Le rhum Sainte-Marie!

Dans la prochaine semaine, un tout nouveau spiritueux verra le jour au Québec. Un spiritueux réellement conçu à l’intérieur de la province, sur le sol montréalais. Un spiritueux qui fera revivre un pan d’histoire. Un spiritueux qui rendra hommage à ce qu’on appelait autrefois «le faubourg à m’lasse», un quartier de Montréal disparu en 1963. Ce spiritueux est le rhum épicé Sainte-Marie, un produit de Distillerie Wolfelsberger en collaboration avec certains partenaires. Dans le but de bien vous présenter ce produit, je me suis rendu à la distillerie afin d’assister à une partie de son élaboration et plus encore.

Pour bien comprendre l’élaboration de ce rhum, il faut d’abord prendre connaissance de l’équipe derrière ce produit. D’un côté, vous avez M. Sylvain Lague. Ce dernier, un jeune entrepreneur avec une connaissance incroyable dans l’univers des alcools, a œuvré à la SAQ pendant plus de huit (8) ans avant de basculer vers une agence d’importation en vins et spiritueux. Par la suite, il a été «brand manager» pour divers produits. C’est à cette époque qu’il a fait connaissance des grands noms de l’industrie du cocktail et de la mixologie. À travers le temps, un désir de concevoir des spiritueux s’installa en lui. La Vodka White Keys fut son premier projet. C’est aussi dans l’élaboration de ce produit qu’il fit la rencontre d’un distillateur incroyable, Lilian Wolfelsberger. Ce dernier, distillateur de longue date, est arrivé au Québec en 1993 suite à plusieurs expériences de distillations en Franche-Comté. À l’époque, il fonda l’une des premières distilleries dans les Cantons de l’Est. C’est avec un alambic de 1930 que son associé de l'époque et lui ont reçut l’un des premiers permis de distillateurs au Québec. Mais pour différentes raisons, le projet n’a pas tenu. En 2014, ce professeur de politique décide de faire renaître le projet, mais cette fois, au cœur de Montréal et ce, avec un superbe alambic charentais de l’entreprise Chalvignac.

Alambic Charentais

Alambic Charentais

Comment l’idée d’un rhum est arrivée à un «bouilleur de cru», à un distillateur de fruits? «Nous ne voulions pas de gin! Un whiksy? Bien sûr! Mais attendre trois (3) ans, c’est un peu de la folie! À travers mes expériences, j’ai distillé plus de vingt-deux (22) fruits! Le Québec offre un beau terroir dans le domaine des fruits, mais rien n’est constant et rien n’est assuré. Nous avons donc réfléchi à une matière première que nous pouvions avoir de façon permanente. Stéphane Dion, copropriétaire de la distillerie, a eu la brillante idée de créer un rhum québécois et a réussi à dénicher une mélasse exceptionnelle du Guatemala. Le plan s'annonçait prometteur! D’autant plus que le vieillissement minimum pour un rhum est d’une année seulement ce qui n’est tout de même pas si mal!» me disait M. Wolfelsberger.

Je l’avoue, j’étais septique face à ce rhum «du Québec». Je me posais plusieurs questions sur l’élaboration et bien plus encore. Suite à cette visite ainsi qu’à cette rencontre, je peux immédiatement vous dire que ce rhum québécois connaîtra un réel succès et ce, pour plusieurs raisons.

M. Wolfelsberger en plein travail

M. Wolfelsberger en plein travail

Le brouillis

Le brouillis

Parlons un peu de sa conception. La matière première est une mélasse verte du Guatemala. Une mélasse qui offre un coté terreux à l’eau de vie. Cette mélasse est fermentée pendant plus de cinq (5) jours alors que traditionnellement, on parle plutôt de quarante-huit (48) à soixante-douze (72) heures. Au niveau de la distillation, le «bouilleur de cru» offre à son alambic charentais la chance de s’exprimer comme il se doit avec une double distillation. On produit d’abord un brouillis à plus ou moins 30% d’alcool/volume. Le tout prend près de douze (12) heures. Par la suite, on y va pour la bonne chauffe qui, après une distillation de plus de seize (16) heure ainsi que suite aux coupes nécessaires, offre une eau de vie à plus ou moins 72% d’alcool/volume. Le tout est d’ailleurs mis en barrique à ce niveau d’alcool. Chez Sainte-Marie, ce vieillissement est très important. Lorsque les premières images de la bouteille ont été dévoilées, plusieurs se posaient la question sur cette teinte très rosée qu’a le liquide. Comment se fait-il que le spiritueux ne soit pas plus foncé? L’équipe de M. Wolfelsberger et M. Lague a réussi à sortir un tonnelier de sa retraite. Ils ont fait concevoir une barrique spéciale. La grosseur de cette barrique fait en sorte que l’alcool est moins en contact avec le bois étant du chêne blanc américain. Le liquide qui est sort est très pâle. J’ai déjà vu des gins vieillis en barrique qui étaient plus foncés. «Ok Yan… Mais cela n’explique pas la robe rosée de ce rhum!» Cette robe rosée provient d’une macération de quelques ingrédients. En fait, il y a deux (2) macérations qui se font pour Sainte-Marie. D’abord, il y a les fruits (cantaloups et canneberges du Québec) et par la suite il y a les épices (Anis étoilé, poivre du Sichuan et piment de la Jamaïque). Au niveau du temps de macération, on parle bien sûr d’un petit secret de la recette. Le tout est par la suite embouteillé à 42.5% d’alcool/volume.

En dégustation...

En dégustation...

«Et le goût? C’est bon?» C’est très différent de tout ce que nous avons l’habitude d’avoir en matière de rhum épicé. Selon moi, nous aurions aussi pu lire «rhum arrangé» sur la bouteille. Généralement, les rhums épicés se présentent avec un certain caramel, une certaine vanille et même une certaine cannelle. Sainte-Marie se présente plutôt avec un début typiquement rhum. Le distillat de la mélasse est très présent. Par la suite c’est un crescendo de piments, anis et se termine sur un petit côté sucré et fruité. Oubliez le Cuba Libre avec ce rhum. Allez-y plutôt avec un zeste d’orange et un simple soda! Allez-y en Old Fashioned! Allez-y dans la plus belle des simplicités pour laisser Sainte-Marie s’exprimer de façon plus que complète.

Sainte-Marie sera disponible sous peu à travers le réseau de la SAQ et ce, vers les trente neuf (39) ou quarante (40) dollars. Sinon, si vous aimeriez le déguster à travers une création d’un de nos talentueux mixologues, prenez le temps de regarder les réseaux sociaux. Quand je disais que Sainte-Marie connaîtra un «buzz» phénoménal, c’est aussi à l’intérieur de cette communauté de mixologues.



Monsieur Lilian Wolfelsberger

Monsieur Lilian Wolfelsberger

Monsieur Sylvain Lague

Monsieur Sylvain Lague

En compagnie de M. Lague & M. Wolfelsberger

En compagnie de M. Lague & M. Wolfelsberger

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Eric champagne - août 21, 2017

Bonjours et félicitation pour votre rhum et j’ai une question pour vous, combien peux coûter la fabrication d’une recette de rhum? Merci beaucoup!

Reply
    Yan Aubé - août 22, 2017

    Bonjour M. Champagne! Je vous invite à communiquer la distillerie en question ou même de voir la page du rhum Sainte-Marie sur les divers réseaux sociaux. Vous pourrez ainsi offrir vos plus sincères félicitations et par le fait même, vous renseignez sur le coût de production d’un tel produit.

    Cordialement,

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