Le whisky Gibson’s Finest!

La prohibition. Histoire sombre ou histoire heureuse? Bien sûr, le côté sombre de la prohibition fait jaser davantage, mais pour l’industrie des spiritueux canadiens, la prohibition a amené de très belles histoires dont celle du Gibson’s Finest, un excellent whisky canadien.

J’avais une bonne connaissance de cette histoire, mais j’en ai découvert beaucoup plus lors de mon entretien avec Joshua Groom, l’ambassadeur global du Gibson’s Finest. Ce dernier, tout comme la gamme Gibson’s Finest, a une histoire fascinante! Anciennement ambassadeur de la gamme Camus, ce dernier a parcouru le monde pour faire la promotion de ce merveilleux Cognac. Il s’est aussi occupé du dossier Ungava Spirits, avant que celui-ci passe entre les mains de Corby/Pernord Ricard. C’est alors qu’il est devenu l’ambassadeur global du Gibson’s Finest, un rôle qu’il remplit merveilleusement bien! «Pour bien déguster Gibson’s Finest, tu dois comprendre l’histoire derrière. Pour bien déguster ce whisky, tu dois aussi comprendre l’identité de tout ce qui entoure le nom! » me dit-il.

Brian Kinsman (Photo fournie par Gibson's Finest)

Brian Kinsman (Photo fournie par Gibson's Finest)

Cette histoire débuta au début du 19e siècle alors qu’un irlandais du nom de John Gibson émigra aux États-Unis, plus particulièrement dans la ville de Philadelphie. Déjà à un jeune âge, ce jeune homme travailla dans une entreprise d’alcool. À temps perdu, il distilla sa propre eau-de-vie pour sa consommation personnelle, mais aussi pour une petite revente. En 1856, avec plusieurs années d’expériences et avec une connaissance incroyable du marché des alcools, il créa Gibsonton Mills. Malheureusement, quelques années plus tard, John Gibson quitta ce monde. La distillerie fit remise à son fils Henry, alors dans la vingtaine. Ce dernier fit de l’entreprise de son père un réel succès! Les produits de la maison sont vite devenus reconnus à travers l'Amérique! Henry Gibson quitta l’entreprise vers la fin du 19e siècle. En 1919, la prohibition frappe les États-Unis. De ce fait, la distillerie se voit dans l’obligation de fermer les portes. Tristement, elle fut détruite quelques années plus tard. La réserve ainsi que divers équipements de la distillerie furent acquis par une entreprise du nom de Schenley. D’ailleurs, en 1945, cette entreprise déménage certains de ses effectifs à Valleyfield, au Québec, dont certains des stocks de Gibson’s. Au début des années 1970, la distillerie ramène le nom Gibson’s sur certaines bouteilles et ce, avec un whisky complétement canadien à l’intérieur. Aujourd’hui, les produits Gibson’s sont assemblés en Ontario et ce, par nul autre que Brian Kinsman, un maître assembleur grandement reconnue dans l'industrie grâce à son travail avec Glenfiddich! Cet assemblage est l’identité réelle de la gamme Gibson’s Finest! Il faut comprendre que pour cette gamme, les grains (maïs, orge et seigle) sont distillés de façon séparée. Par la suite, chacun des distillats est presque entièrement reposé à l’intérieur d’une barrique ayant préalablement contenu du Bourbon. Une très petite quantité effectuera un passage en fût neuf. Après un certain nombre de temps, M. Kinsman assemble ces différents whiskies afin d’offrir le produit désiré, afin d’offrir l’identité de la gamme Gibson’s Finest! «Mais Yan, est-ce possible d’avoir le pourcentage exacte des différents distillats?» J’ai, en effet, posé la même question à Josh et la réponse fut négative! «Brian fait un travail incroyable pour assurer l’identité de Gibson’s Finest! Je ne te cacherai pas que la recette de l’assemblage peut varier puisque les années nous offriront différents produits. De ce fait, Brian (et son nez incroyable) fait un travail exemplaire pour s’assurer que les arômes soient toujours les mêmes.» D’ailleurs, Josh m’expliquait qu’il en est de même au niveau de l’âge de chacun des whiskies. L’âge indiqué sur la bouteille est bien sur le minimum. Mais très souvent, c’est seulement une indication pour l’identité du produit. Par exemple, RARE (douze (12) ans d’âge) a pour minimum un quatorze (14) ou même un quinze (15) ans à l’intérieur. Il en est ainsi parce que les fûts ont pris plus de temps à offrir ce que Brian recherchait.

Gibson's Finest BOLD (8 ans d'âge)

Gibson's Finest BOLD (8 ans d'âge)

Et les produits? On s’attend à quoi? Débutons la découverte de ces produits avec le BOLD. Ce dernier est actuellement le plus jeune de la gamme. Comme vous pourrez le constater sur la bouteille, on parle ici d’un minimum de huit (8) ans. On parle ici d’un spiritueux très versatile! Avec un 46% d’alcool par volume, le BOLD peut facilement s’intégrer dans un verre de dégustation que dans un excellent cocktail! Le seigle est explosif dans ce produit! Il vous offrira un côté boisé à travers un peu de cannelle, muscade et une (très) douce vanille. J'admet... J'ai grandement apprécié celui-ci et ce, à travers les quelques options dont il m'a été offert.

Gibson's Finest RARE (12 ans d'âge)

Gibson's Finest RARE (12 ans d'âge)

Continuons avec le RARE. Ce dernier est bien différents de son petit frère. Un peu plus «bonbon»! Un peu plus soyeux! Il offre un caractère qui me rappel certains vins chauds avec des notes d’agrumes, cannelle, caramel et une grande présence de bois. Beaucoup plus d’amertume que le plus jeunes. Sa grande popularité se comprend très bien et ce, à la toute première gorgée! Son rapport qualité/prix fait de lui un sacré bon choix pour plusieurs événements. 

Gibson's Finest VENERABLE (18 ans d'âge)

Gibson's Finest VENERABLE (18 ans d'âge)

Passons maintenant au VENERABLE. Ce dix huit (18) ans d'âge est très intéressant. À travers le grain de seigle, se fait vraiment voir un arôme d'épices très intense! Cela me rappel les copeaux de bois de la compagnie tabasco. Vient ensuite un côté plus confit comme un gingembre confit. Un bon goût de caramel vient adoucir le tout. 

Outre ces trois (3) produits, vous pouvez aussi mettre la main sur la version STERLING. Je n'ai malheureusement pas eu la chance de déguster cette version.


À plusieurs reprises pendant ce billet, le mot identité a été mentionné. Ce mot est très important aux yeux de Joshua Groom ainsi qu'aux yeux de l'entreprise. C'est pour cette raison que les produits sont ce qu'ils sont. C'est pour cette raison que la gamme n'est pas énorme. C'est pour cette raisons que Gibson's Finest ne touchera jamais l'univers des spiritueux aromatisés. Ils veulent honorer l'identité de la famille Gibson. Ils veulent honorer l'identité de cette histoire. Cette histoire qui a forgée l'industrie du whisky canadien. Et voyez vous, l'entreprise ne cherche pas à faire de gros partenariat afin de vendre ses produits. Au contraire! Elle cherche à s'investir dans la communauté. Elle cherche à s'investir dans le quotidien de ceux et celles qui font le pays que nous sommes. La meilleure exemple que Joshua m'a donné est que l'entreprise ne vise pas les différentes Ligues Nationales dans le sport. Elle vise plutôt les ligues locales. Elle vise plutôt ceux qui peuvent réellement s'identifier à cette sacrée identité.

Actuellement, le Québec a simplement accès à l'édition RARE (douze (12) ans d'âge). Mais Joshua m'expliquait que l'entreprise travaillait afin de nous offrir les autres produits.

En compagnie de M. Joshua Groom

En compagnie de M. Joshua Groom

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