Le Moonshine St. Laurent!

L’industrie des spiritueux artisanaux ne cesse de grandir au Québec. Avec les différentes lois ainsi qu’avec les différentes difficultés auxquelles doivent faire face les distilleries, les vodkas ainsi que les gins sont les premiers spiritueux à sortir de certaines maisons et ce, pour plusieurs raisons. Bien sûr, toute micro distillerie rêve de produire son whisky, mais la réalisation d'un tel projet est difficile et demande une certaine logistique. Le produit ainsi que l’entreprise que je vous présente aujourd’hui le démontrent bien. Place au Moonshine St. Laurent de la Distillerie St. Laurent.

Qu’est-ce qu’un moonshine ? Un moonshine est en fait un alcool de grain. Un spiritueux de grain. Un moonshine est en fait un whisky qui ne passe aucunement dans un fût. Donc c’est un alcool simple à vendre tout comme une vodka et un gin ? Pas vraiment. Il est vrai que la vente d’un moonshine est profitable puisqu’au Canada, un whisky doit subir un minimum de trois (3) ans de vieillissement. Il est vrai qu’un moonshine peut être vendu rapidement, mais la mise en place d’un tel produit n’est pas simple et encore une fois, celui de la Distillerie St. Laurent nous le prouve bien.

Grandement reconnue pour son excellent gin, la Distillerie St. Laurent a fait exploser les réseaux sociaux avec l’annonce de la sortie de ce moonshine. Après deux années glorieuses avec le gin ainsi qu’après deux années de recherches et de développements, il était temps pour eux d’entamer la deuxième phase de leur projet.

«On a beau rêver d’un whisky, on a beau rêver de plusieurs spiritueux, mais reste que l’achat de grains, l’achat de fûts et l’achat d’équipements spécialisés demandent énormément sur le plan financier. Donc notre première phase était de nous procurer certains équipements pour nous permettre de faire un spiritueux le plus rapidement possible, mais de la meilleure des façons. Nous avons réussis le coup avec notre gin. Voilà que nous avons été en mesure de passer à la deuxième phase en nous procurant un alambic spécialisé ainsi qu’en nous procurant quelques fûts. C’est le grand rêve qui commence !» me disait Joël Pelletier, l’un des deux fondateurs de la distillerie.

Ce grand rêve a bel et bien été mis en place et ce, avec une recette de bourbon. En effet, les gars ont décidé d’effectuer un moût de 75% de maïs, 15% de seigle et de 10% d’orge. Mais pourquoi une recette de bourbon ?

«Actuellement, la SAQ offre une très belle sélection de bourbon, mais malheureusement, ce sont des bourbons plus commerciaux fabriqués par de grandes maisons. J’ai eu la chance de déguster des bourbons très artisanaux, très différents de ce dont nous avons l’habitude de boire et je voulais absolument produire ce type de whisky.» me disait Joël.

Pour construire leur whisky, Jean-François et Joël utilisent non seulement des grains du Bas St-Laurent, mais effectue aussi un procédé typique du bourbon artisanal. Suite à une fermentation sur grains, l’équipe intègre ces grains dans la distillation afin d’aller chercher un goût de céréale. Cette distillation est d’ailleurs double et les coupes se font de façon très serrée pour aller chercher un distillat à plus ou moins 70% d’alcool. Le tout est ensuite mis dans deux (2) types de fûts neufs. D’une part à faible carbonisation et d’une autre part à carbonisation élevé et ce, pour justement respecter cette tradition du bourbon.

Ok… Mais ce moonshine dans tout ça ? Lors de la production de leur whisky, les gars de la Distillerie St. Laurent embouteille 10% de la production et ce, pour quelques raisons. Bien sûr, le tout génère un revenu supplémentaire et permet de faire avancer les projets, mais il y a aussi l’éducation aux consommateurs. Il y a aussi la réponse aux différentes questions des amateurs de whisky. Pour offrir aux amateurs la chance de goûter ce que l’alambic produit sans altération. D’ailleurs, la Distillerie St. Laurent n’est pas seule à faire cet exercice. Les Subversifs avaient lancé le tout premier moonshine au Québec avec leur Chien Blanc. Aujourd'hui, ils l'offrent en deux (2) versions dont un avec un relevé (mash) de bourbon ainsi qu'un autre avec un relevé (mash) de single malt. D'autres distillerie ont joint le mouvement dont la Maison Sivo avec Rebel Moonshine de Rye ainsi que de Peter McAuslan avec le Progression 1.

Quelques moonshine ainsi que quelques eaux de vie de grains

Quelques moonshine ainsi que quelques eaux de vie de grains

Avec un taux de 47% d'alcool par volume, le Moonshine St. Laurent se pointe avec une note très végétale. Une note de maïs, mais pas un maïs en conserve. Un maïs à même sa tige, à même le champ. Un petit goût sucré se fait percevoir grâce à l'orge ! Vient ensuite cet arôme de poivre et d'épices, mais rien de désagréable. Ici, c'est le seigle qui fait bien son travail. Le tout retrouve rapidement une douceur et vous amène une belle finale dans laquelle on perçoit quelques notes fruitées. Le goût vous reste en bouche un bon bout, mais ce n'est pas d'une grande chaleur. C'est tout simplement bon ! 

Bien hâte de voir le résultat après un beau trois (3) ans de vieillissement. Nous aurons définitivement un très beau whisky canadien mes amis ! Ce qui est incroyable, est que les gars ne s’arrêteront pas à ce whisky. Actuellement, ils ont déjà un single malt à l’intérieur de quelques fûts. Ce malt s’annonce tout aussi prometteur que leur whisky de type bourbon. Pour produire ce spiritueux, le Distillerie St. Laurent a fait appel à l’entreprise 
MaltBroue, grandement reconnue dans l’industrie, pour son orge. Le tout est actuellement à l’intérieur de quelques fûts neufs. À suivre... Avec une grande impatience !

Les deux (2) entrepreneurs de Rimouski ont aussi décidé d’offrir une «twist» à leur gin. En effet, les gars ont tenté une expérience en insérant le Gin St. Laurent à l’intérieur d’un petit fût de cinq (5) litres. Après quelques mois, le fût était vide ! Non à cause de l’évaporation, mais bel et bien parce que c’était un liquide que tout le monde appréciait dans la distillerie. Ils ont donc décidé de tenter le coup avec trois (3) fûts de deux cent (200) litres ayant préalablement contenus du bourbon et ce, pour une période d’un an. J’ai eu la chance de déguster ce gin et c’est de toute beauté. Vraiment ! Il est vrai que ce que j’avais dans le flacon était un brin plus jeune qu’une année complète, mais reste qu’avec un taux de 47% d’alcool, le résultat est très goûteux. Les arômes du bourbon sont bel et bien présent avec un coté céréalier, avec quelques notes d’agrumes, mais à travers le traditionnel goût salin et pinède du Gin St. Laurent. 

Gin St. Laurent

Gin St. Laurent

Vous croyez que c’est tout ? Oh non ! La distillerie est aussi dans l’élaboration d’un rhum. L’idée d’un tel produit est bien sur arrivée par amour pour le produit, mais aussi pour rendre hommage à un vieux mouvement de la côte est américaine. À l’époque, les distilleries de la région ne produisaient pas d’alcool de grains, mais bel et bien du rhum. Du rhum qu’elles produisaient à base de mélasse provenant des Antilles. Pas question pour eux de prendre un rhum déjà fait et de le modifier dans leurs locaux. La Distillerie St. Laurent a décidé de faire la même chose. Pour s’y faire, la distillerie prend une mélasse verte du Guatemala qu’elle fermente pendant une semaine avant de distiller le tout deux fois à l’intérieur d’un alambic en cuivre de type «pot still». Même sur ce rhum, les distillateurs effectuent les coupes de façon très serrées. Très peu de queue de distillat à l’intérieur du liquide pour aller chercher une qualité phénoménale. Le distillat est succulent. Entre le caramel (butterscotch) et même le sirop d’érable, on perçoit une ressemblance avec la tire Sainte-Catherine. Le tout est actuellement dans des anciens fûts de bourbon et ce, pour un minimum d’un an afin de bien respecter la loi canadienne sur l’élaboration des rhums.

L’avenir pour la Distillerie St. Laurent est très prometteur. Actuellement, elle est présente dans quelques pays à travers le globe et ce, pour plusieurs raisons dont la qualité du produit, pour la qualité entrepreneurial, mais aussi pour sa grande transparence. La distillerie n’a aucun secret et vous trouverez toujours réponse à vos questions et ce, aussi techniques soient-elles. Joël m’expliquait qu’il était extrêmement important pour eux d’avoir cette transparence afin de justement éduquer le consommateur. De toute façon, que peut-il arriver avec une telle transparence ? Une presque réplique de ce que les gars produisent ? Bien, il faut plus qu'une recette pour arriver à concevoir un produit ! Il y a les équipements, la matière première ainsi que l'expérience en distillation qui jouent un grand rôle sur le résultat final d'un produit. Alors... Bonne chance !

Le Moonshine St. Laurent sera disponible à la SAQ durant le mois de Février et ce, à 49.00$ (750ML). D'ailleurs, ceux et celles qui aimeraient assister à une belle présentation de ce superbe produit, rendez vous le 10 Mars prochain au Nelligan's Pub Irlandais ! L'information est ICI !

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Francois Larose - janvier 19, 2018

Bonjour Yan, à quand peux-t’on s’attendre à pouvoir goûter le Gin macérer en fût ?
Merci,
François

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    Yan Aubé - janvier 19, 2018

    Bonjour mon cher François !

    Le gin célébrera, dans les prochaines semaines, un an en fût ! De ce fait, la distillerie doit le présenter à la SAQ et par la suite le rendre sur les tablettes ! Donc je dirais vers le printemps/fin du printemps.

    Merci 🙂

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