec.

En Aout 2015, presque une année après les premiers échanges, les bouteilles arrivent enfin à l’entrepôt de la SAQ. Au menu, trois saveurs soient Bananes/Cacao, Ananas Victoria ainsi que Fraises/Goyaviers. Les bouteilles, magnifiques, sont parties comme des petits pains chauds. Les consommateurs ainsi que les restaurateurs apprécient la beauté des bouteilles, mais apprécient aussi la qualité et la fraîcheur des produits. C’est une belle aventure qui s’annonça plus qu’intéressant. Nous avons d'ailleurs effectué le processus nécessaire afin que ses produits soient accessibles à tous, sur les tablettes de la SAQ – Processus long, complexe et dispendieux.

Non seulement la relation d’affaire entre Cédric et moi grandit, mais l’amitié aussi. Heureusement! Puisqu’au moment d’une nouvelle commande, une jolie brique nous tombe sur la tête avec un magnifique mémo de la SAQ concernant la quantité réelle du liquide à l’intérieur de la bouteille. Les exigences de la SAQ sont relativement complexes. À un point tel qu’un certain découragement s'empara de moi. Il est vrai qu’à l’époque, je travaillais déjà à la conception de cette plateforme web ainsi que plusieurs autres projets au même moment. J’ai donc pris la décision de mettre ce dossier de côté et ce, à travers plusieurs discussion avec mon ami Cédric. La bonne nouvelle est que Cédric est encore sur la bonne voie afin d’être officiellement sur les tablettes de la SAQ avec différents contacts, chose que je ne pouvais malheureusement plus accomplir.

Cette semaine, Cédric célèbre le 5ième anniversaire de son entreprise Les Rhums de Ced et j’ai envie de partager un brin de son histoire avec vous. À la fois simple et compliquée, c’est une histoire extraordinaire d’une passion et d’un rêve.

Le tout remonte aux débuts des années 2000 alors que Cédric, ignorant et inconnue du milieu des alcools, effectuait ces études en tant qu’ingénieur agro-alimentaire. Bien sûr, qui dit étudiant universitaire dit aussi ‘’beuverie’’! Mais dans le cas de Cédric, tout ça se passe avec différents types de rhums qu’il mélangeait avec du cola et jus d’orange. À travers le temps, Cédric se posa certaines questions sur différents méthodes de consommer, mais se rappela surtout la bonne vieille tradition de son grand paternel… Le Ti’Punch! Il se posa donc la question sur comment consommer son alcool favoris, le rhum, de façon simple et efficace.

Il a donc cherché un concept qui pouvait répondre à son questionnement et a vite tombé sur celui du Ti’Arrangé. Il s’est donc mis à en produire pour le simple plaisir et consommation personnelle. D’autant plus qu’il pouvait y mettre son expérience en tant que pro agro-alimentaire.

À travers le temps, à travers les mois et les années, plusieurs personnes pouvaient déguster ses différents produits dans diverses soirées et/ou événements. De fil en aiguille, il a approfondi de plus en plus les recettes en fonctionne des retours et des commentaires de ses proches et/ou amis. À un point tel que de plus en plus de personnes se sont mis à le solliciter afin d’acheter ses produits pour consommation personnelle ou simplement pour offrir en cadeau.

Cédric mit plus de temps et ce de jour en jour, à la conception, aux recherches et aux développements de différentes recettes et ce, avec toutes les responsabilités qu’il avait déjà (Joueur de basketball, la femme, la famille, son travail régulier). Au moment où l’épuisement est arrivée, en Septembre 2012, il a pris l’audacieuse décision de tout lâcher et de lancer ‘’Les Rhums de Ced’’.

Aujourd’hui, Les Rhums de Ced est beaucoup plus qu’une simple entreprise. C’est aussi une magnifique aventure familiale. C’est aussi une entreprise dans laquelle la main d’œuvre est primordiale pour la qualité du produit. Pouvez-vous croire que les fruits sont coupés à la main par différents membres de l’équipe? Un travail ardu et un travail complexe qui offre une qualité hors pairs dans l’industrie. Et bien sûr, avec les médailles et récompenses que ses produits accumulent, vous comprendrez que la demande est incroyable et ce, non seulement à travers l’Europe mais aussi à travers divers pays.

Il y a quelques semaines, Cédric était de passage au Québec pour de simples vacances en famille. J’ai eu l’honneur de l’accueillir chez moi et de m’entretenir avec lui.

YAN AUBÉ - Vous connaissez un peu le marché du Québec... Est-ce que la réalité de la France est tout aussi difficile?
CÉDRIC BRÉMENT - Le commerce est toujours difficile – il faut se battre. Je trouve cependant que le marché Québécois est plus compliqué du fait qu’il faut être autorisé pour y rentrer par la SAQ. En France, rentre quasiment qui veut….

YAN AUBÉ - Chose que vous feriez de différents, si tout était à refaire?
CÉDRIC BRÉMENT - Pas que tout se soit bien passé, ce serait te mentir! Mais une chose est sûr c’est que l’aventure que je suis en train de vivre est tout simplement extraordinaire. Elle m’a permis de rencontrer des personnes très intéressantes que je n’aurai jamais pu rencontrer autrement et encore il y en a tant d’autres à découvrir. Elle me permet aussi de découvrir d’autres cultures et c’est hyper enrichissant, nous avons tant à apprendre des autres.

YAN AUBÉ - La chose la plus incroyable dans vos journées.
CÉDRIC BRÉMENT - Le matin quand j’arrive à l’atelier et que je vois le jour se lever. Vous pouvez vous moquez ça fait fleur bleue mais quel plaisir – c’est un nouveau jour qui démarre pour continuer cette aventure.

YAN AUBÉ - La chose la plus difficile dans vos journées?
CÉDRIC BRÉMENT - Le temps! Je n’ai pas assez de temps pour tous les projets qui me trottent dans la tête mais faisons chaque chose en son temps et de manière réfléchie.

YAN AUBÉ - Votre plus grand fierté à ce jour?
CÉDRIC BRÉMENT - La première récompense obtenue qui est une médaille sur L’Ananas Victoria en 2013 au Concours Générale Agricole. Ce fut la première et la première a toujours une saveur toute particulière. Et d’apparaître dans le livre « 120 Rhums » d’Alexandre Vingtier. Être sélectionné pour y apparaître est une récompense énorme face au travail effectué.

YAN AUBÉ - Scoop pour le futur?
CÉDRIC BRÉMENT - Mon rôle de cuisinier ne fait que commencer! L’univers rhum est très riche en idée donc il devrait y avoir des surprises d’ici quelques mois/années.

YAN AUBÉ - Pour terminer, outre les Ti'Arrangés de Ced, qu'est-ce qu'on boit?
CÉDRIC BRÉMENT - Je ne dirai pas qu’est ce qu’on boit mais avec qui on le boit et comment peut-on le partager au mieux. Les spiritueux offrent un spirit/esprit de partage et de plaisir. Mais pour la cause, mon péché mignon est un bon Ti’Punch au rhum agricole.

Flor de Cana 12YO: Le volcan et ses fleurs!

Lors de ma présence à Tremblant Gourmand, j'aurai l'incroyable privilège d’offrir différentes conférences sur divers spiritueux. L’une de mes conférences portera sur l’univers fascinant des rhums.

Cet univers a définitivement été ‘’mon premier amour’’ avec les spiritueux. C’était en 2008, lors d’un voyage dans l’archipel de Cuba, que je suis réellement tombé en amour avec le rhum. Bien sûr, mes connaissances et surtout mes préférences étaient énormément différentes de celles d’aujourd’hui.

Lors de ma conférence, je présenterai une maison que j’ai découverte lors d’un voyage à l’Honduras mais surtout une maison que j’affectionne énormément… J’ai nommé Flor de Cana.

Flor de Cana est un rhum qui nous provient du Nicaragua, un magnifique pays en Amérique Centrale. Ces influences sont donc hispaniques (Espagnoles). Généralement, les rhums avec ce type d’influence sont généralement moins raffinés, moins aromatiques et surtout construit dans une certaines simplicités, mais  ce n’est définitivement pas le cas chez Flor de Cana qui offre un esthétique et une gamme de produits tout aussi magnifiques que son histoire.

Une superbe histoire qui débute en 1890 alors qu’un ‘’fou’’ du nom de Francisco Alfred Pellas décide de faire l’installation d’une plantation de canne à sucre aux pieds du volcan San Cristobal… Un volcan toujours actif! Outre faire rire les assurances, cette décision était tout de même bien réfléchie. Le sol riche qui se trouve aux pieds de ce volcan offre une richesse minérale supplémentaire à la canne à sucre. Mine de rien, cette richesse minérale amène une mélasse d’avantage plus sucrée et plus prononcée.

Malgré la création de cette plantation, la marque Flor de Cana a officiellement vu le jour en 1937. La distillerie s'est alors mise à produire uniquement que du rhum. Près de vingt (20) ans plus tard, en 1959, ses rhums sont distribués à l’échelle mondiale.

Bien sûr, la demande fut énorme pour ce nouveau type de rhum. A un point tel que la distillerie a dû se moderniser d’avantage afin de répondre à la demande. Non seulement la distillerie situé à Chichigalpa a été modernisée en 1973, mais une seconde distillerie a été créée à l’Honduras. D’ailleurs, lors de mon voyage en 2013, on le surnommait souvent LE rhum de l’Honduras.

En 1980, le Nicaragua vit une grande révolution ce qui fait que la distillerie située à Chichigalpa ne peut faire autrement que d’accumuler les fûts de rhum dans ses chais. Cela a duré près de 8 ans ce qui fait qu’aujourd’hui, Flor de Cana peut se vanter d’avoir LA plus grosse réserve de rhum à l’échelle planétaire. Tout de même intéressant.

Outre le fait que la distillerie est toujours entre les mains de la famille Pellas – Oui oui! Après cinq générations! – l’une des particularités de Flor de Cana est sa production. Tout commence avec la mélasse que l’on fait fermenter à l’aide d’une levure spécialement conçue par la famille Pellas. Cette fermentation dure pour une période de vingt-quatre (24) à trente (30) heures afin d’atteindre un niveau de 7% alc/vol. Par la suite, la distillerie distille ce vin cinq (5) fois dans leur magnifique alambic à colonne. Ce processus offre un produit relativement neutre et très peu aromatique. Pourquoi y aller avec une telle procédure? Pour aller chercher le maximum de la maturation. D’ailleurs, cette maturation est tout aussi incroyable. Contrairement au climat des Caraïbes, le climat de Chichigalpas est incroyablement variable. Le taux d’humidité n’est pas du tout le même et la température peut être relativement fraiche ce qui fait que six (6) mois en barrique peut être comme trois (3) mois dans un climat comme celui des Caraïbes. Bien sûr, les fûts de chênes ayant préalablement du whisky américain à l’intérieur joue un rôle particulier au niveau des arômes et au niveau de la robe de la gamme. Pour ce qui est des rhums blancs, ils sont aussi vieillis un certain nombre d’années mais ils sont filtrés de façon très délicate à travers des filtres de charbons conçu par la distillerie elle-même.

Mon grand coup de cœur a été le Flor de Cana 18YO pour son coté plus boisé et plus robuste, mais reste que le Flor de Cana 12YO représente un incroyable rapport qualité/prix qui se distingue fortement dans l’industrie des rhums actuellement disponibles.

C’est un rhum que je déclare gourmand! Un rhum qui se pointe avec des petites notes de fruits et vanilles. On goûte un léger miel à l’intérieur ainsi que quelques notes boisées. Il se peut aussi qu’une petite note de café se fasse très subtile. C’est le style de produit que vous pouvez facilement servir avec certains desserts.

En plus, avez-vous vu le look incroyable de cette bouteille? À 43.00$ c’est le genre de bouteille que vous achetez et que vous laissez fièrement sur le comptoir question d’impressionner la visite. Le seul bémol? Si vous faites cela, la bouteille partira en moins de quelques jours voir quelques heures!

Arriver à bon port avec l’Harbour Rum

Vous vous rendez sous peu dans la ville reine de Toronto? Un petit arrêt s’impose! Direction à la jeune distillerie de Yongehurst.

Mais qu’ont essayé de faire Rocco et John Paul avec la distillerie Yongehurst? D’être aussi spectaculaire que leur équipe de baseball locale? Bien je dois admettre que si c’était leur but, ils y sont presque. Suite à leurs différentes collaborations avec des brasseurs, des baristas et bartenders, ils ont vite réalisé l’engouement face aux produits locaux ainsi qu’à la difficulté des producteurs à fournir la ville reine, ces deux jeunes entrepreneurs se sont lancés dans la production de spiritueux. Ce qui est fascinant? Leur audace de produire des spiritueux qui n’ont pas encore été fait dans les environs de Toronto tel que l’unique Harbour Rum. L’Harbour Rum, qui est le premier spiritueux que nous offre Yongehurst, n’est offert qu’en blanc (375ML) pour l’instant mais reste qu’un petit lot est présentement en maturation dans des futs de Bourbon Four Roses.

La conception du Harbour Rum est toute aussi intéressante que l’histoire de la petite distillerie. Pour bien produire leur rhum, Rocco et John Paul utilise une mélasse (équitable et organique) provenant du Paraguay. Le tout est fermenté à l’aide d’une levure ‘’sauvage’’ spécialement conçu en Ontario à l’aide de pommes. Par la suite, le tout passe à travers deux petits alambics hybrides afin de conserver le maximum d’arômes et de douceur. Le tout est dilué à 44% d’alcool avant son embouteillage ce qui lui permet de garder un beau bouquet d'arômes!

L’Habour Rum offre un côté très végétal et herbacé en premier lieu comme pourrait le faire un agricole. Par la suite, le fruit se montre d’une très belle façon. C’est à se demander si ce n’est pas une petite eau de vie. Malgré la chaleur qu’il dégage à son début, sa fin est beaucoup plus douce et très agréable.

Définitivement agréable à son état pur mais, je dois admettre qu'il doit être fascinant de le travailler en cocktail comme un daiquiri ou voir même un mojito.

Si c’est bel et bien le rhum qui nous attend au Port de Toronto (Harbour Rum)… Je lui accorde son titre de ville reine!

Un bel honneur d’avoir été en mesure de déguster ce rhum et ce, avant même ma visite à la distillerie qui se fera sous peu avec le lancement de nouveaux produits.

Je suis aussi désolé de vous décevoir chers lecteurs mais... Ce rhum n'est malheureusement pas disponible à la SAQ et LCBO pour l'instant.

La distillerie est situé au 346 Westmoreland Ave., Toronto (Ontario).

Le Doux Maderas 5+5! Oups… Le Dos Maderas 5+5!

Il y a quelques temps, j’ai découvert un rhum tout simplement incroyable. Le Dos Maderas 5+5! J’ai grandement eu envie de vous partager quelques infos au sujet de ce magnifique rhum espagnol.

Tout d’abord, la gamme Dos Maderas est le résultat de la superbe maison de production Bodegas Williams & Humbert, fondée en 1877. Cette maison très connue pour ses brandys ainsi que ses vins, a eu la brillante idée d’assembler elle-même sa gamme de rhum. Pour s’y faire, Williams & Humbert achète un assemblage de rhums de la Barbade ainsi que de la Guyane Britannique. Cet assemblage a préalablement été vieilli pour une période de cinq ans en fûts de bourbon. Le tout est par la suite acheminé en Espagne par bateau. Mine de rien, ce type de transport a effectivement un rôle à jouer puisque le mouvement du bateau fait en effet bouger le liquide à l’intérieur des barriques ce qui offre d’avantages de saveurs au produit final. Une fois sur le sol espagnol, on lui fait passer un bon trois ans dans des fûts ayant contenu du Dos Cortados (Palo Cortado), un excellent vin de Xérès espagnol. Ce processus donne le Dos Maderas 5+3. Par la suite, la maison prend une partie de la production et met le tout à l’intérieur de fûts ayant contenu le vin de Xérès Don Guido (Pedro Ximénez) pour une période de deux ans. Voilà qu’apparait le Dos Maderas 5+5!

La beauté du Dos Maderas 5+5 est que le résultat de tout ce travail est tout simplement délectable. L’influence du vin de Xères est bien présent ! La vanille se fait bien sentir aussi. Avec de belles notes de fruits, de douces épices et même de bois. Ce Dos Maderas 5+5 est d’une douceur tout simplement remarquable. D’ailleurs il est un excellent candidat pour un rhum & fromage !

Au niveau de l’emballage, la maison Williams & Humbert nous a toujours offert de beaux emballages et elle persiste avec sa gamme de rhums. Le Dos Maderas 5+5 nous est présenté dans une magnifique bouteille, gravée par la maison Williams & Humbert, qui se trouve dans une jolie petite canisse.

À 70.75$ c’est un produit qui est fortement recommandable ! Un très beau produit à offrir ou à s’offrir en cadeau !