On visite: Alberta’s Rig Hand Craft Distillery!

En Novembre 2014, j’atterrissais à Seattle dans le but d’assister à une formation sur la distillation, offerte par The Artisan Craft Distilling Institute. Bien sûr, le paysage et la culture de ce magnifique coin de pays américain m’impressionnait, mais ce qui m’impressionnait d’avantage était la diversité des «étudiants»! Nous étions plus d’une trentaine au total et plus de la moitié était canadienne. Preuve que l’industrie de la micro distillation ne cesse d’attirer l’attention au Canada! J’ai donc eu la chance de m’entretenir avec plusieurs d’entre eux afin de comprendre les différentes réalités dans les provinces canadiennes. De comprendre leurs objectifs. De comprendre aussi leurs rêves. Avec ces entretiens, avec le fait que nous nous sommes côtoyé pendant quelques jours, une belle amitié s’est développé avec certains. C’est le cas de Geoff Stewart, un québécois de souche, aujourd’hui résident d’Alberta. Son histoire personnelle est tout aussi remarquable que son histoire professionnelle. Père de famille, Geoff était aussi un employé dans une clinique dentaire tout en étant un excellent tatoueur… Vous voyez le genre? Bref, Geoff n’a pas mis de temps à bâtir, avec un ami, sa distillerie. En Octobre 2015, la distillerie voyait le jour! C’est une distillerie magnifique qui prône à fond le terroir de l’Alberta à travers certains produits. De ce fait, je vous fais une petite description de certains de leurs produits, mais avant, voici quelques informations au sujet de Geoff, Mike (son associé) ainsi que de cette distillerie. De plus, je trouvais intéressant de démontrer la réalité de la micro distillation dans une province comme l'Alberta, une province dont le marché des alcools est au privé. Donc, visitons cette magnifique distillerie à travers quelques questions sur l'histoire de Geoff, Mike ainsi que Big Rig/Rig Hand Distillery. Ah... Oui oui! Vous avez bien lu. En 2015, le nom de la distillerie fut bien différent. Cependant, dans la dernière année, Geoff et Mike ont du faire les modifications nécessaire à leur nom et ce, pour ne pas être associé à une une entreprise. Voilà pourquoi la distillerie ce nomme maintenant, Rig Hand Craft Distillery!

YAN AUBÉ – Geoff! Un sacré plaisir de finalement te revoir pour jaser de tes spiritueux! Explique-moi votre histoire!
GEOFF – En fait, le monde de la distillerie m’a grandement intéressé suite à une visite de la Stillwrights Distillery à Fairborn, dans l’état de l’Ohio. Drôlement, à cette époque, la distillerie artisanale n’était pas encore légale en Alberta. J’ai donc acheté quelques équipements expérimentaux… Pour ne pas dire illégaux… Et j’ai fait quelques tests dans mon petit garage. Le jour que j’ai appris que les lois provinciales étaient sur le point de changer, j’ai immédiatement prit une formation, durant laquelle je t’ai rencontré. Malheureusement, suite à cette formation, je n’avais pas le sentiment d’avoir tout compris sur la matière. Je trouvais qu’il me manquait quelques infos. Des infos de «terrain»… Des infos plus pratiques que théoriques! J’ai donc communique avec la gang de Stillwrights. C’est à ce moment que j’ai réellement tout compris… Surtout le fait que ce domaine était fait sur mesure pour un gars comme moi. Pour ce qui est de Mike, nous avions appris ensemble et avions fait plusieurs tests ensembles. Nous étions et sommes toujours des «bons vieux buddies». Il a suivi, lui aussi, une formation plus que complète. Et… Est-ce vraiment nécessaire de dire qu’on aime bien «la booze» ? Bières et spiritueux, c’est notre façon de se réchauffer dans notre petit coin froid du pays!

YAN AUBÉ – Ok, mais pourquoi une distillerie?
GEOFF – Hehe! Bonne question puisqu’en fait, notre premier plan était une micro brasserie. Cependant, ce marché était et est toujours énorme en Alberta! D’ailleurs, je me retiens pour ne pas dire qu’il est saturé. Le marché de la micro distillation est encore très nouveau! Drôlement, nous sommes en quelques sortes des pionniers de la distillation en Alberta…

YAN AUBÉ – Justement, comment sont les lois et les règlements face à une telle industrie en Alberta?
GEOFF – Bien, comme je te disais plus tôt, il n’y a pas si longtemps que la loi a été changée et ce, pour nous permettre de distiller des spiritueux. Alors les lois et les règlements changent de semaines en semaines ce qui ne rend pas la chose très évidente pour nous. Mais nous nous adaptons et nous tentons de s’entraider du mieux que l’on peut. Le gouvernement est heureux de notre industrie. On lui génère des revenus (taxes). Alors je dois admettre qu’il est tout de même très réceptif. Il est flexible et très accommodant alors de notre côté, on tente du mieux que l’on peut pour répondre à ses exigences ainsi qu’à diverses demandes. De plus, la province de l’Aberta est celle qui détient le plus de «liquor store» au pays. Mine de rien, cela favorise notre marché et favorise nos ventes à travers la province.

YAN AUBÉ – Et pourquoi le nom Big Rig et par la suite Rig Hand?
GEOFF – On aimait tout simplement! En plus, on trouvait que le nom reflétait le look de nos bouteilles, une réplique du tout premier puits de pétrole d’Alberta. De plus, c'est vraiment notre histoire. C'est la culture de notre coin. Les puits de la sorte font rouler toute une économie. Mais… Pour des raisons juridiques nous avons du changer de nom. De ce fait, Rig Hand était bien puisque l'on rend hommage à toute l'histoire et tous ceux et celles qui ont travaillés à l'intérieur d'une telle industrie!

YAN AUBÉ – Et si vous auriez la chance de tout recommencer, que feriez-vous de différent?
GEOFF – Je ne vois pas ce que nous pourrions faire de différents mis appart notre nom... Sinon, nous avons appris sur le tas. Nous avons appris pendant l’avancement de l’entreprise. Il est difficile de dire «avoir su» puisque justement, nous ne le savions pas! Comme on dit en anglais, «you have to learn the hard way»

YAN AUBÉ – Votre plus grande fierté à ce jour?
GEOFF – Le succès et l’appuie que nous recevons ! Et tout ça dans un si court temps. Notre équipe est magnifique. Dédiée à notre entreprise et aux entreprises avec qui nous travaillons. Notre clientèle régulière qui partage nos produits et qui en demande lorsqu’elle va dans un restaurant et/ou un «liquor store»… Bref!

YAN AUBÉ – La chose la plus dur à ce jour?
GEOFF – C’est cliché et cru… Mais l’argent mon ami! C’est dur de balancer le tout!

YAN AUBÉ – Des « scoop » au sujet du futur?
GEOFF – En fait, notre distribution dans d’autres provinces canadiennes, aux États-Unis ainsi que d’autres spiritueux mon cher!


Passons maintenant aux produits que nous offre la distillerie. Tout d'abord, il y a la vodka. Bien sur, les deux (2) entrepreneurs auraient bien pu prendre un alcool de grains neutre, mais non! Ils voulaient et ils ont conçue une vodka du grain à la bouteille. C'est avec un assemblage de grains (mais et seigle) spécialement pensé et sélectionné des deux (2) distillateurs que le tout se passe. Un vodka très douce et très soyeuse. Légèrement fruité. Définitivement le genre de vodka qui plait de façon brut avec un simple zeste de citron.

La suite logique apr's la conception d<une vodka est bien sur un gin! Ici, Rig Hand utilise les botaniques classiques comme la baie de genièvre, coriande, racine d'angélique et tout, mais la grande particularité est l'utilisation du cynorhodon, le petit fruit des rosiers sauvages. C'est florale mes amis! TRÈS florale. Même végétale à travers quelques notes d'agrumes!

Tel que mentionné ci-dessus, la distillerie Rig Hand est déterminé à produire des spiritueux avec des ingrédients qui proviennent directement du terroir local. De ce fait, la distillerie voulait un rhum, mais comment le faire de façon local? Elle a donc fait appel à un producteur de betteraves, a produit une mélasse avec ces betteraves et a distillé le tout. Voilà un spiritueux, style rhum, à base de betteraves! Le résultat est relativement intéressant! C'es sucré et fruité. On ressent bien la petite amertume et terreuse de la betterave. J'admet que brute, j'ai eu un peu de difficulté. Cependant, en cocktail c'est fortement agréable. 

C'est bien beau tous ces spiritueux, mais la distillerie voulait aussi rendre service à ceux et celles qui aiment les liqueurs. Ceux et celles qui préfèrent quelques chose de plus léger. Elle a donc réalisé une très belle crème de café à base de leur vodka. C'est avec une macération de café fraîchement torréfié pendant plusieurs heures dans la vodka que le tout débute. Par la suite, le tout est ajusté avec une crème laitière de première qualité. C'est tout simplement délicieux.

La distillerie a présentement quelques whiskeys en vieillissement. De ce fait, elle offre aussi quelques versions de white dog (whiskey sans vieillissement). Je n'ai pas eu la chance de les déguster. Cependant, il semblerait qu'ils sont délicieux, surtout celui à base d'orge!

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