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Le Moonshine St. Laurent!

L’industrie des spiritueux artisanaux ne cesse de grandir au Québec. Avec les différentes lois ainsi qu’avec les différentes difficultés auxquelles doivent faire face les distilleries, les vodkas ainsi que les gins sont les premiers spiritueux à sortir de certaines maisons et ce, pour plusieurs raisons. Bien sûr, toute micro distillerie rêve de produire son whisky, mais la réalisation d'un tel projet est difficile et demande une certaine logistique. Le produit ainsi que l’entreprise que je vous présente aujourd’hui le démontrent bien. Place au Moonshine St. Laurent de la Distillerie St. Laurent.

Qu’est-ce qu’un moonshine ? Un moonshine est en fait un alcool de grain. Un spiritueux de grain. Un moonshine est en fait un whisky qui ne passe aucunement dans un fût. Donc c’est un alcool simple à vendre tout comme une vodka et un gin ? Pas vraiment. Il est vrai que la vente d’un moonshine est profitable puisqu’au Canada, un whisky doit subir un minimum de trois (3) ans de vieillissement. Il est vrai qu’un moonshine peut être vendu rapidement, mais la mise en place d’un tel produit n’est pas simple et encore une fois, celui de la Distillerie St. Laurent nous le prouve bien.

Grandement reconnue pour son excellent gin, la Distillerie St. Laurent a fait exploser les réseaux sociaux avec l’annonce de la sortie de ce moonshine. Après deux années glorieuses avec le gin ainsi qu’après deux années de recherches et de développements, il était temps pour eux d’entamer la deuxième phase de leur projet.

«On a beau rêver d’un whisky, on a beau rêver de plusieurs spiritueux, mais reste que l’achat de grains, l’achat de fûts et l’achat d’équipements spécialisés demandent énormément sur le plan financier. Donc notre première phase était de nous procurer certains équipements pour nous permettre de faire un spiritueux le plus rapidement possible, mais de la meilleure des façons. Nous avons réussis le coup avec notre gin. Voilà que nous avons été en mesure de passer à la deuxième phase en nous procurant un alambic spécialisé ainsi qu’en nous procurant quelques fûts. C’est le grand rêve qui commence !» me disait Joël Pelletier, l’un des deux fondateurs de la distillerie.

Ce grand rêve a bel et bien été mis en place et ce, avec une recette de bourbon. En effet, les gars ont décidé d’effectuer un moût de 75% de maïs, 15% de seigle et de 10% d’orge. Mais pourquoi une recette de bourbon ?

«Actuellement, la SAQ offre une très belle sélection de bourbon, mais malheureusement, ce sont des bourbons plus commerciaux fabriqués par de grandes maisons. J’ai eu la chance de déguster des bourbons très artisanaux, très différents de ce dont nous avons l’habitude de boire et je voulais absolument produire ce type de whisky.» me disait Joël.

Pour construire leur whisky, Jean-François et Joël utilisent non seulement des grains du Bas St-Laurent, mais effectue aussi un procédé typique du bourbon artisanal. Suite à une fermentation sur grains, l’équipe intègre ces grains dans la distillation afin d’aller chercher un goût de céréale. Cette distillation est d’ailleurs double et les coupes se font de façon très serrée pour aller chercher un distillat à plus ou moins 70% d’alcool. Le tout est ensuite mis dans deux (2) types de fûts neufs. D’une part à faible carbonisation et d’une autre part à carbonisation élevé et ce, pour justement respecter cette tradition du bourbon.

Ok… Mais ce moonshine dans tout ça ? Lors de la production de leur whisky, les gars de la Distillerie St. Laurent embouteille 10% de la production et ce, pour quelques raisons. Bien sûr, le tout génère un revenu supplémentaire et permet de faire avancer les projets, mais il y a aussi l’éducation aux consommateurs. Il y a aussi la réponse aux différentes questions des amateurs de whisky. Pour offrir aux amateurs la chance de goûter ce que l’alambic produit sans altération. D’ailleurs, la Distillerie St. Laurent n’est pas seule à faire cet exercice. Les Subversifs avaient lancé le tout premier moonshine au Québec avec leur Chien Blanc. Aujourd'hui, ils l'offrent en deux (2) versions dont un avec un relevé (mash) de bourbon ainsi qu'un autre avec un relevé (mash) de single malt. D'autres distillerie ont joint le mouvement dont la Maison Sivo avec Rebel Moonshine de Rye ainsi que de Peter McAuslan avec le Progression 1.

Quelques moonshine ainsi que quelques eaux de vie de grains

Quelques moonshine ainsi que quelques eaux de vie de grains

Avec un taux de 47% d'alcool par volume, le Moonshine St. Laurent se pointe avec une note très végétale. Une note de maïs, mais pas un maïs en conserve. Un maïs à même sa tige, à même le champ. Un petit goût sucré se fait percevoir grâce à l'orge ! Vient ensuite cet arôme de poivre et d'épices, mais rien de désagréable. Ici, c'est le seigle qui fait bien son travail. Le tout retrouve rapidement une douceur et vous amène une belle finale dans laquelle on perçoit quelques notes fruitées. Le goût vous reste en bouche un bon bout, mais ce n'est pas d'une grande chaleur. C'est tout simplement bon ! 

Bien hâte de voir le résultat après un beau trois (3) ans de vieillissement. Nous aurons définitivement un très beau whisky canadien mes amis ! Ce qui est incroyable, est que les gars ne s’arrêteront pas à ce whisky. Actuellement, ils ont déjà un single malt à l’intérieur de quelques fûts. Ce malt s’annonce tout aussi prometteur que leur whisky de type bourbon. Pour produire ce spiritueux, le Distillerie St. Laurent a fait appel à l’entreprise 
MaltBroue, grandement reconnue dans l’industrie, pour son orge. Le tout est actuellement à l’intérieur de quelques fûts neufs. À suivre... Avec une grande impatience !

Les deux (2) entrepreneurs de Rimouski ont aussi décidé d’offrir une «twist» à leur gin. En effet, les gars ont tenté une expérience en insérant le Gin St. Laurent à l’intérieur d’un petit fût de cinq (5) litres. Après quelques mois, le fût était vide ! Non à cause de l’évaporation, mais bel et bien parce que c’était un liquide que tout le monde appréciait dans la distillerie. Ils ont donc décidé de tenter le coup avec trois (3) fûts de deux cent (200) litres ayant préalablement contenus du bourbon et ce, pour une période d’un an. J’ai eu la chance de déguster ce gin et c’est de toute beauté. Vraiment ! Il est vrai que ce que j’avais dans le flacon était un brin plus jeune qu’une année complète, mais reste qu’avec un taux de 47% d’alcool, le résultat est très goûteux. Les arômes du bourbon sont bel et bien présent avec un coté céréalier, avec quelques notes d’agrumes, mais à travers le traditionnel goût salin et pinède du Gin St. Laurent. 

Gin St. Laurent

Gin St. Laurent

Vous croyez que c’est tout ? Oh non ! La distillerie est aussi dans l’élaboration d’un rhum. L’idée d’un tel produit est bien sur arrivée par amour pour le produit, mais aussi pour rendre hommage à un vieux mouvement de la côte est américaine. À l’époque, les distilleries de la région ne produisaient pas d’alcool de grains, mais bel et bien du rhum. Du rhum qu’elles produisaient à base de mélasse provenant des Antilles. Pas question pour eux de prendre un rhum déjà fait et de le modifier dans leurs locaux. La Distillerie St. Laurent a décidé de faire la même chose. Pour s’y faire, la distillerie prend une mélasse verte du Guatemala qu’elle fermente pendant une semaine avant de distiller le tout deux fois à l’intérieur d’un alambic en cuivre de type «pot still». Même sur ce rhum, les distillateurs effectuent les coupes de façon très serrées. Très peu de queue de distillat à l’intérieur du liquide pour aller chercher une qualité phénoménale. Le distillat est succulent. Entre le caramel (butterscotch) et même le sirop d’érable, on perçoit une ressemblance avec la tire Sainte-Catherine. Le tout est actuellement dans des anciens fûts de bourbon et ce, pour un minimum d’un an afin de bien respecter la loi canadienne sur l’élaboration des rhums.

L’avenir pour la Distillerie St. Laurent est très prometteur. Actuellement, elle est présente dans quelques pays à travers le globe et ce, pour plusieurs raisons dont la qualité du produit, pour la qualité entrepreneurial, mais aussi pour sa grande transparence. La distillerie n’a aucun secret et vous trouverez toujours réponse à vos questions et ce, aussi techniques soient-elles. Joël m’expliquait qu’il était extrêmement important pour eux d’avoir cette transparence afin de justement éduquer le consommateur. De toute façon, que peut-il arriver avec une telle transparence ? Une presque réplique de ce que les gars produisent ? Bien, il faut plus qu'une recette pour arriver à concevoir un produit ! Il y a les équipements, la matière première ainsi que l'expérience en distillation qui jouent un grand rôle sur le résultat final d'un produit. Alors... Bonne chance !

Le Moonshine St. Laurent sera disponible à la SAQ durant le mois de Février et ce, à 49.00$ (750ML). D'ailleurs, ceux et celles qui aimeraient assister à une belle présentation de ce superbe produit, rendez vous le 10 Mars prochain au Nelligan's Pub Irlandais ! L'information est ICI !

Le whisky Gibson’s Finest!

La prohibition. Histoire sombre ou histoire heureuse? Bien sûr, le côté sombre de la prohibition fait jaser davantage, mais pour l’industrie des spiritueux canadiens, la prohibition a amené de très belles histoires dont celle du Gibson’s Finest, un excellent whisky canadien.

J’avais une bonne connaissance de cette histoire, mais j’en ai découvert beaucoup plus lors de mon entretien avec Joshua Groom, l’ambassadeur global du Gibson’s Finest. Ce dernier, tout comme la gamme Gibson’s Finest, a une histoire fascinante! Anciennement ambassadeur de la gamme Camus, ce dernier a parcouru le monde pour faire la promotion de ce merveilleux Cognac. Il s’est aussi occupé du dossier Ungava Spirits, avant que celui-ci passe entre les mains de Corby/Pernord Ricard. C’est alors qu’il est devenu l’ambassadeur global du Gibson’s Finest, un rôle qu’il remplit merveilleusement bien! «Pour bien déguster Gibson’s Finest, tu dois comprendre l’histoire derrière. Pour bien déguster ce whisky, tu dois aussi comprendre l’identité de tout ce qui entoure le nom! » me dit-il.

Brian Kinsman (Photo fournie par Gibson's Finest)

Brian Kinsman (Photo fournie par Gibson's Finest)

Cette histoire débuta au début du 19e siècle alors qu’un irlandais du nom de John Gibson émigra aux États-Unis, plus particulièrement dans la ville de Philadelphie. Déjà à un jeune âge, ce jeune homme travailla dans une entreprise d’alcool. À temps perdu, il distilla sa propre eau-de-vie pour sa consommation personnelle, mais aussi pour une petite revente. En 1856, avec plusieurs années d’expériences et avec une connaissance incroyable du marché des alcools, il créa Gibsonton Mills. Malheureusement, quelques années plus tard, John Gibson quitta ce monde. La distillerie fit remise à son fils Henry, alors dans la vingtaine. Ce dernier fit de l’entreprise de son père un réel succès! Les produits de la maison sont vite devenus reconnus à travers l'Amérique! Henry Gibson quitta l’entreprise vers la fin du 19e siècle. En 1919, la prohibition frappe les États-Unis. De ce fait, la distillerie se voit dans l’obligation de fermer les portes. Tristement, elle fut détruite quelques années plus tard. La réserve ainsi que divers équipements de la distillerie furent acquis par une entreprise du nom de Schenley. D’ailleurs, en 1945, cette entreprise déménage certains de ses effectifs à Valleyfield, au Québec, dont certains des stocks de Gibson’s. Au début des années 1970, la distillerie ramène le nom Gibson’s sur certaines bouteilles et ce, avec un whisky complétement canadien à l’intérieur. Aujourd’hui, les produits Gibson’s sont assemblés en Ontario et ce, par nul autre que Brian Kinsman, un maître assembleur grandement reconnue dans l'industrie grâce à son travail avec Glenfiddich! Cet assemblage est l’identité réelle de la gamme Gibson’s Finest! Il faut comprendre que pour cette gamme, les grains (maïs, orge et seigle) sont distillés de façon séparée. Par la suite, chacun des distillats est presque entièrement reposé à l’intérieur d’une barrique ayant préalablement contenu du Bourbon. Une très petite quantité effectuera un passage en fût neuf. Après un certain nombre de temps, M. Kinsman assemble ces différents whiskies afin d’offrir le produit désiré, afin d’offrir l’identité de la gamme Gibson’s Finest! «Mais Yan, est-ce possible d’avoir le pourcentage exacte des différents distillats?» J’ai, en effet, posé la même question à Josh et la réponse fut négative! «Brian fait un travail incroyable pour assurer l’identité de Gibson’s Finest! Je ne te cacherai pas que la recette de l’assemblage peut varier puisque les années nous offriront différents produits. De ce fait, Brian (et son nez incroyable) fait un travail exemplaire pour s’assurer que les arômes soient toujours les mêmes.» D’ailleurs, Josh m’expliquait qu’il en est de même au niveau de l’âge de chacun des whiskies. L’âge indiqué sur la bouteille est bien sur le minimum. Mais très souvent, c’est seulement une indication pour l’identité du produit. Par exemple, RARE (douze (12) ans d’âge) a pour minimum un quatorze (14) ou même un quinze (15) ans à l’intérieur. Il en est ainsi parce que les fûts ont pris plus de temps à offrir ce que Brian recherchait.

Gibson's Finest BOLD (8 ans d'âge)

Gibson's Finest BOLD (8 ans d'âge)

Et les produits? On s’attend à quoi? Débutons la découverte de ces produits avec le BOLD. Ce dernier est actuellement le plus jeune de la gamme. Comme vous pourrez le constater sur la bouteille, on parle ici d’un minimum de huit (8) ans. On parle ici d’un spiritueux très versatile! Avec un 46% d’alcool par volume, le BOLD peut facilement s’intégrer dans un verre de dégustation que dans un excellent cocktail! Le seigle est explosif dans ce produit! Il vous offrira un côté boisé à travers un peu de cannelle, muscade et une (très) douce vanille. J'admet... J'ai grandement apprécié celui-ci et ce, à travers les quelques options dont il m'a été offert.

Gibson's Finest RARE (12 ans d'âge)

Gibson's Finest RARE (12 ans d'âge)

Continuons avec le RARE. Ce dernier est bien différents de son petit frère. Un peu plus «bonbon»! Un peu plus soyeux! Il offre un caractère qui me rappel certains vins chauds avec des notes d’agrumes, cannelle, caramel et une grande présence de bois. Beaucoup plus d’amertume que le plus jeunes. Sa grande popularité se comprend très bien et ce, à la toute première gorgée! Son rapport qualité/prix fait de lui un sacré bon choix pour plusieurs événements.

Gibson's Finest VENERABLE (18 ans d'âge)

Gibson's Finest VENERABLE (18 ans d'âge)

Passons maintenant au VENERABLE. Ce dix huit (18) ans d'âge est très intéressant. À travers le grain de seigle, se fait vraiment voir un arôme d'épices très intense! Cela me rappel les copeaux de bois de la compagnie tabasco. Vient ensuite un côté plus confit comme un gingembre confit. Un bon goût de caramel vient adoucir le tout. 

Outre ces trois (3) produits, vous pouvez aussi mettre la main sur la version STERLING. Je n'ai malheureusement pas eu la chance de déguster cette version.


À plusieurs reprises pendant ce billet, le mot identité a été mentionné. Ce mot est très important aux yeux de Joshua Groom ainsi qu'aux yeux de l'entreprise. C'est pour cette raison que les produits sont ce qu'ils sont. C'est pour cette raison que la gamme n'est pas énorme. C'est pour cette raisons que Gibson's Finest ne touchera jamais l'univers des spiritueux aromatisés. Ils veulent honorer l'identité de la famille Gibson. Ils veulent honorer l'identité de cette histoire. Cette histoire qui a forgée l'industrie du whisky canadien. Et voyez vous, l'entreprise ne cherche pas à faire de gros partenariat afin de vendre ses produits. Au contraire! Elle cherche à s'investir dans la communauté. Elle cherche à s'investir dans le quotidien de ceux et celles qui font le pays que nous sommes. La meilleure exemple que Joshua m'a donné est que l'entreprise ne vise pas les différentes Ligues Nationales dans le sport. Elle vise plutôt les ligues locales. Elle vise plutôt ceux qui peuvent réellement s'identifier à cette sacrée identité.

Actuellement, le Québec a simplement accès à l'édition RARE (douze (12) ans d'âge). Mais Joshua m'expliquait que l'entreprise travaillait afin de nous offrir les autres produits.

En compagnie de M. Joshua Groom

En compagnie de M. Joshua Groom

McAuslan’s Progression

De plus en plus de spiritueux voient le jour au Québec et ce, avec quelques variantes afin de combler le plus grand nombre de consommateurs possible. L’industrie de la distillation bat son plein sur le terroir de la fleur de lys! D’ailleurs, voilà qu’une gamme de petits nouveaux voit le jour et ce, avec une vision très intéressante. Je vous présente le «Progression 1 – New Make de Rye» ainsi que le «Holy Smoke! Gin» de nul autre que Peter McAuslan! Ce nom vous sonne familier? C'est normal et en voici les raisons.

M. McAuslan a été l’un des grands pionniers dans l’univers de la bière, en 1988, avec la création de la Brasserie McAuslan (Bières le Griffon & St-Ambroise). C’est d’ailleurs durant cette aventure, en 1992, qu’il fit la rencontre d’un certain Jean-François Théorêt, aujourd’hui co-fondateur de la Brasserie & Distillerie Oshlag. C’est aussi avec ce Jean-François que Peter partagea son grand amour pour le whiskey/scotch. «Je ne peux te dire le nombre de fois que j’ai visité l’Écosse et l’Irlande! Oui c’est un terroir riche et fascinant pour la bière, mais d’avantage pour le scotch et le whiskey!» me disait Peter. Alors en 2013, lorsque la brasserie passa entre les mains de Les Brasseurs RJ, M. McAuslan décida de s’intéresser d’avantage à un plan qu’il avait en tête depuis 2007, celui de distiller. «Jean-François (Théorêt) me parlait souvent du projet de la distillerie. J’admets que le tout m’apportait à réfléchir. Moi, étant un amoureux de whisky, je voulais m’amuser un peu!» Mais, il ne fit pas le grand saut immédiatement. Avant de se lancer dans la distillation, Peter a même regardé pour investir dans une distillerie en Écosse et/ou Irlande. «Le dossier était intéressant. Il y avait plusieurs potentiels. Mais malgré mon âge, j’avais une grande envie de me salir les mains. Je ne voulais pas être un simple investisseur. Je voulais être un créateur. Je voulais être un artisan comme je l’étais avec la bière.» De ce fait, Peter a entamé les discussions avec le groupe d’Oshlag afin de voir comment une certaine collaboration pouvait se faire. «Pourquoi m’affilier avec Oshlag plutôt que d’avoir mon bâtiment et mes équipements? Been there done that, comme on le dit si bien! J’ai eu la chance de bâtir une très belle entreprise il y a quelques années. Ceci étant dit, je suis parfaitement au courant des hauts et des bas que l’on peut avoir lors d’une telle aventure. D’ailleurs, le tout peut être extrêmement long. J’ai soixante et onze (71) ans. Je voulais m’amuser dès aujourd’hui, pas dans dix (10) ans. Je ne voulais pas me casser la tête. Mais l'une des plus grandes raisons de cette décision est au niveau de les entrepreneurs derrière Oshlag! Ils sont tout simplement incroyables! Ils m’offrent un énorme support. Ils sont brillant sur le comment faire avancer l’industrie. Je ne pouvais passer à côté d’une si belle occasion.» Alors, la collaboration a débutée et ce, de brillante façon. La gamme de produits McAuslan est née.

L’objectif de cet amoureux de scotch et whiskey était, bien sûr, d’offrir un whisky du Québec, mais les réalités sont ce qu’elles sont. Il a donc décidé de sortir un gin dès le début, le «Holy Smoke! Gin». La particularité de ce gin est qu’il contient, outre les botaniques traditionnelles, une belle quantité d’houblon cascade de la maison/ferme familiale. Ce dernier est macéré à l’intérieur d’un alcool à grain neutre avec des baies de genièvres, de la coriandre, des écorces de citrons, racines d’angéliques et plus encore. Par la suite, la distillation se fait tout en infusant un panier de botaniques qui contient quelques-unes des botaniques mentionnées ci-dessus. Avec des notes d’agrumes (citron et même pamplemousse), il se caractérise par une finale fumée très intéressante!

Outre le gin, M. McAuslan a aussi décidé de sortir le Progression 1 – New Make de Rye. En effet, on ne parle pas ici d’un whisky. On parle ici d’une eau-de-vie de seigle (cru et malté) qui a passée prêt de trois (3) mois à l’intérieur d’un fût ayant préalablement contenue du rye whisky. D'ailleurs, ce spiritueux dégage fortement les arômes d'un jeune rye. D'avantage sur les épices que sur le bois. Peter ne le cache pas. Il offre ce produit en importation privée seulement à titre d’éducation. À titre expérimental. Son objectif est de démontrer aux curieux l’influence fascinante du bois sur certains spiritueux. D’ailleurs, le dossier de la barrique a toujours été une grande fascination pour cet entrepreneur. Il me racontait les essais et les lectures qu’il effectuait il y a déjà plus de vingt (20) ans. Il me racontait les morceaux de fûts de bourbon qu’il laissait macéré dans de la stout. Bref, c’est l’objectif avec ce Progression 1!

Pourquoi le seigle plutôt que l’orge? Il est vrai qu’il aurait été agréable, pour un amoureux de scotch, de travailler l’orge. Mais au Québec, l’orge ne pousse pas aussi bien que le seigle et il était important pour Peter d’encourager l’industrie locale. Peut-être un Progression d’orge malté dans le futur, mais pour l’instant, aucune promesse!

Pour terminer, j’ai demandé à M. McAuslan ce qu’il pensait de l’industrie des spiritueux au Québec. S’il croit que la jeunesse actuelle fait bien d’investir dans ce genre de projet ou bien est-ce une industrie qui se dirige vers une saturation? «Tu parles tout de même à un entrepreneur qui en a vu de toutes les couleurs dans l’univers de la micro brasserie. Aujourd’hui, cette dernière industrie est phénoménale! Le consommateur veut boire locale alors l’industrie s’organise d’une très belle façon afin qu’il y en a pour tous les goûts. Il est vrai que l’industrie de la bière est plus accessible que celle des spiritueux, mais il faut simplement prendre une bonne approche et, comme tu le fais, éduquer les consommateurs!»

Vous pouvez vous procurer les produits de M. McAuslan ainsi que ceux d'Oshlag directement via
Transbroue, en importation privée.

Le whiskey!

L’univers du whisky est vaste. Très vaste! Cet alcool est maintenant fabriqué dans plusieurs pays, dont certains improbables. Nous n’avons qu’à penser aux whisky brésiliens ou même au tout nouveau single malt islandais. Et que dire de la récente nouvelle qui annonçait un whisky de la Martinique? Bref, il reste que la grande majorité des whisky en vente dans les marchés comme la SAQ ainsi que la LCBO proviennent de l’Écosse (scotch), des États Unies (bourbon) ainsi que le Canada. «Mais Yan, je croyais que les irlandais avaient créés ce type de spiritueux… Alors pourquoi ce ne sont pas les plus grands vendeurs?» Tout d’abord, est-ce réellement les irlandais qui ont créé le whisky? Il y a, en effet, de fortes chances et ce malgré le fait que les premières mentions de cette eau de vie irlandaise remonte à 1556 alors que ceux concernant l’eau de vie écossaise remonte à 1494! On mentionne ici que les irlandais préféraient la parole plutôt que l’écris, ce qui explique le manque de mention auparavant. Au niveau de la présence du whiskey sur nos tablettes, alors là nous devons faire un retour dans l’histoire.

Avant d’effectuer notre retour dans le temps, j’aimerais vous expliquer la différence entre les mots whisky et whiskey. Comme vous l’aurez constaté, l’une des deux versions a bel et bien un «e» à la fin. Cette appellation a bel et bien été mise en place par les irlandais afin que l’on reconnaisse. L’Écosse a son scotch, les États-Unis leur bourbon et l’Irlande son whiskey!

L’histoire du whiskey est entièrement ou presque relié au monde de la taxation. Jusqu’en 1661, le droit de distiller ou l’obtention de la licence était purement contrôlé par la couronne. Malgré tout, l’imposition sur le whiskey était énorme. En 1661, les lois changent et un certains «boom» se fait voir. À un tel niveau que les autorités taxent maintenant le nombre de gallon produit. L’ascension des distilleries est encore très forte pour les décennies suivantes. De ce fait, en 1682, la couronne décide de taxer la matière première de l’époque, le malt! Cette taxe changera à tout jamais le visage du whiskey irlandais. C’est alors que le Pure Pot Still Whiskey est créé, un processus qui inclue assez d’orge non malté pour réduire les coûts et assez de d’orge malté pour garder le caractère typique du whiskey. Les distilleries se permettent même de mettre un maximum de 5% d’autre matière afin d’assurer une qualité et un goût délicieux. Cette méthode offre à l’Irlande un très bel élan au niveau de la production du whiskey.

En 1835, plus de quatre-vingt-treize (93) distilleries font rouler l’industrie. Cependant, en 1838, le père Théobald Matthew débute le mouvement «Cork Total Abstinence Society». Ce mouvement, qui prône l’abstinence de l’alcool, regroupera plus de cinq (5) millions de personnes. On parle ici de plus de la moitié de la population! C’est immédiat, le trois quart des distilleries doit fermer boutique. Et pour empirer les choses, la famine fait aussi son apparition. Plus d’un million de personnes décèdent alors qu’un autre million d’habitants retrouvent refuge dans un autre pays. Les plus petites fabriques de whiskey ne survivent pas, mais les plus grosses, elles, l’ont bel et bien fait. La triple distillation est incroyablement utilisé afin de générer un produit plus fin, plus léger et plus doux que les écossais. Disons le, les distilleries irlandaises vont de l'avant avec une certaine férocité. À un tel point qu’elles oublient leurs consommateurs. Elles oublient la réalité économique. Elles oublient même de faire attention à leur plus grande menace, leur croyance ou je dirais même… Leur égo!

Aeneas Coffey

Aeneas Coffey

Clambic à colonne de type Coffey

Colonne de type Coffey

Vers le milieu du 19e siècle, un certain Aeneas Coffey, ancien officier de l’excise, offre aux irlandais un alambic qu’il a lui-même perfectionné, la Coffey Still. Ce système permet une distillation plus rapide et surtout moins dispendieuse. De plus, le volume de liquide qu’il génère est beaucoup plus grand. Cependant, les irlandais rejettent ce système haut la main en disant que le tout était frauduleux et néfaste. Que le spiritueux qui coulait de ce système n’était rien de plus qu’un spiritueux tranquille/silencieux sans aucune valeur. Il n’en fallait pas plus pour que Coffey se tourne vers un marché tout aussi populaire, le scotch. Coffey fut accueillie comme un génie par les écossais. D’ailleurs, ces derniers n’ont pas perdu de temps à prendre les très riches et excellents scotchs des «highlands» afin de les assembler au produit du Coffey Still. De ce fait, l’Écosse pouvait offrir un spiritueux d’une très belle qualité et ce, à un moindre prix que certains de ces compétiteurs. Il a fallu une commission de plus de dix-huit (18) mois afin qu’en 1909, l’Irlande accepte l’eau de vie du Coffey Still comme étant un whiskey. Mais il était déjà trop tard!

En 1919, l’un des plus grands marchés du whiskey, les États-Unis, entre en prohibition. À l’époque, le whiskey était plus que populaire chez les américains alors les «bootleggers» produisaient un whisky qu’ils prétendaient être irlandais. Le problème est que ce whisky pouvait, parfois, être de piètre qualité. Cela ne plaisait malheureusement pas aux consommateurs américains qui ont décidé de passer à un autre type de whisky. Quelques années plus tard, il eut aussi «l’uppercut» qui atteignit l’Irlande en plein gueule. En effet, en 1922, une guerre économique prend place entre l’Irlande, qui cherche son indépendance et l’Angleterre. Ce dernier pays refuse tout produit irlandais d’entrer dans un pays sous l’empire britannique ce qui, à l’époque, représentait plus de 25% du marché mondial dont le Canada. Le scotch a alors eu une ascension phénoménale alors que le whiskey continuait de perdre des plumes et des distilleries. D’autant plus que l’Irish Whiskey Act de 1950 exige un vieillissement de trois (3) ans au spiritueux. Ce qui rend le dossier encore plus dispendieux pour les fabriques irlandaises.

Dans le milieu des années 60, il ne restait que trois (3) distilleries dans toute l’Irlande. Elles se sont donc regroupées afin de créer Irish Distillers Limited.

Aujourd’hui, en 2017, l’Irlande compte plus ou moins une douzaine de maison. Certaines sont très anciennes alors que d’autres sont très jeunes. Nous n’avons qu’à regarder la magnifique maison Teeling qui a officiellement eu sa licence de distillerie en 2014, quelques mois après Tullamore. 

Tout cela explique le pourquoi il y a si peu de whiskey sur nos tablettes. Je vous encourage fortement à essayer quelques uns d'entre eux. Ils sont relativement plus léger et plus doux grâce à leur triple distillation, mais ils sont tout de même excellents. D’ailleurs, si vous êtes dans la province du Québec le 15 Mars 2017, j’animerai une soirée sur les whiskey irlandais à l’excellent bar Le Bootlegger! Vous pouvez d’ailleurs prendre vos billets en cliquant ici.


Le whiskey irlandais en rafale:
1) Selon l’Irish Whiskey Act de 1980
- L’eau de vie doit être construite à partir de matière provenant de l’Irlande
- L’eau de vie doit subir un minimum de deux distillations (tendance étant trois)
- L’alcool final ne doit pas être au-delà de 94% d’alcool/volume
- Vieillit un minimum de trois (3) ans sur le territoire de l’Irlande
- L’alcool peut être embouteillé ailleurs. Mais le transport doit se faire dans un contenant neutre dans le but d’arrêter tout vieillissement!

2) L’appellation «whiskey» comporte quatre (4) grandes catégories
-Blended Whiskey: Assemblage de whiskeys de différentes maisons
-Single Grain Whiskey: Assemblage de grains fabriqué par une seule distillerie. Il est généralement fait de maïs, blé, seigle, orge, orge malté (à 30% maximum). Le tout est fait dans un principe de distillation continue (Coffey Still)
-Single Malt Whiskey : Fabriqué par une seule distillerie. Fait d’une céréale maltée seulement 
-Pure Pot Still Whiskey : Le whiskey le plus représentatif de l’Irlande. Fabriqué dans un système «pot still», il contient un minimum de 30% d’orge non malté, un 30% d’orge malté et un maximum de 5% d’un autre type de céréale

La triple distillation de Teeling

La triple distillation de Teeling

Glenmorangie Private Edition #8 – Bacalta!

Mercredi dernier, le 1er Février 2017, avait lieu le lancement officiel du tout nouveau Glenmorangie Private Edition #8 Bacalta! Cet événement incroyable se tenait à l’hôtel William Gray de Montréal et pour l’occasion, nous étions connectés virtuellement avec nul autre que le Dr. Bill Lumsden, le maître distillateur et assembleur de la maison Glenmorangie. Avant d’aller plus loin dans la description de l’événement et des produits, laissez-moi-vous décrire brièvement cette maison légendaire.

La maison Glenmorangie

La maison Glenmorangie

Les alambics légendaires de Glenmorangie

Les alambics légendaires de Glenmorangie

Située dans la petite ville de Talin, dans les Highlands de l’Écosse, Glenmorangie a officiellement vu le jour en 1843. L’une des particularités de cette maison est au niveau de ses systèmes de conceptions, de ses alambics. En effet, les alambics qu’utilise la maison sont reconnus pour être les plus haut à travers l'Écosse et ce, avec une hauteur de prêt de six (6) mètres. Ce principe donne, selon la distillerie, un spiritueux beaucoup plus souple et moelleux. Un fait étonnant au sujet de ces alambics est qu’ils ont préalablement (fin du 19e siècle) servis à fabriquer du gin! Aujourd’hui, en 2017, la maison Glenmorangie produit plus de quatre (4) million de litres d’alcool par année. Il est important de noter qu’une partie est remise/vendue à certains embouteilleurs pour effectuer des assemblages, mieux connus sous le nom de ''Blended Scotch''. D’ailleurs, avec une telle production, Glenmorangie représente près de 8% des parts de marché dans l’univers des scotchs. Au niveau de la conception de ses spiritueux, Glenmorangie a bel et bien trouvé la clé du succès et a gardés cette recette tout au long de son histoire. Mais bien sur, comme toute bonne famille, les recettes sont légèrement modifiées afin d’obtenir différents résultats/produits. Le tout débute avec une orge locale de la région des Highlands. Celle-ci est mouillée à l’aide d’une eau de source extrêmement minérale. Le tout est par la suite séché pendant de longues heures afin de garder l’orge le plus pure possible. Il y a aussi la fermentation très longue qui a tendance à offrir ce coté très agrumes. D'ailleurs, c'est un principe aussi mis en place par la maison soeur de Glenmorangie, Ardbeg. Suite à la fermentation, place à la distillation et ce, à la bonne vieille méthode écossaise dans ces hauts, très hauts alambics. Et vient ensuite l’un des éléments les plus fascinants de Glenmorangie, la maturation du spiritueux. Le spiritueux débute dans une barrique de chêne blanc d’Amérique ayant préalablement contenu du bourbon. Le tout est mis en barrique pour un minimum de dix (10) ans. À dix (10) ans, on parle de la colonne de Glenmorangie. On parle du grand début de tous les spiritueux. Ceci est en quelque sorte le Glenmorangie Original . Mais vient ensuite des vieillissements en barriques supplémentaires. Par exemple, l’édition du 18 ans est vieillie plus de quinze (15) ans en barrique de chêne blanc américain ayant préalablement contenue du bourbon. Cependant, une partie de ce spiritueux bénéficie aussi d’un vieillissement supplémentaire en fût d’Oloroso. Sinon, nous pouvons aussi prendre le Nectar d’Or qui, outre les dix (10) années de vieillissement traditionnel, profite d’un vieillissement supplémentaire en fût de Sauternes. Les dilutions, avant l’embouteillage, peuvent aussi être différentes, mais reste que le cœur et la colonne du spiritueux reste le même.

Glenmorangie Tee Off!

Glenmorangie Tee Off!

La sélection du jour!

La sélection du jour!

Dr. Bill Lumsden (à gauche) et un associé

Dr. Bill Lumsden (à gauche) et un associé

Mais bon! Revenons à cet événement en compagnie Dr. Lumsden! Nous étions accueillies avec un excellent cocktail, le Glenmorangie Tee Off. Ce cocktail à base du Glenmorangie Original, de thé Earl Grey, de jus de citron frais, de bitter et de sirop simple était tout simplement succulent. Très goûteux et très rafraîchissant!

Glenmorangie Original

Glenmorangie Original

Le premier produit que nous a offert Dr. Lumsden est bien sur l’Original. Pourquoi? Pour démontrer et pour analyser la colonne des produits suivants. L’Original est d’une grande douceur. Avec son 40% d’alcool par volume, il est crémeux, il offre ce côté d’amaretto à travers un bouquet de salade de fruits et de marmelade d’agrumes. D’ailleurs, Dr. Lumsden le mentionne : ''Coïncidence ou non… Dans la prononciation de Glenmorangie, on peut bel et bien entendre le mot orange… L’arôme clé de notre scotch!'' L’Original est sans aucun doute un beau produit. Bien sur, il sera plaire à ceux et celles qui aiment les dégustations douces. Les dégustations un peu plus sucrées. Les dégustations un peu plus fruitées. C'est aussi un beau produit à avoir dans sa cave afin de connaitre la colonne des autres produits.

Glenmorangie Lasanta

Glenmorangie Lasanta

Le deuxième produit fut le Lasanta. Ce mot gaélique fait référence à la douceur et passion en l’honneur du vieillissement supplémentaire que bénéficie le spiritueux en question. En effet, le Lasanta est l'Original qui passe un vingt quatre (24) mois supplémentaires en fut d’Oloroso, un magnifique vin espagnol. Dans le cas du Lasanta, il n’est pas filtré à froid et est offert à 43% d’alcool par volume dans le but d’offrir un nez plus prononcé et une meilleure expérience en bouche. L’influence du Oloroso est très présente. C’est vineux avec une légère, mais agréable amertume. C’est aussi caramel. C’est épicé vers la fin. Personnellement, un petit coup de cœur pour celui-ci!

Glenmorangie Private Edition #8 - Bacalta!

Glenmorangie Private Edition #8 - Bacalta!

Pour terminer, le troisième produit et non le moindre. La raison de cet événement. J’ai nommé le Glenmorangie Private Edition #8 – le Bacalta. Ce Bacalta, mot gaélique qui signifie ''cuit'', bénéficie d’un vieillissement supplémentaire en barrique ayant préalablement contenue le vin de Madère Malmsey, le plus reconnue des vins de Madère. Pour s’y faire, Dr. Lumsden ne s’est pas donné la vie facile. Il a d’abord fait concevoir des barriques en chêne blanc américain d’une taille de deux cent cinquante (250) litres. Il a par la suite convaincu l’entreprise des vins Malmsey à y mettre du vin de Madère pendant vint quatre (24) mois à l’intérieur. Ce défi a été grandement difficile puisqu’un vin de Madère ne peut être embouteillé avant cinq (5) ans de maturation. Ce vin de Madère n’a donc plus aucune utilité suite au vieillissement demandé par Lumsden. Mais ce dernier et la maison de Glenmorangie ont bien sur fait tout le nécessaire et Malmsey a accepté. Ces barriques qui, rappelons le, sont plus petites que la norme chez Glenmorangie, ont donc été mise directement sous le toit/grenier de la maison Malmsey afin d'aller chercher le maximum de chaleur. Une fois la maturation du vin de Madère complété, les barriques sont par la suite remplies d'un Glenmorangie dix (10) ans d'âge pour une période de vint quatre (24) mois. Suite à cette maturation supplémentaire, on embouteille le tout sans filtration et ce, à 46% d’alcool par volume. Ce Balcalta est aussi crémeux en bouche et dégage des notes un peu plus florales. Des notes de pain en fermentation. Des notes de noix chauffées. La pêche y est aussi. Bien sur, ce produit va simplement voir le jour à l’automne sur nos tablettes et ce, au prix de plus ou moins 180.00$ canadiens. Certains me diront ''Mais Yan… C’est une version de l’Original simplement vieillie en fût de Madère… Pourquoi un tel prix?'' Bien il faut comprendre le parcours qu’à prit Glenmorangie pour arrivé à ce produit. Oui, la colonne est bel et bien cet Original… Mais le corps est complètement différent! De plus, c'est une édition TRÈS limitée. Ce type de produit présente simplement 1% de la production de la maison. 

Bruichladdich Classic Laddie: La tradition de progresser!

Un beau jour, une opportunité m’est offerte. Celle de présenter un gin foutu bien conçu, The Botanist. À la base, je sais que ce gin est produit par une maison de scotch que je connais peu et qui est situé sur Islay en Écosse, la maison Bruichladdich. J’admets que mon intérêt pour cette maison était assez forte suite à mes recherches et lectures au niveau de leur gin. De ce fait, je me suis mis à lire au sujet de Bruichladdich. Je me suis mis à essayer divers produits de cette maison. J’ai longuement discuté avec certaines personnes aux sujets de la maison mais, aussi de leurs produits. Aujourd’hui, j’ai envie de vous partager une petite découverte que j’ai fait sur l’un des plus abordables et réussis de leur produits, le Bruichladdich Classic Laddie!

D’abord, il faut comprendre ce qu’est la maison Bruichladdich. Considérée comme l’une des distilleries les plus ''funky'' de l’Écosse, Bruichladdich a vu le jour en 1881. Pendant plus de cinq (5) décennies, cette distillerie fût la propriété de la famille Harvey. En 1936, suite  au décès d’un membre de la famille, la distillerie passe entre les mains de nouveaux propriétaires mais, rien n’est très positif. À un point tel qu’en 1994, Bruichladdich se voit dans l’obligation de fermer la production. Ce n’est qu’en 2000 que cette distillerie revoit le jour alors qu’un groupe d’investisseurs en prend possession. Ce groupe d’investisseurs effectue de très bonnes décisions au cours des années suivantes. Tout d’abord, il démonte et remonte la distillerie au grand complet. Il prend le soin de réparer, nettoyer et préserver certains outils de la famille Harvey. Mais, l’une des plus brillantes décisions de ce groupe est l’embauche du grand Jim McEwan en tant que maître distillateur et directeur de production (aujourd'hui retraité par contre). De plus, malgré tous les changements, un point reste respecté chez Bruichladdich et c’est l’usage d’un orge locale provenant directement d'un voisin proche de la distillerie. Il faut l’admettre, cette maison accorde une solide importance à la tradition tout en étant le plus progressif possible. Cela se voit à travers la conception des spiritueux. On mise sur une matière première organique de qualité impeccable. La fermentation se fait de façon longue afin de sortir de certains standards. La distillation se fait avec les alambics aux cols très hauts ce qui augmente le reflux afin d’avoir un spiritueux pure et doux. Aucune dilution de l’alcool avant sa mise en fût (à plus ou moins 68% d'alcool/volume). On travaille justement avec des fûts classiques de bourbon américain mais, aussi avec plus de deux cent (200) autres variétés tel que des fûts de chênes français qui ont préalablement contenu du vin à l’intérieur. À travers plusieurs produits, variétés et/ou éditions, nous avons droit à l’un des scotchs les plus tourbés comme nous avons aussi droit à des produits qui laissent place entièrement à l’orge. C’est le cas de ce produit Bruichladdich Classic Laddie!

Ce Bruichladdich Classic Laddie est jeune dans la gamme des scotchs. D’ailleurs, dès son entrée sur le marché, ce dernier a reçu plusieurs critiques. Il faut comprendre que ce Classic Laddie est le remplaçant du Laddie Ten, un classique en matière de scotch qui visait grandement sur la qualité de l’orge, sur la façon de la cultivé et qui était maturé pour une période de dix (10) ans. Mais, avec certaines difficultés à garder un certain standard avec ce single malt, la maison a dû revoir le modèle. Elle a donc retiré la mention d’âge et a assemblé différentes barriques de différentes provenances et différentes âges. Ce Classic Laddie offre une belle expression. Adam Hannett, le nouveau maître distillateur, a déclaré lors d’un entrevue à whisky.com que le Classic Laddie est vraiment l’image de la maison même. Sa couleur est naturelle. Aucune filtration et aucun rajout. C’est important pour Bruichladdich d’être en mesure d’analyser une robe et déterminer le type de fût qui a été utilisé. Avec ses 50% d'alcool par volume, c’est un produit fruité. Très fruité. Un produit frais en bouche avec une légère note de menthol mais, qui vacille entre la vanille et le miel. Vraiment un très beau produit. Pour ma part, je trouve qu’il est super bien fait et qu’il mérite d’être déguster à son état brut. Cependant, il est intéressant de faire un ''Old Fashioned avec ce produit. Il est encore plus intéressant d'insérer un once du Port Charlotte Heavy Peated à l'intérieur de ce ''Old Fashioned'' !

Bellevoye – Édition Bleue: La France dans une bouteille!

La semaine dernière, je vous présentais l’entreprise Les Bienheureux à travers un article réalisé sur l’un de leurs produits. Aujourd’hui, avec son arrivé au Québec, je n'ai nul le choix que de vous présenter cette belle découverte que j’ai fait avec le whisky Bellevoye (édition bleue).

Tout d’abord, même si la France est l’un des marchés les plus lucratifs en matière de whisky, nous retrouvons qu’une quarantaine de producteurs à travers le pays. Producteurs plus artisanaux et/ou locaux et un peu dans l’ombre des grands. Les deux (2) entrepreneurs de Les Bienheureux se sont donc lancé le défi de créer une bouteille de whisky ayant un contenue ''all made in France''. Il faut d'abord comprendre que M. Sirech a longuement œuvré, dans les années 90, pour une célèbre marque de scotch. C’est pendant ce mandat que l’idée d’un whisky de terroir français a débuté. ''Faire un bon whisky complétement fait du terroir français n'est pas si difficile. Nous disposons de matières premières de très grande qualité, une maîtrise de la distillation plus que parfaite et nos artisans tonneliers produisent les barriques les plus reconnues à l'échelle planétaire!'' explique-t-il. D’ailleurs, Les Bienheureux m’ont bien fait rire lors d’une entrevue qu’ils ont accordé en Juillet dernier. ''Nous devons une fière chandelle à Napoléon qui est à l'origine du développement du whisky. Sans son blocus continental qui a, pendant de longues années, privé les Anglais de cognac... Ces derniers ne se seraient jamais tournés vers le whisky écossais. On peut donc dire que le whisky est une création des Français!''

Après avoir déguster tous les whiskys de non seulement la France mais aussi du monde entier, ils ont fait appel à trois (3) distilleries françaises de trois (3) types de terroir différents afin de récupérer des eaux de vie d’orge maltée (non tourbée), qui, bien entendu, provient de terres françaises. L’une de ces distilleries provient du nord et est dotée de sa propre meunerie qui moud les grains d’orge. La seconde provient de la région de l’Alsace, qui est fortement reconnue pour la qualité de ses eaux de vie de fruits et la beauté de ses systèmes de distillation. La troisième est bien sur de la région de Cognac, à quelques minutes des chais de Bellevoye/Les Bienheureux. On mentionne que ces eaux de vie ont passées entre trois (3) et huit (8) ans en barrique de chêne français mais veuillez prendre note qu’aucune mention n’est faite sur l’âge ainsi que sur la provenance des eaux de vie puisqu’il était important, pour cette jeune entreprise, de ne pas influencer le consommateur. Au contraire, on veut que ce dernier puisse simplement apprécier la dégustation et le produit tel qu’il est. Suite à l’assemblage de ces trois (3) malts, le tout est ensuite reposé quelques mois (selon le climat) dans des barriques de chêne français complétement neuves conçues spécialement par l’équipe de Les Bienheureux.

Pour en revenir à cette belle bouteille de Bellevoye – Édition Bleue, elle sent l'été. Elle sent le jardin mouillé à travers quelques notes de vanille. Elle goûte la céréale ou plutôt le grain. Avec des notes de bois à travers quelques épices très dociles, la barrique neuve fait réellement son travail. Son assemblage parfait lui offre un coté très onctueux et très invitant. Un produit vraiment magnifique pour ceux et celles qui ne sont pas des ''lovers'' de certains whiskys tourbés/fumés. Pour ceux et celles qui aiment les eaux de vie de grains relativement douces. Cette bouteille estaussi pour ceux et celles qui désirent découvrir les terres françaises en l'espace de quelques gorgées. 

''Il y a, sur la marque Bellevoye, une belle et grosse ambition! Cette gamme peut définitivement changer la face du whisky Français…'' me disait Alexandre Vingtier, expert spiritueux et grand manitou derrière l’excellent Iconic Whisky.

Bien sur, Les Bienheureux ne pouvaient s’arrêter à cette édition. Ils ont créé l’Édition Rouge qui est en fait un assemblage plus haut de gamme ainsi qu’un finish plus long. Produit que l’on a bien hâte découvrir!

Glenrothes Select Reserve: Aucune place pour l’immaturité!

Il y a quelques jours, j'ai eu la chance d'animer une soirée spiritueux durant laquelle je présentais une gamme de scotchs/whiskys. Lors de la présentation, plusieurs personnes m'ont dit tout bonnement ne pas apprécier les scotchs à cause de leur coté très fumé. Il est vrai que plusieurs scotchs ont ce coté aromatique sur la fumée mais sachez, mes amis, qu'il existe plusieurs types de scotchs et ce, que ce soit selon le terroir ou selon les valeurs et convictions de la distillerie.

Avant d'aller plus loin, j'admets qu'avec ce ''post'', je cherche effectivement à éduquer certains consommateurs curieux sur l'univers des scotchs. Lorsque cette passion pour les spiritueux s'est mise en moi, mon côté curieux a été très courageux. De ce fait, j'ai eu le privilège d'essayer plusieurs produits et découvrir justement les différences entre certains spiritueux. Cependant, certaines personnes sont plus conservatrices et ne voudront pas prendre le risque. C'est pourquoi aujourd'hui j'explique cet univers fascinant à travers la description d'un magnifique produit.

Tout d'abord, qu’est-ce qu’un scotch? Il s’agit d’un produit bien à lui! Tout scotch est un whisky mais ce n’est pas tous les whiskys qui sont un scotch. On parle d’une appellation qui a été officialisé en 1988 et ce, même si on parle de ce type d’alcool depuis le début des temps. Ok ok… Disons que le début des temps est pas très loin du début 16e siècle! Donc, le scotch doit absolument être conçu en Écosse. Il doit aussi être construit à partir d’une fermentation de céréale (généralement d’orge). Sa distillation ne peut être au-delà de 94% alcool/volume. Il doit aussi être mis en barrique (maximum de sept cent (700) litres pour une période de trois (3) ans.

Ok et la fumée la dedans? Dans la production d’un scotch, nous prenons de l’orge que nous trempons dans l’eau et par la suite étalons sur un plancher dans le but qu’elle germe et que les enzymes puissent faire leur travail. Certaines distilleries sèchent l’orge avec une fumée très intense et chaude. Cette fumée est produite alors que l’on brûle ce que nous appelons ''une tourbe''. Il s’agit en effet de quelques pouces de tourbe accompagnés de quelques pouces d’argiles, terres et racines. Dans certains cas, la tourbe est séchée pendant plusieurs mois. De plus, certaines distilleries procèdent au séchage en un temps alors que d’autres iront en deux temps. On laisse tout d’abord pénétrer une légère fumée dans le but d’aromatiser l’orge et par la suite on procède avec une fumée plus intense et plus chaude dans le but de faire sécher le tout. C’est d’ailleurs le cas de Laphroaig, situé sur l’ile d’Islay. Pour bien identifier ce type de scotchs, il y a très souvent le mot ''Peated'' sur la bouteille.

Dans d’autres cas, on sèche le tout de façon normal, en simplement introduisant une chaleur intense dans la chambre dans laquelle est située la céréale ou en insérant le tout dans un four spécialement conçu. Dans une telle situation, on a droit à un scotch presque pas ou aucunement fumé. C’est le cas du produit que je vous présente aujourd’hui, le Glenrothes Select Reserve.

Ce superbe scotch provient en effet de la maison Glenrothes, fondée en 1879 dans la région Speyside,  au nord-est de l'Écosse. Une maison qui a connue son lot de malchance à travers quelques incendies et même une explosion de la salle des alambics. Mais tel un phénix, la distillerie est sortie de ses cendres.

La conception du Glenrothes est en effet similaire à plusieurs ''unpeated'' scotchs mais sa qualité est bel et bien unique. D'ailleurs, c'est probablement pour cette raison que le produit de Glenrothes est retrouvé dans plusieurs assemblages de l'industrie. Ce scotch est élaboré à partir d'orge locale. D'ailleurs, la région de Speyside est réputée pour avoir une orge d'une qualité incroyable. Cette orge est mouillée par une eau provenant de deux sources différentes situées à quelques minutes de la distillerie. Tel que mentionné ci-dessus, Glenrothes n'utilise pas de fumée pour le séchage de son orge. Elle sèche plutôt l'orge à l'intérieur d'un four - ''kiln'' - de façon très lente. Par la suite, le tout est réduit en poudre dans le but d'obtenir une matière que l'on appel ''grist''. Chez Glenrothes, la qualité de ce ''grist'' est primordial. De ce fait, il procède à une séparation qui enlève bel et bien la matière première de la farine et autre substance indésirée. Ceci génère une extraction des sucres d'une brillante façon lorsque l'on mélange le tout à de l'eau chaude. Vient ensuite la fermentation. La particularité chez Glenrothes est que la maison fonctionne avec plus de vingt (20) cuves à fermentation. Certaines en inox alors que d'autres sont construites en pin d’Oregon. Le beau mélange est mis à l'intérieur des cuves mentionnées ci-dessus avec de la levure spécialement conçue par Glenrothes. Le tout est reposé pendant un minimum de cinquante cinq (55) heures. Une fois que le taux de plus ou moins 8% d'alcool est atteint, on amène le tout à la salle de distillation. Cette distillation se passe en deux temps. Tout d'abord, on insère le produit dans ce que l'on surnomme un ''wash still'' afin d'avoir un taux d'alcool à 24% par volume. Ensuite, on repasse de façon très lente le tout dans un second alambic afin d'arriver à un taux d'alcool de 70% par volume. D'ailleurs, cette deuxième distillation est probablement l'une des distillations les plus lentes de l'industrie des scotchs avec une distillation de plus de seize (16) heures! Chez Glenrothes, le cœur de la distillation représente plus ou moins 20% de la production. Tout de même incroyable, mais soyez sans crainte! On ne gaspille pas la balance! La tête ainsi que la queue de la distillation servent à d'autres dossiers de la distillerie. Pour ce qui est de la maturation, Glenrothes le mentionne haut et fort: ''Nous, on produit des spiritueux, nos barils produisent du scotch!''. Le whisky est embouteillé seulement alors que la maturité du spiritueux est prête et ce, peu importe le nombre de temps qu'il a passé en barrique. C'est d'ailleurs pour l'une de ces raisons que les whiskys Glenrothes n'ont jamais d'âge sur les bouteilles. Le whisky est prêt lorsqu'il l'est. Chaque ''batch'' est insérée entre 66.5 et 69% d'alcool/volume dans différentes types de barriques. Ce taux d'alcool est d'ailleurs plus élevé que la moyenne des scotchs qui est de plus ou moins 63%. Chez Glenrothes, on retrouve quelques types de barrique tels que de bourbon ou de sherry. Une fois le vieillissement accompli, on procède à l'un des trois (3) procédés de Glentrothes. Soit que l'on procède avec un Single Vintage (assemblage de plusieurs types de barriques de la même année de production), soit avec un Reserve (assemblage de plusieurs types de barriques et de différentes années de productions) ou bien avec un Special Release (seulement une barrique et une année - un ''single barrel'' dans le jargon!). Au niveau de l'embouteillage, l'alcool est bien sur dilué. Pour ce qui est du marché canadien, nous nous retrouvons avec des bouteilles de 750ML à un taux de 40% d'alcool/volume alors que dans d'autres pays, nous pouvons retrouver des produits en format 700ML mais à un taux de 43% d'alcool/volume. Ok... J'admet être un brin jaloux puisque la dilution vient parfois cacher des arômes intéressants!

Aujourd'hui, je vous présente un des produits qui se trouve dans la catégorie ''Reserve'', le Glenrothes Select Reserve. 

Un beau scotch. Un scotch qui sera un grand chouchou pour ceux et celles qui aimeraient avoir un whisky écossais non tourbé. Un scotch grandement versatile. Il est d'une belle douceur avec un profil très floral. Il offre cette petite acidité à travers des notes de vanille et de bois. Un petit coté vineux se fait aussi présent à un certain moment (Résultat du vin de hier soir...?). La différence des barriques se fait bien présente. Encore une fois, il est bien. Très bien. De mon coté, j'avoue que j'aurais apprécié d'avantage de punch - comme la version à 43% d'alcool/volume - mais reste que c'est définitivement une recommandation pour ceux en quête de douceur et de tranquillité. Avec le Glenrothes Select Reserve vous avez droit à une superbe harmonie surtout pour son 68.00$. De plus, la SAQ, grâce à l'entreprise Charton Hobbs, nous offre une superbe sélection de la gamme Glenrothes. Que ce soit à travers un un ''Bourbon Cask'', un ''Sherry Cask'' ou même un ''Special Release 1995'' à 43% d'alcool/volume (Halleluia!), nous en avons pour tous les goûts. Vous pouvez définitivement compter sur moi pour vous donner mes impressions des autres éditions dans les prochaines semaines puisque mon intérêt pour cette maison ne fait que grandir.

Ah! Et si vous aimeriez être dans un ambiance ''cocktail'', le Select Reserve est un candidat idéal pour l'excellent Churchill.

Ce qu'il vous faut:
1.5 OZ du Select Reserve
0.75 OZ du Vermouth Doux (Rouge) Stock
0.50 OZ de liqueur d'agrumes
Glaces

On met le tout dans un shaker. On agite quelques secondes. On met le tout dans un verre de votre choix.

Bref! J'espère fortement vous avoir guidé à travers l'univers des scotchs et j'espère fortement vous amener vers une découverte ''coup de coeur''!

1792 Small Batch Straight Bourbon: L’art de dépasser les normes.

Il n’y a pas très longtemps, j’ai reçu une magnifique bouteille du Bourbon 1792 de la part de mes amis chez Charton Hobbs. Drôlement, j’ai beau être un amateur de bourbon, je n’ai que très rarement vue cette bouteille dans les succursales de ma région. Maintenant que j’ai une bouteille entre les mains, je dois admettre qu’elle a grandement piquée mon intérêt! Voilà donc mon petit résumé sur cette magnifique bouteille de 1792 Small Batch Straight Bourbon.

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un bourbon?
#1 - Doit être fait aux États-Unis
#2 - Doit être construit à 51% de mais alors que les whiskies traditionnel peuvent avoir tout un mélange à l'intérieur.
#3 - Sa distillation doit donner un alcool de MAXIMUM 80%
#4 - Il doit être mis en barrique pour un MAXIMUM 72.5%

Bon! Revenons à notre 1792. Il faut comprendre que oui, le groupe Barton a été acquis par Sazerac Company il y a quelques années et sa distribution canadienne est bel et bien assurée par Charton Hobbs depuis Juillet. Cependant, ce bourbon est encore fièrement et brillamment conçu par Barton Distillery, situé au Kentucky. Cette distillerie, fondée en 1879, est l’une des plus vieilles en matière de bourbon américain et l’une des plus imposantes avec ces vingt neuf (29) entrepôts à vieillissement ainsi vingt deux (22) autres édifices. Le tout sur plus de cent quatre-vingt-seize (196) acres de terrain.

Ce 1792, nom qui rend hommage à l’année à laquelle le Commonwealth du Kentucky a rejoint l’union américaine, est conçu d’une brillante façon. Au niveau des grains, ce bourbon bénéficie d’un taux très élevé en seigle. On parle de plus de 20% des grains, ce qui est vraiment plus que la moyenne. Généralement, on retrouve plus ou moins 10% de seigle dans un bourbon. Ce ‘’surplus’’ de seigle génère un profil particulier au bourbon. Suite à une fermentation de ces grains, le tout est distillé deux fois. Par la suite, on met le tout en barrique. La particularité du 1792 Small Batch Straight Bourbon est qu’il s’agit d’une moyenne de huit (8) ans. C’est donc une sélection très minutieuse des bonnes barriques qui est fait par le maître de chai/distillateur. Une fois le tout assemblé, le 1792 Small Batch Straight Bourbon est embouteillé à 46.8% d’alcool, un taux aussi légèrement plus haut que la moyenne. Malgré tout, c’est très doux comme bourbon.

Immédiatement déposé dans le verre, c’est le bois, la vanille et le miel qui se font sentir. En bouche, c’est assez tannique. Poivré et boisé. Quelques notes d’oranges et même d’érable. Vraiment une très belle bouteille sur tous les sens. La présentation est magnifique et donne un certain prestige mais le produit l’est tout aussi sinon plus! Un produit à 62.75$ à la SAQ.

Si ce produit est excellent, j’aimerais bien être en mesure de déguster les Éditions Spéciales tels que le Sweet Wheat, le Port Finish, High Rye, le Single Barrel ainsi que le Full Proof. Essayons de convaincre nos amis de Charton Hobbs pour nous mettre ces magnifiques bouteilles sur nos tablettes.

Pour terminer, voici quelques images de Barton Distillery (gracieuseté de Charton Hobbs).

Les photos ont été fournies par Charton Hobbs et Barton Distillery

Le bon vieux JP Wiser

Les premières mentions du whisky au Canada date de la fin des années 1700! À défaut de distiller certaines matières en provenance de l'Europe ou de l'Asie, les colons décidèrent de distiller les céréales qui poussaient sur les terres Canadiennes. C'était pour eux simple mais surtout rentable puisque l'on prenait les matières de la ferme familiale. Ce qui est intéressant est que dans les premières conceptions du whisky au Canada, on y lançait une simple poignée de seigle afin d'y donner un ''kick'' supplémentaire mais surtout distinctif. Voilà qu'est apparue la mention du canadian rye whisky! Au fil que le temps avança, les procédés de fermentation, de distillation et d'assemblage se sont bien sur perfectionné pour qu'aujourd'hui, le whisky canadien soit fait de plusieurs types de céréales et ce tout en restant unique en son genre! Quoi qu'encore aujourd'hui, plusieurs vont le confondre à tort avec le rye américain qui se doit d'avoir au moins 51% de seigle à l'intérieur. Nous n'avons aussi qu'à regarder le processus de distillation qui est fait d'une façon à éliminer le goût fumée que l'on retrouve généralement dans les whiskys irlandais. D'ailleurs, les whisky canadien ont tendance à offrir un bouquet de douces épices et on tendance à être plus léger dans leur profil ! Quoi que la tendance démontre la progression de whisky avec plus de caractères... Au profil TRÈS aromatiques avec une finition plus complexe!

Le plus vieux des whisky canadien se nomme JP Wiser - aujourd’hui propriété de l'incroyable distillerie Hiram Waker & Son en Ontario, LA plus grande entreprise de spiritueux au Canada voir en Amérique! C'est dans le milieu des années 1800, alors qu'il travaillait à la ferme de son oncle, que M. John Philip Wiser décida de fabriquer une distillerie avec un but en tête... Offrir l'un des whiskys le plus séduisant à l'odorat, à l’œil mais plus particulièrement au goût! Il faut admettre que son mandat fut réussi puisque son succès a été énorme et ce dès le départ! C'est suite à son décès que la compagnie fut achetée par Hiram Walker.

Pour lui rendre hommage, aujourd'hui je vous propose l'entrée de la gamme, le JP Wiser Deluxe! À l'intérieur de cette belle petite bouteille on a du whisky aussi vieux que 10 ans! Tout de même incroyable! Au niveau de sa conception, le JP Wiser Deluxe est fait à partir d'un beau mélange de céréales mais le seigle est définitivement la céréale dominante. D'ailleurs, il entre dans la catégorie du rye whisky assez facilement! De plus, on utilise ici un alambic à colonne qui offre un fini plus raffiné... Plus ''smooth''. Avec des notes qui portent sur le seigle et légèrement sucré on y retrouve aussi des notes qui tirent entre la vanille voir le caramel.

Ce JP Wiser est idéal pour ceux qui désirent s'initier au whisky! Il s'agit aussi d'un produit idéal pour introduire dans certains de vos cocktails de base tel que le Whisky Sour.