Quatre ”sideline” gins que vous devez connaitre!

2015/2016 a été une très belle année en matière de spiritueux. Certaines catégories ont d’ailleurs eu une très belle évolution comme le whisky, le rhum ainsi que le gin. C’est d’ailleurs de cette catégorie que j’ai tant envie de vous parler aujourd’hui.

Je pourrais bien vous présenter l’histoire vraiment fascinante du gin, mais vous auriez de la lecture pour une nuit entière. Alors, je préfère garder le tout pour une future publication dédiée complémentent à l'univers des gins. Mais commençons avec la grande question... Qu’est-ce qu’un gin? Un gin est en fait un spiritueux que l’on obtient à l’aide d’une macération et/ou l’aromatisation des vapeurs d’alcool à l’aide de divers botaniques. Bien sûr, plusieurs processus peuvent être utilisés pour concevoir un gin selon la culture de la distillerie et/ou voir même le terroir. Mais en général, nous prenons un alcool à grain neutre (parfois une vodka) que nous mettons dans un alambic. Un panier de botaniques est ensuite installé un peu plus haut dans le système. Lorsque les vapeurs d’alcool font leur chemin, elles passent par ce panier de botaniques qui peut parfois contenir plusieurs dizaines de botaniques dont la principale étant la baie de genévrier. Ces vapeurs récupèrent les aromates du panier et lorsqu'elles sont liquéfiées, ces aromates sont extrêmement présente dans le liquide.

Tel que mentionné ci-dessus, l’univers des gins est très grand mais surtout fascinant! Il y a plusieurs catégories, mais reste que les plus populaires/principales sont London Gin, American Gin et Genever (gin Hollandais). Pour aujourd’hui, j’ai grandement envie de vous parler de ces gins que l'on appel ''projet''. De ces gins que nous pourrions dire ''sideline'' à une entreprise. Je parle de ces gins qui sont construit par une distillerie et/ou entreprise qui à la base, fait des produits bien loins de l'univers des gins. Bien sûr, il y a une grande variété de ce type de gin mais reste qu’aujourd’hui j’ai décidé de vous partager un petit top quatre (4) personnel.

Tout d’abord, l’une de mes grandes surprises fut les gins Ortodoxy et Treasure de la marque colombienne Dictador, grandement reconnue pour ses rhums. Mais comment est-ce qu’une manufacture de rhum peut-elle produire du gin? Bien, il faut d’abord un passionné comme Dario Parra, ancien président de l’entreprise. Ce dernier est grandement tombé en amour avec le gin suite à plusieurs visite au Royaume Uni. Un beau jour, il a donc décidé de rencontrer l’équipe de production et les mettre au défi de faire un gin et ce, pour sa simple consommation personnelle. L’équipe a donc prit un alcool à grain neutre fait de canne à sucre qu’elle a distillé plus de cinq (5) fois. Les quatre (4) premières distillations sont plutôt classique et laisse les vapeurs s’infusées des botaniques telles que des bais colombiennes, écorces d’agrumes, racines et épices du terroir local. Par la suite, la cinquième distillation se fait alors que les mêmes botaniques macèrent à l’intérieur de l’alcool. Pour bien terminé le produit, ils ont laissé le tout reposer quelques semaines dans des barriques ayant préalablement contenues le rhum de l’entreprise. Nous n’avons pas de réel mention d’âge en matière de maturation, mais nous savons qu’elle est relativement courte afin de laisser la chance aux botaniques de bien s’exprimer. Et pour terminer, on filtre le tout afin de redonner au spiritueux son côté incolore. Dès les premiers tests, M. Parra approuva la recette. Quelques années plus tard, ce qui fut pour une consommation personnelle devenait l’un des gins les plus vendu à l’international! Suite à ce succès, Dictador a décidé de produire Treasure. Il s’agit d’un gin qui reçoit la même amour qu’Ortodoxy, mais dans sa conception, on y insère la tangerine-citron, un fruit typique à la Colombie. De plus, sa maturation se fait pour une période de huit (8) mois! De mon côté, je l’admet, j’ai une préférence pour l’Ortodoxy! Je trouve qu’il a plus de caractère. Il ressemble d’avantage à un gin avec une forte présence au niveau des botaniques. Malgré tout, deux (2) superbes bouteilles que vous devez essayer.

Par la suite, ceux et celle qui connaissent l’univers des scotchs, savent très bien comment M. Jim McEwan, grand manitou de Bruichladdich, fait les choses d’une façon bien différente. Non seulement il conçoit des scotchs tout simplement hors de l’ordinaire, mais il produit aussi le premier gin d’Islay, The Botanist. La conception de ce gin est superbe! Probablement l’une des raisons pourquoi il est considéré comme l’un des meilleurs de l’industrie. Tout d'abord, l’équipe commence avec un alcool à grain neutre préalablement réduit à 50% d’alcool par volume. À l’intérieur, l’équipe de Bruichladdich fait macérer pendant plus de vingt-quatre (24) heures neuf (9) botaniques traditionnelles telles que racines d’angélique, écorces d’orange et de citron, baies de genévrier, coriandre, etc. La distillation de cet alcool prend place pendant plus de dix-sept (17) heures dans laquelle les vapeurs passent à travers un panier qui contient les neuf (9) botaniques initiales mais aussi vingt deux (22) botaniques purement d’Islay. Oui le tout vient offrir un très beau bouquet à ce gin, mais reste que le système de conception lui-même, l’alambic Ugly Betty, joue aussi un rôle particulier grâce à sa petite colonne qui vient raffiner les arômes. Suite à cette distillation, l’alcool atteint un niveau de plus ou moins 90% d’alcool par volume. Le tout est minutieusement dilué avec une eau de source directement d’Islay afin d’atteindre 46% d’alcool par volume. Avec un côté riche, très fruité et très florale, cette bouteille offre présentement un très beau rapport qualité/prix.

Si j’écris Poli, vous pensez immédiatement à la légendaire distillerie italienne qui produit l’une des plus belles grappa qui existe. Saviez-vous qu’elle produit aussi un excellent gin? Le Marconi 46! Ce gin est construit avec un alcool neutre que produit la distillerie Poli. Le tout est distillé en petit lot et très lentement à l’intérieur d’un alambic que l’on surnomme Crysopeo, en l’honneur de l’égyptien qui a créé le tout premier ''pot still'' servant à faire chauffer l’or de Cléopâtre. Ce système offre une distillation particulière dans laquelle on contrôle la vitesse des vapeurs à l’intérieur du paniers de botaniques qui contient baies de genévrier, raisins de Muscat, pin ponderosa, pin suisse, menthe, cardamome et coriandre. Le tout est bien sûr cueillie par l’équipe de Poli elle-même et ce, dans la région de Vénétie! Au nez, ça me rappel la bonne vieille bière d’épinette avec quelques notes de genièvre. En bouche, l’épinette est présente, mais la menthe et la cardamome donnent ce goût mentholé vraiment agréable et rafraîchissant même avec un 46% d’alcool par volume.

Le dernier gin que j’aimerais vous présenter, et non le moindre, est le gin de la Maison de Calvados Christian Drouin. Alors que ce dernier travaillait d’arrache-pied sur la qualité de ses calvados, son fils Guillaume a tant qu’à lui démontrer son désir d’élaborer un gin. Œnologue et ingénieur agronome de formation, ce curieux et passionné de spiritueux a réalisé les possibilités infinies du gin lors de différentes présentations et promotions du calvados familiale dans les bars. De ce fait, il se met sur des recherches à plus finir sur comment marier la pomme de la maison à un gin d’une qualité hors pairs. Il se met donc à distiller plusieurs dizaines d’aromates de façon séparée. Par la suite, il en sélectionne sept (7) qui, selon lui, laisse place à un expérience unique avec l’aromate/botanique de trente (30) variétés de pommes. Ces aromates/botaniques sont la baie de genièvre, le gingembre brésilien, la vanille de Madagascar, la cardamome, la cannelle d’Indonésie, l’amande ainsi que la pétale de rose. Encore aujourd’hui, Guillaume Drouin effectue huit (8) distillations séparées qu’il assemble à la perfection pour obtenir. Plus que facile de déguster ce gin à son état brut malgré ses 42% d’alcool par volume. Mais la maison le recommande en G&T avec quelques tranches de pommes et quelques zeste de gingembre. Je dois admettre qu’à la base, le gingembre est très présent à travers l’agrume et le petit côté mentholé.

Avec cette belle liste, il en est à se demander si, tout comme le vin, nous n'avons pas un univers ''nouveau monde'' pour les spiritueux. Sur ce, l'avenir est prometteur lorsque l'on voit des entreprises de la sorte sortir de leur zone de confort pour offrir de nouveaux et magnifiques produits.

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